L’écrivain Simon Kiangani déplore : « Moins on lit, plus on s’abrutit »

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Vue d’un étalage de bouquiniste (ph.Erika/ Ifasic)
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Le manque de bibliothèque scolaire dans le système éducatif congolais est un fait avéré, dans un contexte où l’Internet et les jeux vidéo occupent fortement le temps des enfants.

L’écrivain et homme de culture Simon Kiangani Loti démontre que le manque de bibliothèque scolaire comporte des conséquences énormes sur aussi bien l’enseignant que l’élève. Il n’y a pas d’excuse à éviter la lecture, estime-t-il, comme le font certains compatriotes, en prenant prétexte du durcissement de la situation socioéconomique du pays. « La connaissance autour de laquelle tourne le monde est fluide, relative, progressive, évolutive. Elle commence à l’école et se poursuit partout où le livre se trouve. Ne pas la suivre, c’est accuser du retard. D’où, une des conséquences fatales : l’enseignant et l’enseigné sont en retard de connaissance », a-t-il relevé. Dans cet ordre d’idée, l’orateur rejoint un penseur occidental assimilant le manque de connaissance à une fin d’existence. « Lorsqu’un vent nouveau souffle à travers le monde, ceux qui sont en retard disparaissent, malheur à eux », a-t-il prévenu. En effet, l’orateur considère que l’on ne peut compter sur les intellectuels rabougris, atrophiés pour le pari de bâtir un pays plus beau qu’avant. « Il est impossible de faire décoller le pays avec de tels intellectuels. (…) », a-t-il souligné.

Le livre au service de l’humanité 

L’orateur démontre que le livre est au service de l’humanité. Dans la mesure où, le savoir qui y est véhiculé l’outille et le conforte dans son rôle d’artisan de la transformation sociale. « Le livre contient des idées force, les éléments massues qui donnent au cerveau son massue pour que celui-ci soit au service de l’homme. L’école trace la voie, les bibliothèques préparent la culture. Et cette dernière, c’est cela la force de l’homme », a fait remarquer l’orateur, rejoignant du fait même un auteur pour qui « la culture, c’est le résultat de l’intervention de l’homme dans l’environnement », a-t-il affirmé

L’Internet n’est pas venu se substituer à la bibliothèque  

« Un homme qui lit en vaut plusieurs. Les bibliothèques comme les livres sont irremplaçables », a dit un observateur. Il faut lire pour enrichir le vocabulaire, améliorer l’orthographe. « L’homme est commandé de subsister, de résister et d’exister », a rappelé l’orateur. Et d’ajouter : Les sociétés que nous apprécions aujourd’hui, ont vécu des expériences que nous n’avons pas encore approchées.

L’Internet n’a pas d’ambition de se substituer à la bibliothèque. L’attrait à cet outil des NTIC est signe du temps. Toutefois, le modernisme ne peut ne pas s’accompagner d’inconvénients. L’orateur constate que ce ne sont pas toujours les valeurs intellectuelles qui attirent vers l’Internet ; mais les valeurs ludiques, récréatives. Aussi exhorte-t-il notamment les enseignants qu’ils n’ont pas d’excuse à ne pas fréquenter la bibliothèque. « Il faut lire pour avoir un esprit large. L’enseignant doit sortir de l’étroitesse d’esprit pour s’ouvrir aux connaissances. Un enseignant qui n’est pas amoureux du livre recule par rapport à un élève féru de la lecture », a relevé M. Kiangani. Pour le changement graduel dans le contexte congolais, l’auteur d’«Un deuil sans fin » (roman littéraire paru chez l’Harmattan/Afrique en 2012) lance la balle aux gouvernants. «L’impulsion doit venir des décideurs. Ils doivent savoir que le peuple a toujours besoin de quelqu’un qui montre la voie. Car c’est de leur vision que relève ce que les écoles doivent être. (…)», a-t-il indiqué.

(Payne)

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