Le mariage précoce, première violence faite à l’adolescente

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Mme Joséphine Mufuk Mujing, communicatrice du PNSA/Ph. Tiers
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Les adolescentes et jeunes filles sont souvent victimes des pratiques traditionnelles néfastes en Rd Congo. Lesquelles sont des traditions, habitudes  coutumières et des pratiques culturelles qui ne valorisent pas l’être humain, et qui ont des répercussions nuisibles sur la santé des individus, surtout des conséquences sur la santé de la reproduction. Ce sont donc des formes de violences faites à l’adolescente (personnes appartenant au groupe d’âge de 10 à 19 ans), à la jeune fille ou à la femme, mais culturellement tolérées, indique le Programme national de santé de l’adolescent (PNSA).

Les pratiques traditionnelles néfastes engendrent des situations médicales calamiteuses, en défaveur des adolescentes. « Ces pratiques sont qualifiées de néfastes parce qu’elles sont nuisibles à la santé et ont des incidences sur la vie de l’adolescente et de la jeune fille », a confié à L’Avenir, la  communicatrice Joséphine Mufuk Mujing du PNSA.

Pour ce Programme, en effet, la première forme des pratiques traditionnelles néfastes, c’est le mariage précoce. Lequel se contracte au cours de l’adolescence (période de transition entre l’enfance et l’âge adulte) et sans la maturité totale de la jeune fille. D’après l’étude « EDS-Rdc », environ 18 % d’adolescentes congolaises qui sont mariées entre 15 et 19 ans.

Parmi les causes du mariage précoce en Rdc, l’on cite la pauvreté, les us et coutumes, la pression sociale (dot à demander par un autre parent), le faible niveau d’étude et d’instruction des parents… Le mariage précoce a donc des conséquences sur le plan de l’éducation et de la santé. Premièrement, les grossesses précoces, avec risque d’avoir des naissances trop rapprochées et trop nombreuses pouvant affecter la santé et l’épanouissement de la jeune mère.

Aussi la plupart des adolescentes souffrent-elles plus fréquemment tout en étant enceintes, et accouchent avec des complications qui entrainent parfois la mortalité maternelle et néonatale. Tout simplement, indique le PNSA, parce que la jeune fille mariée précocement est en croissance ininterrompue, et son bassin n’a pas encore atteint entièrement sa taille adulte.

Des bébés nés d’adolescentes sont également plus exposés aux risques de santé. Ils sont notamment plus nombreux à avoir un faible poids de naissance ou à naître prématurés et parfois mort-nés.

« La première pratique traditionnelle néfaste, c’est le mariage précoce. Parce que quand une adolescente contracte le mariage, toute la famille attend qu’elle donne des enfants. Alors que son corps et son bassin n’ont pas encore atteint la maturité. Elle aura des problèmes à l’accouchement. Soit c’est sa mort ou celle de son bébé, soit c’est la malformation du bébé. Il y a des conséquences nuisibles », a insisté Joséphine Mufuk Mujing.

Les causes des pratiques traditionnelles néfastes en Rdc

En dehors du mariage précoce, le PNSA répertorie encore d’autres pratiques traditionnelles néfastes en Rdc. Notamment le sororat, qui est le fait d’hériter de la sœur de la défunte comme épouse par le veuf, et le lévirat, le fait d’hériter de la veuve comme épouse par le frère du défunt.

L’on cite également le mariage forcé, mariage contracté et célébré indépendamment de la jeune fille, pour les intérêts des parents. Mais aussi et surtout les mutilations génitales féminines, qui sont des actes, gestes posés à la pratique, essentiellement sur la sphère génitale d’une adolescente ou d’une jeune fille.

Selon le PNSA, les causes des pratiques traditionnelles néfastes sont les us et coutumes ainsi que le conformisme. Il y a aussi l’influence négative des pairs et l’ignorance des conséquences. Quant aux facteurs favorisants, le PNSA cite l’intérêt égoïste de l’homme, la prostitution, la recherche du plaisir sexuel, le manque d’information, les rumeurs, la pauvreté (surtout pour le cas du mariage précoce et forcé), la peur d’avoir une mauvaise réputation vis-à-vis de la famille, etc.

Quant aux conséquences et solutions

Les pratiques traditionnelles néfastes comportent des conséquences physiques et médicales, parmi lesquelles, le VIH/Sida, l’hépatite B et les autres maladies transmissibles par le sang, la sécheresse vaginale, la dyspareunie, le taux élevé de mortalité infantile de la mère. L’on cite également des conséquences émotionnelles et relationnelles, telles que la culpabilité, la dépression, la frigidité, les conflits internes et même la tentative de suicide…

Pour lutter contre les pratiques traditionnelles néfastes, la communicatrice du PNSA conseille la promotion de bonnes pratiques en refusant, en renonçant, et en dénonçant ces antivaleurs. Elle préconise enfin la prévention et la prise en charge qui consiste à soigner les personnes infectées et à référer ou orienter les cas des complications.

« Face aux pratiques traditionnelles néfastes, les adolescentes et les jeunes filles doivent refuser et dénoncer toutes les pratiques dont elles sont victimes. Elles doivent également renoncer à ces pratiques, et informer les autorités administratives et judiciaires au cas où on leur impose ces pratiques traditionnelles néfastes qui incluent la mutilation génitale », a-t-elle insisté.

(Lepetit Baende)

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