Le préfet Masapula parlant du phénomène « bulletins abandonnés »

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«Les parents qui se confient aux faussaires détruisent leurs propres enfants »  

Parmi les maux qui minent l’école, figure le phénomène des  « bulletins abandonnés ». Chaque année scolaire en compte un lot et, cela entraîne un manque-à-gagner allant jusqu’à des montants troublants. L’Ir. agrégé en électrotechnique Ruffin Masapula (voir photo), est le préfet des études de l’institut technique professionnel, ITP Bosembo de N’Djili Q. VII. En quinze ans de parcours à la direction d’école, il prévient les parents qui se confient aux faussaires qu’en agissant de la sorte, ils détruisent leur propre progéniture.

-Vous venez de totaliser quinze (15) ans en tant que responsable scolaire. Partant de cette expérience, quel regard portez-vous sur le slogan « Education pour tous » ?

Avant tout, j’analyse ce que nous disons : l’éducation, c’est une action consistant à développer des facteurs qui sont de trois ordres : moral, intellectuel et physique. Ce sont des facteurs déterminants dans l’enseignement. Si vous appréhendez le tout, c’est alors que vous ferez du bon travail. Je remercie le Gouvernement de la République pour s’être approprié les Objectifs du Millénaire des Nations Unies pour le Développement, OMD, dont notamment celui de l’« Education Pour Tous ».L’adhésion de la RD Congo à cette vision était bien pensée et les fruits, tout naturellement, sont progressifs. Quand bien même la perfection ne serait pas de ce monde, j’estime quant à moi, que s’agissant de l’« Education Pour Tous », nous sommes sur le bon rail.

L’école fait face au phénomène « bulletins abandonnés ». Qu’en dites-vous et quelle voie de sortie préconisez-vous?

En ce qui concerne les bulletins abandonnés, je peux épingler cela en deux paramètres : il y a des parents qui ne sont pas responsables. Ils ont créé un réseau de faussaires spécialisés dans la vente de bulletins. Or avec notre système éducatif, ils sont en train de détruire eux-mêmes leurs enfants. Ceux-ci ne seront pas aptes, et donc nuisibles à la société. L’autre paramètre, c’est la déperdition. Cela tire aussi son origine des parents. Au début du mois de septembre, en effet,  le parent achète les uniformes et d’autres fournitures à l’instar d’autres parents. Dès que nous atteignons le mois de décembre, l’enfant reste à la maison. Cela est un constat très amer que j’ai fait, voilà quinze ans que j’exerce comme responsable scolaire. Les bulletins abandonnés sont un grand manque-à-gagner pour l’école. Nous atteignons jusqu’à dix millions de francs congolais en termes de manque à gagner. Il est pressant que l’Etat combatte les réseaux maffieux de vente de bulletins. Il faut que chaque école achète les bulletins à la Division urbaine, dès la fin de l’année scolaire. Cela pourrait aider au contrôle du nombre d’élèves qui passent de classes, des effectifs et des mouvements d’élèves. Ce sera possible de débusquer des bulletins parallèles.

Est-ce que le niveau des élèves justifie d’un système éducatif dynamique au Congo ?

Le système éducatif au Congo change d’une année à l’autre. Il est souhaitable qu’on atterrisse sur un système qui serait solide, pour consolider la prise en charge de nos enfants, partant du primaire jusqu’au secondaire général. La grande difficulté c’est quoi ? En effet, les enfants qui viennent du primaire ont beaucoup de lacunes. Et nous qui sommes au secondaire, nous devons nous charger d’aider pareil enfant à remonter son niveau, la base n’étant pas solide. Le changement permanent de documentation rend le système éducatif instable.

Quel témoignage pouvez-vous rendre du cours d’informatique dont la généralisation a été décrétée en 2004 ?

Des efforts fournis montrent qu’à ce jour, un pas important a été franchi. Un programme mis en place, des élèves prennent les choses à bras-le-corps et se débrouillent tant mieux que mal.  En somme, les avancées enregistrées donnent bonne impression. D’ici à cinq ans, je pressens que si nous gardons la constance dans la dispensation de ce cours, le niveau de nos élèves pourrait s’améliorer sensiblement, avec notamment la connaissance des programmes dont Word, Excell …

L’école a dû surmonter des difficultés pour aboutir au résultat maximum ?

La grande difficulté c’est que les parents n’honorent guère leurs charges. Ils défilent au bureau de l’école pour signer des décharges, comme quoi ils s’acquitteraient de leurs dettes. Dans les3/4 des écoles, ceci est un cas avéré, des parents d’élèves finalistes sont partis avec beaucoup d’argent non honoré. Le comble c’est que nous ne sommes pas, malheureusement, une instance policière pour mettre en place, à cet effet, quelque mécanisme de recouvrement forcé. Pour l’heure, nous comptons sur la bonne foi des parents. Au cas contraire, ce serait de l’argent volatilisé. Nous pourrions aussi compter sur les diplômes, au cas où le gouvernement les apprêterait à temps.

La méthode de recouvrement forcé des frais scolaires qui consiste à retourner les élèves à la maison demeure-t-elle la seule efficace ?   

C’est un mauvais système. Chez nous, nous avons déjà aménagé le terrain avec les parents, pour le début de l’année. Du 2 juillet au 31 août, nous nous sommes convenus avec le comité des parents que ces derniers viennent payer les acomptes. Avec le seuil demandé, un parent qui s’acquitte, garantit le premier trimestre de son enfant. Exclure les enfants, cela n’est pas un bon système du tout. Il faut toujours être en contact avec les parents, organiser beaucoup de réunions.

(Payne)

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