Les paysans commentent la stratégie « Champs école paysan »

par -
0 619
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Nouvelle province du Kwilu

Les paysans commentent la stratégie « Champs école paysan »

En République démocratique du Congo, plus de 70% de la population (environ 73 millions d’habitants) vivent de l’agriculture. Ce moyen de vie est aussi déclaré en Rdc, priorité des priorités. Et cela, depuis des années. Ces résultats participent à plus de 60 pourcent à la sécurité alimentaire dans le pays.

Dans sa livraison d’hier, le site internet mediacongo.net a publié un article signé par son correspondant à Kikwit, M. Badylon Kawanda, rapportant que dans la nouvelle province du Kwilu issue du démembrement de l’ancienne province du Bandundu, des dizaines de paysans, en associations ou pas, appliquent depuis 2012, une nouvelle stratégie qui les aide à augmenter leurs productions agricoles. Laquelle stratégie est dénommée : « Champs école paysan ».  

« Cette nouvelle stratégie est à encourager, étant donné que qu’elle est efficace. La sécurité alimentaire a besoin de telles initiatives », fait savoir M. Jean-Baptiste Lubamba, Directeur de publication de « La Voix du paysan congolais », un trimestriel d’informations agricoles, du monde rural et de l’environnement. Selon lui, c’est toujours bon de concilier, toutefois, la théorie enseignée dans des universités et d’autres écoles classiques à la pratique, parce que la théorie donne des connaissances qu’il faut pratiquer.

« En 2012, nous avons récolté 60 tonnes d’ignames dans un champ de quatre hectares, et en 2013, 55 tonnes c’est-à-dire 13 à 15 tonnes par hectare contre 7 à 8 tonnes par hectare les années antérieures », témoigne pour sa part Albert Kukotisa, président du Cadre des paysans d’Idiofa pour le développement (CPID) qui a 19 membres. Il affirme que le CPID a appliqué à la fois le billonnage et l’enfouissement, des techniques apprises auprès du ‘Champs école paysan’ organisé par l’USAID en 2011.

Chantal Kuhosa est paysanne à Isingu, localité située à 15 kilomètres de Kikwit et qui  n’appartient à aucune association. Elle note que grâce à l’enfouissement son champ de 30 ares lui a donné en 2013, sept sacs d’arachides contre quatre en 2012 lorsqu’elle n’appliquait pas cette technique.

Un autre paysan, Grégoire Kito, habitant à Masamba, un des quartiers de la commune de Nzinda dans la ville de Kikwit, déclare qu’il a entendu parler de cette stratégie, mais il ne l’a pas encore appliquée parce qu’il n’a pas suivi cette formation pratique. « Dès qu’il y a une occasion dans ce sens,  je ne manquerai pas, car notre province est essentiellement agricole », dit-il.

Quant à lui, Jacques Mitini, ancien président de l’ex-Faitière des organisations paysannes du Bandundu (FOPABAND), une plateforme de plus de 200 structures paysannes, déclare qu’en 2012 et 2013, trois associations membres de sa fédération ont produit 350 tonnes de maniocs, haricots, maïs, patate-douces… dans des champs de plus de 500 hectares dans l’ensemble pour avoir mis en pratique les techniques de binage, de paillage, d’irrigation, etc.

Il précise qu’avant l’apprentissage, la même étendue des champs produisait moins de 200 tonnes. « Nos structures continueront à appliquer petit à petit toutes les techniques apprises », ajoute-t-il.

« Cette stratégie consiste à faire apprendre aux paysans, sur le terrain et non dans une salle de classe, des techniques culturales et des pratiques agro écologiques pour les rendre de plus en plus professionnels », explique l’ingénieur Didier Kulenfuka, un des spécialistes de l’agriculture et responsable d’Appui aux initiatives paysannes pour le développement, une Ong qui accompagne 51 cibles dont 25 associations paysannes, sept églises et 19 fermiers  dans le district du Kwilu au sud-ouest de la Rdc.

Selon lui, une séance de « Champ école » peut recevoir  entre 20 et 30 paysans et des séances se tiennent à peu de temps, et de façon plus pratique que théorique.

De son côté, Jean-Christophe Malela, chargé de communication au gouvernorat du Bandundu affirme que « cette pratique vient de rejoindre le souci du gouvernement provincial qui avait déjà lancé un projet dit ‘village agricole’  qui accompagne les paysans ».

« Je ne suis pas d’accord avec cette pratique qui, pour moi, ruine la fertilité de la terre en une ou deux fois. Que deviendra, dans l’avenir,  le sol laissé par nos ancêtres ? Où mangeront nos futurs enfants et petits-fils ? », Conteste et s’interroge Denis Ngwarimba, âgé de 80 ans.

« Il n’y a pas de craintes parce qu’il existe des techniques comme par exemple ‘l’enfouissement’ qui consiste à mettre en terre des résidus végétaux pour fertiliser le sol »,  affirme l’Ingénieur Emmanuel Mulenda, un autre spécialiste de l’agriculture.

(Lepetit Baende)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse