Le monde culturel en deuil à Kinshasa

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Les derniers hommages de Kiripi ce vendredi  à l’Eglise CBFC 

L’artiste photographe Kiripi Katembo Siku est décédé le 6 août dernier, à Kinshasa, des suites de malaria cérébrale. Le corps du défunt sera exposé ce vendredi 14 août, en l’église Cbfc sise avenue Lukusa n°32 commune de la Gombe.  Après une concertation, le programme funéraire de l’artiste se présente comme suit : 11 heures : levée du corps de la morgue de la clinque Ngaliema et à 15 heures : arrivée du corps à l’Église Cbfc, à l’adresse susindiquée. En ce lieu, il est prévu un culte d’action de grâce, des projections, des témoignages et concerts. L’inhumation interviendra le samedi 15 août à Kinshasa.

Pour la petite histoire, de son vivant, Kiripi Katembo a fait la fierté de l’industrie culturelle congolaise à travers le monde. Photographe de l’urbanité, il se nourrissait du chaos de Kinshasa, la ville aux 9 millions d’habitants, qu’il disait ne vouloir quitter pour rien au monde. Les Kinois étant réticents à se laisser mettre en boîte, l’artiste photographiait les flaques d’eau et les reflets humains et architecturaux qui en découlent. Puis il exposait ses photos à  l’envers, brouillant un peu plus les repères du regard.

Comme tout jeune artiste motivé, Kiripi laisse derrière lui plusieurs projets de haute facture. Le défunt avait aussi de la fougue en termes d’initiatives. Il concrétisait ses rêves. Le plus récent qui a capté le monde, c’est d’avoir osé mettre sur pied la première édition de la Biennale de Kinshasa en 2014. Il fait ses preuves lors de l’édition de la monographie « Transit-Rd Congo » à Africalia. La dernière en date,  il est encore présent dans ses œuvres à l’exposition à la Fondation Cartier à Paris.

Dans sa jeunesse, il a tant rêvé être pilote de ligne mais le destin a fait qu’il s’est tourné vers les arts visuels. Pour ce faire, il va fréquenter l’Académie des beaux-arts. D’abord attiré par la peinture, il se tourne vers la photographie et la vidéo à 27 ans. Kiripi Katembo s’est distingué dans sa carrière. Il faisait partie de la génération montante des photographes issus du continent. En parallèle de sa carrière photographique prometteuse, il n’a jamais abandonné le « cinéma » comme il disait, enchaînant les projets de films expérimentaux, documentaires, fictions… C’est sa série « Un regard », réalisée en 2009 qui va le propulser au-devant de la scène.

Il est lauréat de la Fondation Blachère, lors des « Rencontres de la photographie à Bamako ». C’était en 2011 et la série connaît ensuite un succès à rebondissements, une des images illustrant l’affiche du festival d’Avignon en 2013. C’est encore « Un Regard » qui est exposée en ce moment à la Fondation Cartier, dans le cadre de l’exposition « Beauté Congo », choisie par André Magnin, dont la galerie représente le travail de Kiripi Katembo. Comme quoi, les artistes ne sont jamais partis ;  à travers leurs œuvres, ils sont là au cœur des souvenirs.
(Saint Hervé M’Buy)

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