Le président Robert Mugabe n’a pas démissionné, mais il partira

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La stupéfaction était totale dimanche dernier après le discours du Président zimbabwéen, le Camarade Robert Mugabe, père de l’indépendance zimbabwéenne et héros de la lutte anticoloniale en Rhodésie du Sud contre les Anglais, dans le chef de ses adversaires locaux, des assoiffés du pouvoir et des Occidentaux qui n’ont jamais aimé le Camarade Bob.

La situation zimbabwéenne est très complexe. L’indépendance du Zimbabwe est le fruit d’une longue et féroce lutte d’indépendance contre les redoutables colonisateurs anglais qui voulaient coûte que coûte faire du Zimbabwe, leur colonie de peuplement. Cette guerre d’indépendance a été menée par des mouvements de libération dont le ZANU-PF qui avait fini par coiffer les autres à l’arrivée. Le Zimbabwe n’a pas obtenu son indépendance sur le plateau d’or comme cadeau lui offert par les colonisateurs comme dans le cas de l’ex-Congo Belge, notre pays. Soit.

Au Zimbabwe, l’organisation du pouvoir est encore de type marxiste, révolutionnaire. Le Président du ZANU-PC est de droit Président du pays. Il commande l’armée, contrôle la police et les services de sécurité. C’est lui qui convoque les sessions du Parlement. Ce n’est pas la démocratie à l’occidentale. Ainsi deux faits majeurs nous aident à comprendre la position des forces de sécurité zimbabwéenne de ne pas humilier le Président Mugabe.

Un. Tout le monde actuellement au pouvoir fait partie du système ZANU-PF. Le torpiller c’est scier la branche sur laquelle les prétendants successeurs du Camarade Mugabe sont assis. Ils vont se faire hara-kiri et ouvrir la brèche à l’opposition qui leur demandera enfin des comptes. Raison pour laquelle les chefs de l’armée et de la police sont très prudents et conscients des risques à prendre. Tout le monde veut respecter la forme et les textes fondateurs du pays. Le Camarade Bob doit partir dans la dignité et le sera, sauf imprévu.

Deux. Cette révolution de palais n’a pas respecté la forme. L’irruption de l’armée zimbabwéenne sur la scène politique pour voler au secours du Vice-Président limogé et empêcher l’avènement de Grace Mugabe au pouvoir, elle l’a parachutée. Une session du ZANU-PF convoquée illégalement en l’absence du Président Mugabe ou par son Vice-président récemment démis de ses fonctions n’a pas qualité de déchoir le Camarade Bob.

Dans cet imbroglio politico-juridique, c’est le Président Mugabe qui détient la clé de toute sortie de crise. Faut-il se rappeler que, dans leurs premières déclarations, les militaires zimbabwéens s’étaient opposés à l’idée d’un coup d’État. Jusqu’à présent, ils demeurent fidèles à leur logique. N’en déplaise aux zélés et autres revanchards. Donc, dans cette lutte de succession, le pouvoir doit être conservé par le ZANU-PF qui s’est donné pour mission d’écarter tous les ” intrus et leurs acolytes”. N’importe qui ne doit succéder au Président Mugabe. Il faut faire partie de la vieille garde qui a combattu  les colonisateurs anglais.

Dans l’équation zimbabwéenne, il faut également tenir compte de la place et du rôle de l’Afrique du Sud, un puissant voisin. Les maquisards zimbabwéens et sud-africains ont lutté ensemble. A l’accession du Zimbabwe à l’indépendance, le Président Mugabe a beaucoup aidé l’ANC actuellement au pouvoir à Pretoria. Cela ne s’oublie pas facilement. D’où le coup de poing du Président sud-africain, le Camarade Jacob Zuma, à l’annonce de la situation survenue au Zimbabwe. L’Afrique du Sud a été contre tout changement “inconstitutionnel”. Elle a même dépêché immédiatement deux de ses ministres à Harare. C’est tout dire.

Le Président Mugabe va partir et doit partir dans la dignité. Tous les Chefs d’État africains tiennent à cela. Même le Président ivoirien, Monsieur Alassane Ouattara. Dans trois semaines, le Camarade Mugabe s’en ira du pouvoir. Tout le monde est d’accord, y compris les forces armées et son successeur potentiel, son ancien Vice-Président qui venait d’être limogé. Le pouvoir obtenu au prix du sang ne pourra que revenir pour le moment au ZANU-PF. Il ne faut pas rêver.

(Crispin KABASELE TSHIMANGA, Président National de l’UDS et Coordonnateur National du GPI)

 

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