Les Kinois hantés par les scènes de violence

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Nous sommes au cœur de Tunis. Nous déambulant en train de « lécher » paisiblement les vitrines du quartier commercial quand subitement des grincements de pneus suivis d’un bruit assourdissant attirèrent notre attention. Juste derrière nous, un jeune homme au volant d’une mercedes 200 E de couleur blanche venait de ramasser un papa, la soixantaine révolue qui traversait malencontreusement la chaussée. Soudain, les passants et les badauds attirés par le bruit strident et les grincements des pneus de la voiture, accoururent. Chacun voulait porter secours à l’infortuné. Certains

s’inclinèrent vers le conducteur lui demandant de garder son calme et d’amener d’urgence la victime qu’ils prirent soin d’étendre sur la banquette arrière, afin qu’il achemine l’infortuné à l’hôpital le plus proche. Un policier qui surgit quelques instants plus tard, sorti son calepin, prit quelques notes sur le carnet avant d’occuper le siège du co-pilote et de demander au conducteur de garder son calme et de conduire lentement jusqu’à l’hôpital…..

Les Kinois cultivent la violence

Nous étions ébahis. Mes confrères et moi-même n’en croyions pas nos yeux. Les citadins de Tunis étaient différents de nous. Ils ont une autre culture, une autre façon de voir les choses et de considérer le conducteur autant que la victime en cas d’accident. La  priorité en pareil cas, c’est de secourir la victime et de sécuriser le conducteur afin de l’aider à amener urgemment la ou les victimes dans un centre hospitalier.

A Kinshasa en pareil cas, les passants et les badauds se ruent sur le conducteur qu’ils brutalisent et dévalisent une fois maîtrisé. Ils cherchent à le lyncher, détruisent aussitôt son véhicule et si les policiers tardent à venir, ils cannibalisent le véhicule. Rares sont les bonnes âmes qui s’attardent sur la victime en cherchant à lui porter secours ou de l’acheminer à l’hôpital. Une fois arrivé sur place, les services d’accueil font subir un interrogatoire au « bon samaritain », s’attardent à prendre son identité et s’occupent à peine de la personne accidentée qui, souvent, n’est pas accompagnée et donc n’a pas forcément de sous pour payer la note de l’intervention chirurgicale d’urgence.

Les Kinois sont violents. Ils admettent qu’un homme tabasse sa fiancée, son amante ou sa compagne sans réaction…

Les sportifs et les partis politiques ne sont pas épargnés

Dans nos stades, le phénomène violence se vit pratiquement au quotidien. Les fans viennent furieux assister aux rencontres de leur club et n’hésitent pas à se faire justice quand ils se rendent compte que l’arbitre est partial. Ils s’en prennent violemment à lui, le frappent, lui  ravissent montres et autres objets de valeur. Ils ne s’arrêtent pas en si bon chemin parce qu’ils poussent leur vandalisme jusqu’à s’attaquer aux infrastructures. Des chaises des tribunes sont cassées avec rage, les vitres brisées. Au finish, c’est le président du club qui paie les réparations.  Les Kinois deviennent par moments extrêmement violents. On se souvient encore des marches organisées par certains partis politiques qui se terminaient par des actes de vandalisme et de pillage.

Les pillages de triste mémoire d’il y a vingt ans

Les pillages de 1991 et 1993 ont montré le niveau de méchanceté des Kinois qui ont détruit en quelques heures toutes les maisons de commerce de la ville. Ces pillages sont restés un souvenir amer dont les conséquences continuent à se faire sentir. Kinshasa n’a pas complètement pansé ses plaies… Beaucoup de jeunes combattants ou mobilisateurs de partis qui s’exhibaient ont commencé à être traqués par les services. Certains parents regrettent encore le comportement de leur progéniture. D’autres ont disparu de la circulation.

Insécurité côtoie le Kinois

Nous avions reçu les plaintes d’une maman qui regrette toujours d’avoir perdu les traces de son fils, le petit Vivian Kitenge Nkoy parti dare-dare à Lubumbashi chez sa tante puis aucune nouvelle…Avait-il peur ou s’est-il senti trahi par les voisins ? Ou a-t-il été enlevé ? Toujours est-il qu’on est sans nouvelles  de lui. Heureusement aujourd’hui, le gouverneur de la ville est devenu très regardant et n’autorise pas l’organisation de certaines marches de peur qu’elles ne se transforment en pugilat ou en marche de colère où l’on s’attaque aux édifices publics. Force est de constater que certaines personnes d’adonnent aux pratiques intolérables : enlèvement diurne ou nocturne, visites intempestives de maisons par des malfrats. Le cas vécu en janvier dernier lorsqu’une frange de la population a voulu manifester son mécontentement et exigeait qu’on retire certains articles dans la Constitution. Les jeunes venus du campus ont été rejoints par ceux de Ngaba et se sont mis à s’attaquer aux magasins et commerces, essentiellement ceux des Chinois. Les édifices publics et même certaines églises et maisons des particuliers furent prises pour cibles. La vague de violence a gagné quelques communes où l’on a vécu des scènes macabres. Il y a eu morts d’hommes. Des civils et quelques policiers sont tombés sous les balles. La maison communale de Ngaba notamment fut incendiée. La police s’est mise en branle pour mâter ces mouvements et le gouverneur de la ville a sillonné les artères de la capitale pour apaiser les Kinoises et les Kinois. Depuis lors, il n’autorise pas de marches impromptues. Il exige que les organisateurs en précisent au préalable les contours et l’itinéraire afin qu’elles soient encadrées par la police. Question d’éviter des débordements et de donner prétexte aux supputations qui peuvent survenir après et éviter à l’avenir les racontars au cas où elles étaient réprimées. Le cas des bruits ayant entouré l’affaire de soit disant fosses communes de Maluku.

(Fernand Mukaku Lalabi-Muke )     

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