L’école subsaharienne fatalement dans une destinée de la pauvreté, selon Jean-Pierre Mara

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L’ingénieur Jean-Pierre Mara est un citoyen centrafricain et auteur du livre intitulé : ” Oser les changements en Afrique “, éditions [L’Harmattan] url:www.editions-harmattan.fr

« L’école africaine prépare essentiellement les gens à la fonction publique ( … ) “, déplore-t-il. Son ouvrage pose le problème de la remise en question du système éducatif, au moment où les Etats africains sont en quête d’un système éducatif susceptible d’assurer la validité et l’efficacité de l’apprenant.

La remise en question du système scolaire s’exprime suite à de multiples constats. Par exemple, 80% des écoles en Afrique n’ont pas de point d’eau potable au sein de l’établissement, et la plupart n’ont pas d’électricité. 80% même dans les capitales africaines. Imaginez- vous comment les enfants passent la journée scolaire. Sans boire ni manger ! Cette est considéré comme une normalité pour le reste de la vie de l’élève. Et quand ce dernier devient fonctionnaire, responsable par exemple directeur général de la société des eaux, il n’arrivera pas à considérer l’eau ou l’électricité comme un besoin de base ou comme une nécessité. Il a réussi dans une école ou il n’y avait ni eau ni électricité donc pour lui, la carence est normale “, décrit l’auteur. Et de marteler: ” Les connaissances que l’école dispense dans nos pays africains doivent changer. Si savoir ” écrire ” permet de mettre sur papier une idée ou une critique, afin de les partager avec les concitoyens, savoir “lire” permet par contre de saisir et de connaître l’expérience des autres pour s’enrichir. Le but n’est pas de nous apprendre à copier ou à apprendre par cœur  des façons de parler ou de s’exprimer. L’école doit nous permettre d’apprendre à nous servir de l’écriture et des vocabulaires pour exprimer des idées. Le livre est un outil indispensable à la formation de l’élève. Car il constitue un dépôt du savoir. Dès lors que l’enseignant et l’enseigné n’ont pas facile à accéder au livre, c’est tout un processus de formation qui fait ainsi les frais du déficit.

Dans le contexte kinois, en effet, il est des écoles du secteur privé qui ont renoncé à l’idée d’ouvrir un point d’eau et même de connecter du courant électrique. Pour justifier cette auto-privation, des promoteurs dénoncent des manœuvres des sociétés concernées, consistant dans une sorte de surenchère permanente. ” Dans un contexte de pauvreté généralisée des parents, l’école n’est pas en mesure de réaliser de bonnes recettes dans le recouvrement des frais scolaires. Or si vous avez l’eau et le courant en permanence, ces deux sociétés classifient l’école dans la catégorie d’établissement commercial. Et cela entraîne la surfacturation ( … ) “, a témoigné un responsable scolaire.

Pour ce qui est des latrines scolaires, une ronde a démontré que le laisser-faire de l’autorité de tutelle a occasionné une situation alarmante. Des écoles dont les effectifs varient entre 300 et 700 élèves disposent drôlement d’une à trois portes d’installations sanitaires, dont une est généralement réservée au personnel scolaire. Ces installations privées d’entretiens permanents deviennent sources potentielles d’infections pour les utilisateurs.

Des structures d’accueil aménagées, préalable nécessaire à l’accès égal à l’éducation

Selon l’Unicef, en effet, les progrès du développement risquent de connaître pour longtemps encore un sort fatal, tant que les gouvernements des pays pauvres très endettés (PPTE) ne lutteront pas conséquemment contre la pauvreté et la faim. Et que des femmes et enfants accroîtront  par millions leur nombre au couloir de la mort, faute de programmes efficaces de lutte contre des maladies et de protection durable de l’environnement.

Pour pallier dans le temps cette réalité, l’Organisme de Nations Unies pour l’Enfance préconise notamment la scolarisation en nombre égal des filles et des garçons. Comme on le comprend, scolariser massivement les enfants est une chose -, une autre est de mettre en place et en quantité suffisante des structures d’accueil adéquates. A Kinshasa, des détenteurs de capitaux ont répondu nombreux et non sans empressement à un besoin social exprimé à travers la libéralisation du secteur éducatif.

La gratuité de l’enseignement élémentaire, une responsabilité de l’Etat

La question relative à la gratuité de l’enseignement de base et celle de l’accès à l’éducation pour les enfants démunis suscitent autant d’intérêt que d’agitation en RD Congo. Plus d’une fois, des Ong militant pour les droits des élèves et étudiants congolais ont élevé la voix, à cet effet. Elles ont revendiqué tambour battant, la gratuité de l’enseignement élémentaire, sans néanmoins obtenir gain de cause.

En Afrique, l’enseignement primaire gratuit pour tous est un droit fondamental que les gouvernements se sont engagés à respecter aux termes de la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989. S’appuyant sur cette réalité, le président de l’Association l’œil de l’Enfant, AOE précise que cela est pour l’Etat, une question de principe : « En principe, c’est l’Etat qui a l’obligation de donner l’instruction gratuite à tous les enfants du Congo, comme cela se passe dans tous les pays civilisés. Tout enfant ; riche ou pauvre, a droit à l’éducation et à l’instruction. (…) », a-t-il déclaré à la presse.

L’orateur se range, du fait même, derrière des Ong militant pour la gratuité de l’enseignement de base. Il faut que l’Etat prenne ses responsabilités, pour que chaque enfant ait accès gratuit à l’instruction, cela est la moindre des choses. Je crois que leur lutte est noble, il faut les soutenir. L’école fondamentale est un droit fondamental pour tout enfant congolais. Ceux qui nous dirigent ont profité de la gratuité de l’instruction. Pourquoi pas nos enfants ? Un pays où un enfant ne termine pas l’école primaire, c’est un pays qui va à sa fin. (…) », a-t-il renchéri.

(Payne)

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