Le torchon brûle entre Kinshasa-Bruxelles

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Un nouveau bras de fer entre Kinshasa et Bruxelles. Après avoir passé au peigne fin la situation politique congolaise, essentiellement dominée par des marches interdites ou réprimées des laïcs catholiques, le gouvernement belge, par la bouche de Didier Reynders et Alexander De Croo, respectivement Vice-Premier ministre aux Affaires étrangères et de la Coopération au développement, avait annoncé, le mercredi 10 janvier courant, la révision de son aide financière à la Rd Congo. Une décision prise à huis-clos devant la Commission des Relations extérieures de la Chambre.

D’ores et déjà, cette aide, à hauteur de 25 millions €, initialement  destinée à Kinshasa, par le biais de la nouvelle agence belge de développement (ANABEL), en vue d’une série d’interventions non encore signées ou suspendues, se verra orientée vers l’humanitaire des Congolais, par le biais des organisations non-gouvernementales, mieux la société civile congolaise, sur le plan des droit de l’homme et des libertés politiques. A en croire le communiqué rendu public à cet effet, « la Belgique souhaite renforcer sa solidarité à l’égard de la population congolaise … au profit de l’aide humanitaire et d’autres initiatives répondant aux besoins les plus pressants de la population ». Cela, étant donné ‘’les besoins humanitaires croissants et le changement politique’’.

Quant à la coopération belgo-congolaise, ledit communiqué annonçait qu’un nouveau programme d’aide bilatéral de coopération ne pourra être conclu entre les deux pays qu’après l’organisation d’élections crédibles, sur base des principes de bonne gouvernance.

Kinshasa réplique

Cette annonce n’a pas plu à Kinshasa. Réagissant à chaud quant à ce, Lambert Mende, Porte-parole du gouvernement se déclarant non surpris, s’était indigné que la Belgique ait choisi cette voie que de « financer les élections qui coûtent très chers », accusant Bruxelles vouloir ‘’ financer une groupe d’individus qui veulent déstabiliser le pays’’.

Après un conseil des ministres la semaine dernière, le Gouvernement  avait promis d’actionner le principe de réciprocité. Sitôt dit, sitôt fait. Dans une note qui ressemble pourtant à un tract, le ministère congolais des Affaires étrangères, Coopération et intégration régionale vient d’envisager, « dans un bref délai », la fermeture de la Maison Schengen à Kinshasa ». Dans cet ordre d’idées, il annonce qu’ « ANABEL n’a plus de raison d’être en Rd Congo » et, dès lors, la Belgique devra ‘’tirer toutes les conséquences qui s’imposent ». Kinshasa affirme avoir saisi Bruxelles par voie diplomatique de ses intentions et mesures projetées. Mais rien n’est définitif à ce stade.

Deux scenarii probables

Le premier scénario probable, c’est le durcissement de ton entre les deux parties. Ce qui donnera lieu au refroidissement des relations, non seulement entre Kinshasa et Bruxelles, mais entre Kinshasa et l’Union européenne. En effet, gérée par la Belgique, la Maison Schengen représente une sorte de guichet unique consulaire. C’est là que les Congolais se rendent pour l’obtention de visa d’entrée dans l’Union européenne. Si la situation ne change pas, il sera probable que chaque pays de l’Union traite de cette question de délivrance de visas directement au niveau de son ambassade en Rdc.

Le deuxième scénario, peu envisageable, c’est le relâchement. Connaissant l’intransigeance des uns et des autres, les parties sauront-elles se retrouver autour d’une même table pour revisiter leurs positions visiblement extrémistes, voire cavalières et pour lesquelles les conséquences seront telles que personne ne pourrait y trouver son compte? Pour l’instant, maints observateurs pensent que  la réaction de la Belgique et celle de l’UE qui ne manqueront pas de se faire entendre. Pourvu que l’intérêt commun soit privilégié.

(Emmanuel Badibanga)

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