L’état des routes en Rdc et à Kinshasa: Thomas Luhaka s’explique devant la commission ATI

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Une attitude du ministre des ITPR, Thomas Luhaka, lors de son audition/Ph. Brams
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Sans nul doute, le contrôle parlementaire est effectif au niveau de la Chambre basse du Parlement de la République démocratique du Congo, surtout au cours de cette session ordinaire de mars 2018. L’on se rappellera que depuis l’ouverture de la session, les députés nationaux ont déjà auditionné en plénière, différents ministres, dont celui de l’Economie nationale Joseph Kapika, de l’Environnement et développement durable, ainsi que le Dg de la SNEL, qui ont répondu aux questions orales avec débat, chacun dans son secteur de prédilection. Il y a eu également d’autres initiatives parlementaires adressées aux membres de l’exécutif national. Et aujourd’hui, c’est le tour du ministre Thomas Luhaka des ITPR d’être auditionné par la commission ATI.

Sur invitation du président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku Ndjalandjoko, le ministre des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction (ITPR), M. Thomas Luhaka Losendjola, a été entendu ce mardi 24 avril 2018 au Palais du peuple par la commission Aménagement du territoire et Infrastructures de la Chambre basse du Parlement. Cette audition s’est focalisée sur deux points majeurs.

Le premier concerne la dégradation des routes à travers le pays en général, et dans les grands centres urbains dont Kinshasa en particulier. Notamment, les avenues de l’Université, Luambo Makiadi (ex-Bokassa), Commerce et ses environs. Le second point c’était par rapport à l’empiétement des emprises publiques.

Le ministre des ITPR était accompagné à cette audition parlementaire par son collègue des Relations avec le Parlement, M. Jean-Pierre Lisanga Bonganga, le vice-ministre des ITPR, le Dg de l’OVD, etc. Cette audition devrait se dérouler en deux temps. D’abord les réponses du ministre aux deux questions principales, suivies de quelques réactions de membres de la commission. Puis, une descente sur terrain pour palper du doigt les réalités sur place de la dégradation avancée des grandes artères de la ville de Kinshasa.

Cependant, avant le début de l’audition, il y a eu quelques tractations. Le ministre Thomas Luhaka a d’abord estimé que le domaine de la voirie relève de la compétence exclusive de la province. Ainsi, a-t-il suggéré une concertation avec l’Autorité provinciale. Suggestion qui a été soumise au débat.

Et malgré ces quelques tractations autour de l’opportunité pour le ministre de répondre immédiatement aux questions lui adressées, les honorables députés nationaux membres de cette commission Aménagement du territoire et Infrastructures de l’Assemblée nationale ont finalement statué, à l’issue d’un vote à main levée, à l’audition directe du ministre.

Prenant la parole, le ministre des ITPR, M. Thomas Luhaka a d’abord déclaré ce qui suit : « D’emblée, je voudrais affirmer que le souci de voir les infrastructures du pays s’améliorer au jour le jour, est commun à tout compatriote et à tous ceux qui ont choisi ce pays comme seconde patrie. Cependant, pour le concrétiser, il est impérieux de mobiliser les ressources nécessaires ».

Et dans son exposé, le ministre Luhaka a procédé premièrement par rappeler succinctement l’organisation du réseau routier du pays, l’état dudit réseau et des questions de mobilisation des financements pour des interventions. En deuxième lieu, il rappelé également quelques contraintes sur les questions de la protection du patrimoine routier national. Troisièmement, il a présenté le cas particulier auquel il est fait allusion, et enfin, il a tiré quelques conclusions.

« Comme j’ai eu à l’exposer devant la plénière de l’Assemblée nationale au mois de novembre 2017, la vision de la Rdc pour le secteur des transports à l’horizon 2035, en conformité avec le Plan national stratégique de développement, est de disposer d’un système de transport ayant tous les réseaux d’infrastructures interconnectés, fonctionnels en toutes saisons et au service de l’intégration nationale, du développement économique et de la réduction de la pauvreté. En accord avec la vision du secteur, le sous-secteur routier de la Rdc vise, à l’horizon 2035, un réseau routier principal praticable en toutes saisons, et au service de l’intégration nationale, du développement économique et de la réduction de la pauvreté », a indiqué, d’entrée de jeu, le ministre Thomas Luhaka devant les députés nationaux membres de la commission Aménagement du territoire et Infrastructures de l’Assemblée nationale.

Après cette intervention du ministre, un débat houleux a suivi. Au cours duquel, les députés nationaux membres de la commission Aménagement du territoire et Infrastructures de l’Assemblée nationale, ont soulevées diverses préoccupations. Ainsi, le ministre reviendra encore devant cette commission dans quelques jours, sauf imprévu, le samedi prochain. Le même jour, une descente organisée sur terrain à travers les différentes artères de la ville-province de Kinshasa.

Thomas Luhaka apprécie les recommandations de la commission ATI

Au sortir de la première tranche de cette audition ce mardi 24 avril 2018, le ministre des ITPR s’est confié à la presse. Ainsi, a-t-il déclaré ce qui suit : « Nous avons été invité à venir nous adonner à cet exercice démocratique par le président de la commission en charge des infrastructures, l’honorable Mayo Mandeke. C’était pour venir répondre aux préoccupations des honorables membres de la commission. Il y avait deux catégories de questions : la situation des routes en général en République démocratique du Congo, et puis, quelques préoccupations particulières sur la ville de Kinshasa. Nous avons répondu à toutes ces préoccupations. Mais, il y a eu des sous-questions. Permettez que nous puissions réserver la primeur de ces sous-questions lorsque nous reviendrons à la commission. Et à la fin de cette audition, nous pourrons faire le point avec la presse ».

Et de poursuivre : « En tout cas, il y a beaucoup de choses à faire. Nous avons beaucoup de défis. Mais ce que je reconnais, le président de la commission a reconnu la volonté qui anime notre ministère pour essayer de rencontrer ces différents défis. Malheureusement, il se pose un problème des moyens actuellement. Mais, malgré cela, nous sommes engagés à soulager tant soit peu, la situation de notre population, que ça soit au niveau de Kinshasa, qu’au niveau national. Mais ce que j’apprécie énormément, ce sont les recommandations, les observations pertinentes que les membres de la commission nous ont apportées. Donc, aujourd’hui, j’apprécie énormément les contributions des uns et des autres, des députés nationaux, sur la problématique des infrastructures et de la voire dans notre pays ».

Pas seulement un problème de moyens, mais aussi de management

Pour sa part, le président de la commission ATI de l’Assemblée nationale, le député national Baudouin Mayo Mandeke, a donné ses impressions. « Le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, a mis à la disposition de notre commission, le ministre des ITPR pour parler de la dégradation avancée de nos routes, tant à l’intérieur du pays qu’ici dans la capitale. Et nous avons reçu le ministre à ce sujet. Nous l’avons entendu. C’est toujours le problème de moyens. Qu’il n’y a pas de moyens. Il nous a donné des chiffres pour le budget. Tous les moyens réunis, son ministère, semble-t-il d’après lui, ne dispose qu’autour de 90 millions de dollars, non seulement pour les routes, mais aussi pour les bâtiments, etc. Alors que les besoins de nos routes sont énormes, bien au-delà de ce chiffre. Les honorables députés lui ont présenté le tableau de cette dégradation. Et c’est grave ! Il est même prévu qu’on fasse une descente sur terrain dans la ville de Kinshasa, pour qu’on puisse voir ensemble cet état de dégradation avancée. Notamment, les avenues de l’Université, Bokassa, etc. Nous avons dit au ministre qu’il y a certes, ce problème de moyens, mais il y a aussi un problème de management qui relève de la volonté politique », a-t-il dit.

Et d’ajouter que « Parce que le Gouvernement dispose d’un instrument, d’un agent financier pour les financements des routes qui est FONER qui mobilise autour de 100 millions de dollars par an. Mais, on ne ressent pas ça dans la vie quotidienne. Chaque qui passe, on ne ressent pas qu’il y a possibilité de financer, par un mécanisme propre, un mécanisme national, 100 millions de dollars pour les routes. Ça ne se ressent pas ! Nous aurons à faire des recommandations. Nous aurons aussi à demander au président de l’Assemblée nationale d’autoriser qu’on scrute davantage à des structures qu’on n’audite pas. Alors que c’est l’argent des contribuables congolais. Nous allons faire des recommandations, des propositions à notre bureau. Et, nous exécuterons certainement les instructions pertinentes que le bureau nous donnera ».

(Lepetit Baende)

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