L’école maternelle à Kinshasa : un véritable commerce

par -
0 877
Une vue des enfants de la maternelle/Ph. Google
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Inscrire son enfant à l’école maternelle à Kinshasa relève du parcours de combattant. Il faut serrer la ceinture, explique-t-on. La plupart de ces écoles font payer plus cher qu’à l’université. Pas moins de 500 dollars américains par an. C’est souvent à prendre ou à laisser dans un secteur où l’Etat n’a presque pas investi. La tendance aujourd’hui est d’inscrire cet enfant qui a 3 ou 4 ans dans cette maternelle où il apprend les fondamentaux de l’éducation.

Si l’idée au départ n’est pas mauvaise, il sied de constater qu’un véritable commerce s’est installé au vu et au su de l’autorité qui laisse faire, quand bien même il est question des privés. Les pauvres parents, qui pour une vraie raison ou une raison de conformisme veulent donner le maximum de chances à leur enfant, se coupent en morceaux pour satisfaire les caprices d’un gestionnaire véreux qui ne voit que ses intérêts.

Dans plusieurs établissements qui se multiplient pour le besoin de la cause, le programme d’encadrement de ces petits êtres fragiles n’est pas consistant : les chants et les récitations mal ficelés comblent l’essentiel du temps de cours. Beaucoup d’amateurisme de la part des enseignantes qui maîtrisent à peine  la pédagogie. Ils s’improvisent dans un domaine où les conséquences sont néfastes pour le futur de ces enfants appelés à  remplacer la génération actuelle.

Tous les frais sont fixés en dollars et une bonne partie à payer dès le premier trimestre ou même par acompte, avant le démarrage de l’année scolaire. Au-delà de ces 400- 500 voire 700 dollars américains annuels, il faut ajouter plusieurs autres petits frais imaginaires dans le but de soutirer de l’argent aux pauvres parents dont leurs propres comités scolaires sont devenus des bourreaux et complices des promoteurs.

A Kinshasa, la tendance voudrait que chaque famille envoie son fils ou sa fille obligatoirement à la maternelle avant de poursuivre les autres études. En considérant les réalités des familles pauvres ou celles de cadres du pays qui ont évolué en provinces ou au village, l’on va s’apercevoir qu’un certain nombre de gens ont réussi sans passer nécessairement par l’école maternelle. Parfois les parents kinois épuisent l’essentiel de leurs revenus pour leurs enfants de l’école maternelle, oubliant que le chemin est encore long jusqu’à l’université. Certes, la base est importante dans le fondement éducationnel de l’élève, mais aujourd’hui la taxation de la maternelle ne tient pas compte du pouvoir d’achat de la population. C’est une vaste escroquerie où l’enfant reçoit trop peu en payant beaucoup d’argent. Aucun inspecteur ne vient contrôler la qualité de l’enseignement dispensé dans ces boites privées-personnelles ou seule la loi d’argent compte.

Les enseignants pas toujours bien payés

Si une école veut obtenir une bonne formation de ses élèves, elle doit bien payer ses enseignants, surtout que les parents paient déjà beaucoup d’argent. Or, dans la plupart de ces formations, les dames qui s’occupent de l’encadrement de ces enfants ne sont pas bien payées. Elles le font malgré elles. Elles ne sont pas motivées. Voilà pourquoi, certains disent qu’il s’agit du remplissage avec des chants et autres jeux qui n’apportent pas un plus.

Dans un pays où le secteur aussi vital que l’éducation est abandonné entre les mains de n’importe quel aventurier qui peut ouvrir une école ne répondant à aucune norme pédagogique, pas étonnant que ces enfants, au lieu d’avoir une bonne base, enregistrent des conneries dès leur bas-âge. Autrement, comment expliquer le bas niveau qui est déploré par tous aussi bien à l’école primaire que secondaire ? Trop d’artificiels pour un contenu vide.

Beaucoup de sacrifices de la part de parents chaque matin pour des résultats maigres. En reculant dans le temps, l’on se rend compte qu’il y a 20 ou 30 ans, l’école maternelle n’était pas aussi à la mode qu’aujourd’hui. Mais les élèves avaient un bon niveau au sortir de l’école primaire et abordaient le secondaire de manière sûre et efficace. La réforme du système éducatif congolais est souhaitée et attendue de tous, à commencer par la maternelle. Il en va de la survie du pays.

(Simon Kabamba)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse