Les accords de libre-échange, des accords coloniaux contre les peuples

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La seconde Université du réseau CADTM Afrique s’est tenue dernièrement dans la ville de Niamey, au Niger, sous le thème « Unissons-nous contre les dettes illégitimes », pour des audits citoyens des dettes publiques et l’abolition des dettes illégitimes. Cette rencontre destinée à la formation des membres du Réseau a notamment permis d’échanger entre les quatre-vingt-dix militantes et militants venues de six pays africains (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Maroc, Niger, Sénégal, et Togo) et les représentantes venues de pays européens (Belgique). Les conclusions de cette rencontre nous amènent à réaffirmer la nécessité d’élargir le front social commun entre le Nord et le Sud et de poursuivre notre combat pour que toutes nos luttes légitimes constituent les piliers du monde de demain (voir Déclaration du CADTM Afrique à l’issue de sa seconde université d’été à Niamey (Niger)).

La crise capitaliste mondiale qui a commencé en 2006 aux États-Unis et s’est étendue au reste de la planète se poursuit avec ses multiples facettes : crise bancaire et crise des dettes publiques et privées dans les pays les plus industrialisés, crise climatique, crise alimentaire, crise des réfugiés, etc. La concurrence se fait vive entre les États impérialistes qui ont toujours pour rôle d’assurer des conditions favorables à l’accumulation du capital (guerres impérialistes et guerres commerciales) et de subordonner le droit commun au droit des entreprises au détriment des populations et de la nature. C’est l’un des enjeux majeurs de la nouvelle génération des traités de libre-échange qui complètent le dispositif constitué par les grandes institutions internationales comme l’OMC, le FMI et la Banque mondiale. Le système de la dette opère dorénavant au Nord comme au Sud comme un instrument clé de la dictature exercée par le capital sur les sociétés et joue un rôle directement politique (le cas de la Grèce le confirme) pour imposer le maintien de l’ordre néolibéral. De concert avec les traités de libre-échange, il bloque la mise en œuvre par un gouvernement de politiques alternatives permettant de sortir de la crise sociale.

Le libéralisme dans le contexte de la globalisation capitaliste repose sur trois libertés : la liberté de circulation/mouvement du capital, la liberté d’investissement, et la liberté des circulations des marchandises et des services. L’OMC considère le libre-échange comme la clé d’entrée des pays dans la globalisation. Les accords commerciaux n’incluent pas seulement l’organisation du commerce, mais tous les autres domaines économiques, sociaux et culturels. Les multinationales essayent de démanteler tous les systèmes locaux qui pourraient entraver leur expansion. En effet, l’ouverture des frontières leur permet la réduction des charges de production par la délocalisation, la commercialisation des surplus de produits subventionnés, et l’accaparement des entreprises, des services publiques et des ressources. Elles profitent de leurs avantages de productivité élevée, d’industrialisation et avancée technologique qui leur permet de dominer le marché mondial et réaliser des surprofits au détriment des pays pauvres dans le cadre de la division internationale du travail entre des pays exportateurs des produits primaires et des économies exportant des produits manufacturés.

Les accords de libre-échange n’incluent pas la liberté de circulation des personnes, la question sociale, la distribution des richesses et la question de la souveraineté nationale et de la démocratie.

La puissance des multinationales sur les États accentue la dépendance politiques des régimes des pays du Sud qui cherchent des intégrations dans des partenariats internationales pour gagner un peu sur le marché mondial sur le compte de la régression des secteurs locaux. Ils acceptent l’inondation des marchés locaux avec des importations venant des métropoles et la domination du capital étranger sur les services et entreprises privatisée. Ils contribuent au délabrement des secteurs industriels et agricoles locaux (faillite des petits producteurs).

Il existe une multitude d’accords de libre-échange dont le traité commercial pour une zone de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne TAFTA qui couvrira des pays représentant 45% du PIB mondial, L’Accord Économique et Commercial Global de libre-échange CETA entre le Canada et l’Union européenne, le partenariat économique (APE) entre l’Union européenne et les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), l’Accord de Libre-Échange Complet et Approfondi ALECA en Afrique du Nord (Maroc et Tunisie), etc. Ils ont tous augmenté les déficits commerciaux des pays du Sud et augmenté leur taux d’endettement. Le service de la dette absorbe une grande partie du budget de l’État et généralise l’austérité. Les accords coloniaux et le système dette sont alors les deux faces de la domination impérialiste.

Omar Aziki (Attac/CADTM Maroc)

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