Lettre d’Etienne Tshisekedi: Des doutes sérieux subsistent

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La controverse continue autour de la lettre d’Etienne Tshisekedi adressée au Président de la République, Joseph Kabila Kabange, dans laquelle il  aurait désigné son fils comme candidat Premier ministre du futurgouvernement qui résultera de l’application de l’accord politique du 31 décembre 2016. La conférence de presse, tenue le 24 février dernier,  par le tout nouveau Secrétaire général de la Cenco, l’Abbé Donatien Nshole, porte-parole intérimaire de la Conférence épiscopale nationale du Congo, n’a pas aplani toutes les suspicions au sujet de ce document. Bien au contraire. L’idée qu’un président d’un conseil des sages d’une plateforme qui aspire, démocratiquement, à  prendre le pouvoir, puisse engager son mouvement, sur un tel élément substantiel, sans en parler, au préalable, à ses autres collègues sages, renvoie malheureusement aux méthodes de la Gestapo. Dès lors, il ne faut pas s’étonner que certains cadres du  Rassemblement commencent à craindre qu’on leur brandisse d’autres lettres de l’opposant historique désignant son successeur aussi bien à la tête du futur Conseil national de suivi de l’accord que de l’UDPS. Pire encore : D’aucuns redoutent d’entendre que le Sphinx a laissé la liste des membres du Rassemblement qui entreront dans le gouvernement que son fils tient à  diriger.

L’on voit bien qu’en dépit des prétendus éclairages apportés par l’Abbé Nshole,  la lettre d’Etienne Tshisekedi à Joseph Kabila dont la Cenco dit qu’elle ‘a été reçue  et présentée à qui de droit’, provoque de nombreuses inquiétudes. Ceux qui, du Rassemblement, la critiquent s’interrogent sur la date de sa signature, le 17 janvier 2017, soit deux semaines avant la disparition du Sphinx. En remontant à cette époque, non suspecte, plusieurs compagnons de lutte d’Etienne Tshisekedi, tous membres du Rassemblement, soutiennent que l’opposant historique aurait clairement indiqué aux évêques ses choix au poste de Premier ministre; Son fils n’y figurait pas. Le président de l’UDPS lui préférerait nettement Valentin Mubake et Bruno Tshibala.

D’autres critiques viennent des militants, qui s’alarment des ambitions, non avouées de Félix Tshilombo Tshisekedi. Au fait, pourquoi a-t-il soudainement interverti l’ordre de ses noms ? En effet il s’appelle bien Félix TshilomboTshisekedi sur tous ses documents administratifs, délivrés en Belgique et en RDC. Des visées électoralistes  ont sans doute prévalu à ce brusque changement. Une affiche « Félix Tshilombo » aurait certainement moins de portée sur l’électorat que celle affichant Félix Tshisekedi.

Revenons sur la lettre litigieuse. La Cenco est venue à la rescousse de Pierre Lumbi, président du G7, qui s’est fourvoyé, en affirmant, avec un aplomb terrible, que  ladite lettre avait bel et bien été transmise à la Présidence de la République. Aubin Minaku l’avait immédiatement contredit en indiquant qu’aucune correspondance de cette nature n’avait été déposée à Joseph Kabila. Conséquence, l’opinion  avait commencé à douter de l’existence de la lettre.  La sortie médiatique de l’Abbé Nshole avait, dès lors, pour mission de rétablir l’existence de la lettre.  Peine à moitié perdue.

Personne ne doute de la bonne foi des évêques. Ils bénéficient, en théorie et en principe, d’une présomption d’hommes disant la vérité. C’est pourquoi, sans exiger la publication de la lettre, toute la classe politique croit les évêques, sur parole, quand ils prétendent ‘avoir reçu cette lettre’. Le débat, aujourd’hui, n’est donc plus de savoir si la lettre existe ou pas. Mais si elle provient bien d’Etienne Tshisekedi. Il y a, en effet, de sérieux doutes quant à son authenticité. Et sur ce point, les déclarations du porte-parole de la Cenco sont apparues insuffisantes.

Le premier doute vient du nombre important d’intermédiaires par lesquels la lettre serait passée. C’est hallucinant. Le deuxième émane de ce que, dans un passérécent, le parti UDPS a fait la une des journaux avec un scandale de fausse signature du Sphinx. Des cadres de ce parti  et certains membres de la famille biologique d’Etienne Tshisekedi ont défrayé la chronique en ayant imité sa signature sur des documents dont ils ont voulu tirer bénéfice.

Partant, d’un point de vue purement rationnel, des doutes devraient subsister dans la tête de toute la classe politique quant à la signature par Etienne Tshisekedi de la lettre litigieuse. Tout compte fait, une chose est acquise : Le futur Premier ministre sera issu du Rassemblement. Il reviendra au chef de l’Etat de choisir le meilleur des trois noms que le futur président de cette plateforme lui présentera. Si c’est Félix Tshilombo, le Rassemblement se réjouira. Si c’est un autre de ses camarades, le Rassemblement ne boudera pas son plaisir.

L’Avenir

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