Le pasteur Germain Mudimbiyi tire la sonnette d’alarme :

par -
0 926
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

« Le gouvernement et les leaders d’opinion doivent gérer l’après-diamant »

La RD Congo a vocation, non seulement minière, mais aussi agricole. Depuis quelque temps, en effet, la « fin de l’ère diamant » donne lieu à un exode massif de populations notamment vers la capitale, le pasteur et analyste Germain Mudimbiyi invite les décideurs à « regarder dans la bonne direction », pour que l’après-diamant permette, outre-mesure, la mise en branle de la vocation agricole de la RD Congo. Et cela, dans le souci de valoriser la jeunesse.

L’après-diamant et les déplacements internes des populations

L’après-diamant vaut la peine d’être abordé avec la responsabilité qui s’impose, au regard de l’exode massif des populations que cela occasionne vers notamment Kinshasa et Katanga, et ses implications sur la situation socioéconomique des villes d’accueil. Cette recommandation émane du pasteur Germain Mudimbiyi, analyste et responsable de l’Eglise « Jésus Muraille de feu », de la commune de Kalamu. « En RD Congo, les déplacements des populations n’est pas essentiellement le fait des conflits armés, comme cela est le cas notamment dans la partie est du pays. La chute vertigineuse du cours du diamant, de même que l’arrêt des machines à la Minière de Bakwanga  (MIBA) ont fait que de nombreuses familles quittent les zones minières pour chercher mieux ailleurs. Cette situation est à l’origine du phénomène « wewa », le taxi- moto qui n’avait pas existé à Kinshasa ».

La MIBA en mal de rééquipement… des creuseurs abandonnent les étendues d’exploitation artisanale

Le diamant a fait son temps, la MIBA aussi. La vie à Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï Oriental dépendait en majeure partie de « l’oxygène » qu’insufflait sur la ville l’exploitation industrielle du diamant. Les agents et cadre de cette industrie, dans leurs camps, avaient un train de vie qui influait sur le reste de la ville.                                                                                                               Maintes personnes physiques ayant palpé des sommes vertigineuses de la vente du diamant, sont prises au dépourvu par la baisse du cours. Beaucoup n’avaient pas prévu l’après –diamant, et s’endormaient sur leur laurier, en menant une existence au quotidien. Le diamant a enrichi des gens et, du jour au lendemain, beaucoup périclité, réduits à l’incertitude voire à l’errance. La pierre précieuse, certains l’ont ramassée, d’autres ont creusé, d’autres ont soutiré de la chaîne d’exploitation de la MIBA, d’autres aussi ont parcouru des distances navigables jusqu’à scruter des profondeurs. Tout cela, c’est la pierre précieuse. Des intermédiaires se sont activés en chaîne, entre les possesseurs et des preneurs. Ces derniers sont des acheteurs dont quelques-uns avaient des comptoirs d’achat du diamant aux abords les zones minières. Aujourd’hui, c’est la case-départ. Beaucoup ayant manqué de sagesse à l’apogée, ont aligné des courtisans et devenu des « bureaugames ». Les populations ont oublié que la pierre précieuse était l’émanation de Dieu et, sous le coup de la distraction collective et de la jouissance, se sont confiées aux charlatans. Ceux-ci ont poussé la manipulation plus loin, jusqu’à faire croire aux plus naïfs qu’ils avaient, eux, le pouvoir de donner et de retirer.                                                                                  A ce jour, la MIBA doit se rééquiper, pour sonder plus au fond. Le cas échéant, cela pose notamment la question d’un réinvestissement et le pari de la reconquête d’un marché intérieur en mal de compétitivité, et un marché mondial où la pierre précieuse est largement en perte de vitesse, en termes notamment de demande. Pendant ce temps, la question du développement du Grand Kasaï défie les élites autochtones, et se pose encore en termes des déclarations de bonnes intentions.

Gouverner c’est prévoir, pour faire face aux déplacements intérieurs

L’après-diamant éprouve la responsabilité de l’Etat, dans un contexte du  « pouvoir par et pour le peuple ». Il s’agit d’activer des mécanismes de gestion des populations, d’intégration des masses, de création d’emploi, de prévention sécuritaire. Toutes ces priorités se résument dans la planification de la vie nationale                                                                                                                                                          Pour l’heure, les déplacements massifs ont eu pour effet immédiat : la précarité de l’habitat, le débordement des marchés, le déferlement du secteur informel et celui des activités de survie. Cela fragilise la famille en tant que cellule de base de la nation, renforce la prépondérance des propriétaires de parcelles, des agents des services publics et des hommes d’églises dont notamment ceux qui offrent un cadre d’accueil.                                                                                                                                        L’après-diamant est davantage nostalgique dans la mesure où, les générations montantes ne trouveront pas d’infrastructures léguées par l’ère du diamant. A la place, des érosions dans leur énormité, emportant des maisons, détruisant des étendues cultivables.                                                                                     Dans les zones d’accueil, renchérit l’orateur, les leaders d’opinion ont mission de réconforter les déplacés, les armer moralement, en vue d’une intégration moins hasardeuse. C’est le cas des « wewa » (en tshiluba : toi), un modèle d’intégration réussie. Ces moto-transporteurs (un engin auquel bien des creuseurs étaient habitués depuis les zones minières), ont prouvé à la communauté nationale que quand l’Etat cherche partenaires pour accompagner ses efforts dans un secteur capital à l’instar de celui du transport en commun, des fils du pays pouvaient user de créativité et d’engagement. Des jeunes venus massivement des zones minières sont dans le transport de proximité. Aujourd’hui quatre ans plus tard, des détenteurs des capitaux s’y sont investis, et l’activité a cessé d’être l’apanage de jeunes « baluba ».

(Payne)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse