Le péché de Nangaa

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Le président de la CENI, Commission électorale nationale indépendante de la Rd Congo, est dans tous les viseurs des dieux et des démons ces derniers temps. Corneille Nangaa essuie  de toutes parts quolibets et camouflets, mais certainement aussi ovations et félicitations. Cela, pour avoir ‘’poussé le bouchon trop loin’’, affirment les uns, ou pour être réaliste, selon les autres, parce que le péché de Nangaa est d’avoir dit ce que d’aucuns redoutaient entendre : ‘’il n’y aura pas d’élections en 2017’’.

La goutte d’eau qui a débordé le vase, c’est la sortie médiatique du successeur d’Apollinaire Malumalu à l’étranger, sur un média français, après son tweet plus de six heures plutôt : « Suivez-moi ce soir sur TV5 comme invité du journal ». Sur le plateau, la partie semblait jouée d’avance. La présentatrice s’est affichée anti Nangaa, ne lui laissant surtout pas quelques temps dans le timing pour expliciter son argumentaire. Comme si cela ne suffisait pas, sans penser à l’équilibre, c’est un autre Tweet signé l’opposant Félix Antoine Tshisekedi qui sera affiché, défiant l’invité qui lui, n’est pas politicien, encore moins membre de la Majorité présidentielle.

Si cette ‘’folie de Nangaa’’  lui a valu tous les noms d’oiseaux sur la toile, il reste pourtant bien vrai qu’à l’impossible, nul n’est tenu. Personne ne proposant actuellement une panacée devant des faits têtus. Ce raté était, depuis bien longtemps, prévisible. En effet, cet organe d’appui à la démocratie, si indépendante soit-elle, dépend en réalité des institutions de la République. Ce n’est pas la CENI qui finance le processus ; ce n’est pas à la CENI de sécuriser les Congolais ; il ne revient pas à la CENI de voter ou encore de promulguer la loi électorale et même celle en rapport avec la répartition des sièges. Il y a dans ce pays le Gouvernement, le Parlement ainsi que le Président de la République pour le faire, chacun en ce qui le concerne.

Entre deux maux, l’on prend le moindre mal, dit-on. Que d’aller aux élections sans des millions d’électeurs du Kasaï, Kasaï central et Lomami, environ 10% de l’électorat, et consacrer de ce fait un nouvel  Etat dans un Etat, les conséquences ne manqueraient pas de remettre tout le processus en cause, pire qu’à la case départ.  Chacun mourra cependant pour un péché qu’il aura commis. Quant à Nangaa qui n’a dit que ce qu’il subit, peu importe !

Emmanuel Badibanga

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