Les perspectives de la sortie de crise politique pour le Congo Brazzaville.

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Ce que pensent les partis politiques

 

Après avoir scellé, clos le débat du changement de la constitution, l’échiquier politique congolais, les états-majors des partis politiques se tordent les méninges sur la question : comment sortir de cette crise, ou, comment imposer l’idée d’une transition, qui fait l’unanimité, et qui est considérée comme la porte d’une sortie honorable, sans effusion de sang ?

 

Au regard d’un corps électoral totalement biaisé, certaines franges de l’opposition, par exemple Mathias Ndzon de l’UPRN, Clément Mierassa du PSDC, Paul-Marie M’Pouele de SAUVONS LE CONGO, Guy Romain Kinfoussia de l’UDR-Mwinda, Bonaventure Mbaya de la CONVERGENCE CITOYENNE, etc. en montre à chaque occasion les injustices et les incohérences; la catastrophe du fameux Recensement administratif spécial, pour lequel l’UPADS avait demandé à ses militants et sympathisants de ne pas se faire enrôler. Semble-t-il que les conditions d’un bon recensement n’étaient pas réunies. Coup de tonnerre, ce même parti de l’ancien chef d’Etat Pr Pascal Lissouba participa aux élections locales de septembre 2014, qui venaient après, organisées à la base de ce même recensement. Et quand on ajoute notre fameuse Commission d’Organisation Nationale des Elections « CONEL » acquise semble-t-il à la mouvance présidentielle, pour ne pas dire, acquise au Parti Congolais du Travail, ça fait beaucoup d’imperfections.

 

Ceci dit, on ne peut pas tenir une élection crédible dans ces conditions. C’est au vu de ça que certains partis de l’opposition et de la majorité présidentielle pensent qu’une transition s’impose. Mais comment l’imposer ?

 

On sait tous que la transition de Milongo fut imposée par la Conférence Nationale Souveraine de 1991, avec un gouvernement d’union nationale et une représentation quasi plurielle de l’échiquier politique. Cependant, on ne pense pas qu’une autre conférence s’impose, les dialogues, si toutefois ils étaient réalistes, les dialogues d’Ewo, Dolisie et autres, peuvent en effet être considérés à cette fin.

 

La Conférence Nationale Souveraine a été dirigée dignement par le feu Monseigneur Kombo, à cela, les partis acquis à l’idée d’une transition accepteraient qu’elle soit menée par l’Église, seule entité, qui, semble-t-il, peut faire ou fait l’unanimité, est digne de mener cette mission dans l’égalité et la justice. Et le nom de Monseigneur Louis Portela tourne, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Afrique centrale (ACERAC).

 

Les déclarations officielles, solennelles des partis politiques nationaux et de la diaspora, suffiraient, dit-on, d’obliger la démission du gouvernement du président sortant, à la fin du mandat de celui-ci, et permettrait au président du Sénat, la deuxième personnalité de l’État, à nommer Monseigneur Louis Portela comme premier ministre de transition d’une année, avec un gouvernement d’union nationale et la représentation de tous les partis politiques. Sa mission première sera de constituer un corps électoral et une carte électorale justes pour enfin lancer les échéances électorales, conformément à la constitution de 2002.

 

Ce que pense une Frange de la société civile congolaise !

 

D’autres part, la société civile congolaise, celle qui s’oppose clairement au changement de la Constitution refuse tout dialogue tendant à mettre à plat les institutions de la République par une tentative de transition qui reste inopportune pour l’heure et reste ferme dans sa position de la préparation d’un processus électoral digne et crédible par la mise en place d’une Commission Electorale Nationale Indépendante « CENI » libre, Autonome et Crédible avec l’assistance des Eglises (Conseil Œcuménique) et la Communauté Internationale (Union Africaine, Union Européenne, et USA).

Parmi plusieurs organisations de la Société Civile congolaise qui disent non au changement DE la constitution, un mouvement citoyen de la société civile serait engagé : objectif, mener une lutte crédible. Il semble avoir de la sympathie et une attention particulière au sein de la population, des églises, dans les milieux des Nations Unies et diplomatiques par ses prises de positions et du fait de son maintien de son caractère citoyen et en maintenant clairement son rôle, en tant que force de pression et de proposition pour une alternative apaisée. Surtout par son impartialité de défendre et traiter les questions de la vie nationale du pays. Elle est dénommée : « La plate forme de la société civile pour le respect de la constitution du 20 janvier 2002 ».

Cette plate-forme de la Société civile est dirigée en majorité d’anciens militants de l’U.G.E.E.C, un vieux Syndicat des élèves et étudiants du Congo des années 70. Ces personnalités, hier jeunes, ont contribué fortement à la tenue et la réussite de la Conférence Nationale Souveraine de 1991, par leur esprit d’abnégation et du patriotisme, surtout connu pour leur intégrité morale et le souci du bien être des congolais. Parmi ses citoyens dirigeants de cette plate-forme, nous avons : Dr Alex Ndzabana wa Ibacka, ancien militant de l’UGEEC, compagnon de lutte d’Ange Diwara, Président de l’Association M22 et Coordonnateur national de cette plate-forme de la Société civile très dévoué, engagé et beaucoup résistant ; Anatole Limbongo Ngoka, ancien militant de l’UGEEC, ancien Co-Fondateur des Forces de Changement plate-forme politique crée en 1990 pour l’alternance et la bonne gouvernance, ancien militant du MCDDI, actuellement, Président du Syndicat de la Confédération Africaine des Travailleurs Croyants  « C.A.T.C », membre de la Coordination National porte-parole chargé du Partenariat et Relations Extérieurs plate-forme de la Société civile, connu par son intégrité, sa capacité de Management des questions de la politique Nationale ; Félix Oumba Batantou alias Bajan, ancien militant de l’UGEEC, ancien dirigeant du Molide Parti des jeunes Intellectuels très connu comme Force des propositions avant, pendant et après la conférence nationale souveraine de 1991. Président du Conseil de Concertation des ONG de Développement (CCOD), Membre de la Coordination National porte-parole chargé de Communication et de la Question Stratégique de l’Information, Plate-Forme de la Société Civile très dynamique à l’encadrement des citoyen à la question des politiques publiques, engagé sur les questions associatives et de la citoyenneté, ainsi que de la préservation de l’intérêt général ; Nazaire Kani, ancien militant du MCCDI, ancien étudiant de l’institut des sciences religieuses de l’Eglise catholique, Membre de la Commission Justice et Paix, Secrétaire Général du Cercle de Réflexion sur le Développement Intégral « C.R.D.I », porte-parole à la Mobilisation plate-forme de la Société civile, optimiste sur les questions de l’alternance et la bonne gouvernance ,engagé au sujet du Développement Intégral de l’Homme et de tout Homme, etc.

Le respect strict de la constitution

La plateforme de la société civile pour le respect de la constitution de 20 janvier 2002, parmi tant d’autres exigences, le respect strict de la Constitution actuellement en vigueur.

Mais la plate-forme constate que les partis politiques de la majorité présidentielle tiennent à changer la Constitution ; certains partis politiques de l’opposition demandent la mise en place d’une « période de Transition » ; Ces deux positions signifieraient la dissolution de fait des institutions constitutionnelles. Ce qui équivaudrait alors à un coup d’Etat en violation de la loi fondamentale, révélant une fois de plus la grande instabilité constitutionnelle du Congo-Brazzaville.

 

La Plateforme rejette une telle perspective, et exige que le président de la République Denis Sassou Nguesso s’engage à honorer son serment, donc à respecter sa Constitution et à ne plus empêcher la mise en place des conditions nécessaires d’un processus électoral pour la tenue d’élections libres, fiables et transparentes sous le parrainage de la Communauté Internationale ; Que le président de la République Denis Sassou Nguesso s’engage à respecter les engagements internationaux, pris au nom du peuple congolais, en matière de démocratie et de gouvernance, notamment les principes de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance signée par le Congo le 18 juin 2007, particulièrement en ses articles 10 et 23 qui stipulent, dans son article 10 et 23 que les Etats parties renforcent le principe de la suprématie de la Constitution dans leur organisation politique. Les Etats parties doivent s’assurer que le processus d’amendement ou de révision de leur Constitution repose sur un consensus national comportant, le cas échéant, le recours au référendum.

 

Les Etats parties conviennent que l’utilisation, entre autres, des moyens ci-après pour accéder ou se maintenir au pouvoir constitue un changement anticonstitutionnel de gouvernement et est passible de sanctions : Tout putsch ou coup d’Etat contre un gouvernement démocratiquement élu ; Toute intervention de mercenaires pour renverser un gouvernement démocratiquement élu ; Toute intervention de groupes dissidents armés ou de mouvements rebelles pour renverser un gouvernement démocratiquement élu ; Tout refus par un gouvernement en place de remettre le pouvoir au parti ou au candidat vainqueur à l’issue d’élections libres, justes et régulières ;appropriées de la part de l’Union: Tout amendement ou toute révision des Constitutions ou des instruments juridiques qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique. »

 

La plate-forme de la Société civile demande que la Communauté Internationale puisse signifier au Président de la République, Denis Sassou Nguesso : que le peuple congolais qui demande légitimement le respect de la Constitution du 20 janvier2002, initiée par lui-même, n’a plus besoin de guerre ; Qu’il refuse désormais de continuer à vivre dans l’oppression et la misère ; Qu’il refuse aujourd’hui de continuer à être torturé ou tué au moyen d’armes acquises en son nom avec ses propres ressources ; Qu’il ne voudrait plus vivre de cette démocratie de l’intimidation et de cette culture de la violence politique, comme le stipule le sixième alinéa du préambule de la Constitution du 20 janvier 2002 : « Condamnons le coup d’Etat, l’exercice tyrannique du pouvoir et l’usage de la violence politique, sous toutes ses formes, comme moyens d’accession au pouvoir ou de saconservation. » ; Qu’il refuse de continuer à être tirer dans les ténèbres au lieu d’être conduit vers la lumière ; Qu’il refuse que ses ressources continuent à être utilisées dans des dépenses de prestiges, alors qu’il a besoin d’hôpitaux et d’écoles dignes de ce nom autant qu’il a besoin d’usines qui résorberaient ses problèmes de chômage.

 

Au regard des développements qui précèdent, il refuse désormais, que le processus de la tenue des élections libres, fiables et transparentes, tant attendues, relève de sa seule initiative, lui qui se trouve à la fin de son second et dernier mandat conformément aux dispositions des articles 57 et 185 de la Constitution du 20 janvier 2002. La « Plate-forme de la société civile pour le respect de la constitution du 20 janvier2002 », mouvement non violent, réaffirme son rôle de force citoyenne à la fois comme sentinelle et force de pression populaire, d’une part, et, comme force de propositions, d’autre part.

 

La nouvelle exigence des citoyens et des peuples implique de ne pas s’autolimiter dans la défense du bien-être général. En effet, les promesses non respectées, les trahisons d’un nouveau pouvoir qui ne se différencie pas, dans la pratique, de l’ancien régime, entraînent désillusions, repli sur soi et démobilisation. Les organisations de la société civile voient l’enthousiasme s’éteindre et leur audience fondre. Etre acteur social en tant que force de propositions, c’est ouvrir la possibilité de pouvoir influer sur le cours des choses, sur la vie du pays ; c’est permettre de mobiliser la population afin d’obtenir des lois et des réformes qui améliorent sensiblement ses conditions de vie.

 

S’autolimiter dans la bataille pour un vrai changement au Congo, en refusant d’être une force de propositions reviendrait à laisser encore le pouvoir à ceux qui l’ont eu pendant des décennies, avec le bilan que l’on connaît. En mémoire des nombreuses victimes de l’arbitraire, de l’intolérance politique et del’injustice sociale, les forces patriotiques luttent depuis la Conférence Nationale Souveraine contre la mal gouvernance et il n’est pas acceptable que la « Plate-forme de la société civile pour le respect de la constitution du 20 janvier 2002 » accompagne des dirigeants et (ou) des partis politiques qui voudraient dupliquer cette pratique ou servir leurs intérêts personnels.

 

Dans l’unité citoyenne pour la défense de nos droits à la vie, sans interférence tribale ni ethnique, le mouvement non violent que rassemble les organisations de la « Plateforme de la société civile pour le respect de la constitution du 20 janvier 2002» appelle les membres de ses organisations affiliées, tous les démocrates et les patriotes à plus de vigilance et demobilisation pour dire et redire : Non au changement de la Constitution du 20 janvier 2002 ! Non à un 3ème mandat du Président actuel de la République ! Oui à l’alternance démocratique au Congo !

Parmi ces deux groupes qui ont pris position sur ce débat constitutionnel, d’une part les partis politiques et d’autres parts la société civile. Qui d’entre eux pourra réussir à faire accepter ses propositions pour sauver notre population de ce grand danger qui plane au-dessus de la nation congolaise.

En conséquence, interpellé par le devoir de mémoire, les acteurs politiques congolais et de la société civile doivent prendre l’engagement ferme devant le peuple congolais et la communauté internationale d’œuvrer pour enrichir les acquis de la paix, de la concorde et de l’unité nationale en privilégiant le dialogue républicain pour la préservation de la démocratie. Afin de prévenir le pays des grands malheurs (affrontement de deux blocs antagonistes et guerre civile).

En fin, le Congo Brazzaville, pays d’Afrique Centrale riche en ressources naturelles et avec une population pauvre, a besoin d’un Dialogue Citoyen par une médiation internationale, dans un objectif de prévenir un nouveau conflit armé prévisible. Le peuple congolais a besoin non seulement du pain, mais aussi de la paix pour reconquérir son espoir et sa charité fondée sur la Justice Sociale et le bien commun.

Voilà succinctement ce qui se dit dans les états-majors de nos partis politiques et de la société civile. En effet, ça semble être une sortie digne, cependant ce que l’on ne comprend pas, c’est la volonté du PCT de changer impérativement cette Constitution, et du chef de l’Etat, qui lui, nous a exhorté « à travailler d’abord ! ».

 

(Roch Bouka/Correspondant de la Rtga World au Congo-Brazzaville)

 

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