L’honorable Vicky Katumwa prévient : « La femme doit se battre en conséquence, et arriver à bousculer les lignes »

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Jour après jour, le rendez-vous électoral de décembre s’approche.  En femme (politique) avisée, Vicky Katumwa sort de ses réserves et appelle à la mobilisation tous azimuts des femmes. Se confiant à « L’Avenir-Femme », la PCA de la SCTP (Société congolaise des Transports et ports) prévient : « Elle (la femme) ne doit jamais exposer sa féminité ; elle doit se battre en conséquence, et aussi arriver à bousculer les lignes.

L’Avenir-Femme : vous êtes une femme qui s’impose dans la politique congolaise, voire dans votre parti  politique. Comment avez-vous fait pour en arriver-là en tant que femme bien sûr ?

Vicky Katumwa : Pendant que j’étudiais, je lisais les grands auteurs négro-africains comme Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor… Cette lecture m’a ouvert l’esprit et donné le goût de faire la politique. Et pendant que M. Kethumile Masire, médiateur du dialogue intercongolais, est venu consulter la société civile pour ces assises, j’étais désigné pour aller représenter les femmes de Kalemie (Katanga) au dialogue intercongolais en Afrique du Sud. Cette rencontre a  stimulé encore le goût de faire la politique. Et puis au retour, nous avions été conviées à être députée nationale et membre du bureau pendant la législature de 2003 à 2005. Et à la législature qui suivait, nous avons été élues députée nationale. 

Vous êtes très remarquable dans votre parti le PPRD, là où il y a aussi d’autres. Comment avez-vous fait ?

En effet, m’imposer m’est inné. J’impose mes points de vue, mes opinions et je les défends jusqu’au bout. Et le fait d’avoir étudié avec des hommes fait que je ne sois pas complexée depuis le bas-âge. Je m’exprimais devant eux comme des alter egos. Je suis née impulsive, quand il y a un problème, je réagis.

Un constat fait sur terrain, il y a une faible représentativité de femmes dans les institutions, quelles en sont les causes ?

Les causes sont multiples. Il y a des causes socioculturelles qui font que la femme soit stigmatisée, non considérée. Les gens ont toujours le comportement de la Deuxième République, où la femme était chosifiée  pour accéder à un poste quelconque. En effet, il fallait être copine de quelqu’un. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Il y a eu une certaine amélioration, avec neuf pourcent (9%) de représentativité dans deux mandats. Ce n’est pas moindre. C’est à encourager. C’est encore peu par rapport à d’autres pays, mais  nous continuons à nous battre et les femmes ont compris qu’elles doivent poursuivre la lutte à côté des hommes, pour faire valoir leurs droits, ce qui est important.

Une autre cause à évoquer, c’est le mode de scrutin chez nous. C’est un mode préférentiel et non majoritaire comme dans d’autres pays, à l’instar du  Rwanda, où l’on vote le groupe. Chez nous, le vote est sociologique, l’on vote pour l’individu comme Katumwa ; l’on ne vote pas pour le parti de Katumwa. Là où le vote est majoritaire, c’est au parti de désigner les gens qui vont siéger dans les institutions. C’est différent de notre mode de scrutin. Un autre problème, c’est la pauvreté. Aujourd’hui, pour battre campagne, il faut avoir des moyens. Faute de quoi, c’est impossible parce que partout où vous passez, l’on vous demande si vous avez emmené des moyens. Je l’ai  vécue dans les deux campagnes, les femmes ne sont pas nanties comme leurs collègues hommes.

Que doivent faire les femmes pour obtenir la parité prévue dans la Constitution ?

La Constitution prévoit la parité homme-femme mais la loi électorale ne fait pas de cette parité une exigence aux partis politiques. C’est une faiblesse. La loi est restée avec «  le si lenché » dit autrement même si il a été enlevé. Il n’y pas une disposition qui contraigne les chefs de partis politiques à retrouver les listes équitables où il y a des hommes et des femmes.

Les femmes doivent se battre partout où elles se trouvent, pour faire prévaloir leurs droits. Dans les entreprises publiques, les institutions, il faut qu’on sente leur apport. Elles ne doivent pas croiser les bras pour que les hommes décident à leur place.

 Pendant cette période électorale, quel rôle doit jouer la femme au sein d’un parti ou regroupement politique ?

La femme joue le rôle de  grande  mobilisatrice et doit sensibiliser davantage pendant cette période électorale.  Elle  doit arriver à convaincre son électorat si elle est candidate,  pour ce qu’elle aura à faire, une fois élue. C’est à dire son vote à cette communauté qui lui a donné sa confiance. Elle ne doit jamais exposer sa féminité ; elle doit se battre en conséquence, et aussi arriver à bousculer les lignes.

Clarisse Ekoko & J. Muluba

 

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