Le Rassemblement en plein naufrage! Kabila pour sauver la démocratie

L’environnement politique congolais présente à ce jour les allures d’un cocktail Molotov qui peut exploser n’importe quand et n’importe où, si l’on n’en prend garde. De plus en plus, les Congolais se rendent compte de l’évidence, qu’ils ont en face une classe politique incapable de proposer une alternative crédible. Mieux, elle a du mal à se choisir un remplaçant valeureux du lider maximo, celui-là même dont les qualités intrinsèques, ainsi que la lutte, menée durant des années, ont mis Majorité Présidentielle, Opposition politique et Société civile d’accord. A quand la fin de ce cycle ? Qui va réellement trancher ? Est-ce la CENCO, la Majorité Présidentielle ou le président de la République ?

Que faire devant les membres du Rassemblement qui n’ont pas pu maitriser leurs ambitions ? Ils n’ont pas été  en mesure, non plus, de conserver le patrimoine politique du Sphinx ; Encore moins d’attendre son enterrement. Sont-ils réellement dignes de diriger ce pays ? Que devraient faire la CENCO, qui est facilitateur, et la MP, qui est partenaire dans les négociations en cours autour de l’application de l’Accord de la Saint-Sylvestre ? Faut-il sauver le Rassemblement ou le laisser couler ? La Cenco doit-elle, en particulier,  continuer à subir les turpitudes du Rassemblement, plutôt que de déposer le tablier ?

Avec la création d’une autre aile du Rassemblement, avec en tête les membres actuels du Gouvernement Samy Badibanga, tous signataires de l’acte portant création de Genval, et signataires de l’accord de la Cité de l’Union Africaine (UA), quel sera le comportement de la CENCO, qui s’atèle à conclure l’arrangement particulier entre parties prenantes des pourparlers du Centre Interdiocésain ?  L’arrangement particulier dont question concerne principalement les points suivants: la désignation du Premier ministre, la formation du gouvernement, la mise en place du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA), le chronogramme de la mise en place en œuvre de l’accord, la redynamisation de la CENI, le renouvellement du CSAC et les quelques recommandations particulières. A scruter de près le désordre crée par le groupe à Olengankoy, celui-là même qui s’est fait nommé président du Rassemblement, sans oublier l’aile dirigée par l’ancien conseiller spécial en matière de sécurité du président de la République, il est à parier que la CENCO aura maille à partir.

La CENCO devra s’imposer

Connaissant très bien la versatilité des opposants congolais, mieux de la classe politique congolaise, la CENCO est-elle encore en mesure de s’imposer ? N’a t –elle pas commis une erreur de communication en montrant son penchant pour l’aile Felix Tshisekedi-Pierre Lumbi ?  Que dira-t-elle face à une recommandation du Rassemblement made in Gouvernement Samy Badibanga, qui lui demande de s’abstenir de toutes discussions avec le Rassemblement dans ses formes actuelles, devenue une nébuleuse aux contours indéfinis.  Comme nous venons de le dire, il appartiendra à la CENCO, à elle seule de savoir, grâce à certains critères, quelle sera cette aile du Rassemblement à qu’il faudra accorder un certain crédit ?

Même si la CENCO se décide à accepter que le président du comité des sages du Rassemblement soit ipso facto président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA), il reste une autre difficulté qu’il faut surmonter, c’est la montagne Majorité Présidentielle. Celle-ci ne se gêne pas à rappeler que l’Accord Politique Global et Inclusif, dans son esprit, avait accordé la Présidence du CNSA à Etienne Tshisekedi intuitu personnae, c’est-à-dire, à titre personnel et non pas au Rassemblement qui devrait, seul et à l’exclusion de toutes les parties prenantes, se donner le devoir de choisir unilatéralement un autre candidat pour pourvoir à son remplacement suite à son décès inopiné que nous regrettons tous.  Un consensus ayant été trouvé autour de la personne d’Etienne Tshisekedi, la Majorité Présidentielle estime, si il faut se limiter à la lettre de l’Accord, qu’un consensus devra également être trouvé sur le candidat à proposer pour le remplacement au poste du Président du CNSA et que procéder autrement serait violer le principe de la gestion consensuelle des institutions pendant la période préélectorale et électorale pourtant convenu au Centre Interdiocésain.

In fine, lorsqu’on se sera rendu compte de l’authenticité ou pas du document, il faudra une fois de plus se rassurer qu’elle contient les trois noms. Concevoir les choses autrement, selon la Majorité Présidentielle, c’est vouloir transformer le pouvoir discrétionnaire de nomination du Président de la République en simple investiture du Premier ministre, en violation de l’article 78 de la Constitution.

L’implication du chef de l’Etat

Terminons avec le rôle que pourrait  jouer le président de la République, le garant de la Nation, celui qui doit avoir du Rassemblement la précieuse lettre-testament désignant ou proposant le nouveau Premier ministre, conformément à l’accord de la Saint-Sylvestre. Rien ne sert de revenir sur le doute qui persiste au sujet de cette lettre, lorsqu’on connait les méthodes en vogue au sein du parti cher au lider maximo. C’est là où les Romaines s’empoignèrent. Car, si le désordre continue au sein de cette famille politique, le chef de l’Etat volera au secours de la démocratie qui lui est chère.  En effet, selon lui, l’amélioration des conditions de vie des Congolais nécessite la présence dans le pays d’une opposition crédible et respectée.  Nul doute que le président de la République va tout faire pour sauver le navire de la démocratie que l’un des occupants tente de faire couler.

Il s’impliquera dans la mise en œuvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre parce qu’il sait que les Congolais en ont besoin.  Il en va ainsi du processus de nomination du Premier ministre chargé de former le Gouvernement ayant pour priorité l’organisation des élections.

La Majorité présidentielle, l’Opposition et la Société Civile sont appelés par la population à ne pas bloquer l’application de cet Accord par des manœuvres dilatoires et par des intransigeances irréalistes et d’aplanir sans délai les points de divergence quant à l’Arrangement particulier afin de parachever les négociations en cours.

(JMNK)

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