Le directeur Louis Tshiendela du CS Royal1 témoigne : Le spectre d’une année blanche hante les parents et les démobilise

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Les manifestations populaires du 19 et 20 septembre dernier ont jeté le doute dans la sérénité des parents. Le spectre d’une année blanche les hante et les démobilise. L’école en tant qu’établissement non subventionné, paye le personnel grâce aux recettes provenant des partenaires parents. L’orateur, M. Louis Tshiendela est directeur du primaire du CS Royal 1. Il a échangé avec la presse sur la question, au moment où l’école a subi le contrecoup des événements fâcheux de septembre dernier. L’école établie sur la rue Baraka dans la commune de Kinshasa, fait partie du Groupe scolaire Tshiteku qui a célébré ses trois décennies en novembre 2014. C’était alors sous le parrainage de son promoteur Gilbert Tshipamba  Tshiteku, un pédagogue et analyste programmeur de formation.

A la question : Qu’est-ce que l’école a perdu en ayant passé une semaine entière d’inactivité ?

Toutes les leçons préparées pour la semaine ont été perdues. Au lieu d’avoir une leçon pendant cinq (5) ou six (6) jours, maintenant l’on doit réduire. L’enseignant serait tenté de condenser la matière et considérer cela comme vu.

Le spectre d’une année blanche hante et démobilise parents et élèves. Et, l’enseignant aussi, sur le plan psychologique, est démobilisé. C’est aussi un manque-à-gagner en termes des recettes pour l’école qui a perdu sur le plan financier.

Certains parents ne s’acquittent pas des frais scolaires. Ils sont partagés entre la spéculation et la peur, se disant que le bon déroulement de l’année scolaire en cours tiendrait à du vieux fil de raccommodage, toujours prêt à se rompre. Il est donc souhaitable que l’Etat entreprenne des actions susceptibles de mettre les parents en confiance.

Quelles stratégies votre établissement compte-t-il mettre en place pour récupérer ce temps perdu ?

La plupart des écoles ne fonctionnement pas le samedi ; pourtant la nôtre s’ouvre ce jour du week-end, jusqu’à midi. Au lendemain de la semaine d’inactivité, du 19 au 24 septembre dernier, la tutelle a  pris le taureau par les cornes, pour apporter une bouffée d’oxygène au calendrier scolaire. Un communiqué a été signé au début du mois,  en vue de rattraper le calendrier scolaire 2016-2017.  En effet, le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et Initiation à la Nouvelle citoyenneté, EPS-INC, Maker Mwangu Famba, pour avoir signé un communiqué officiel en date du 1er octobre courant. Réagissant à la semaine d’inactivité de l’école, du 19 au 24 septembre le communiqué de la tutelle donne les instructions suivantes : le congé de détente prévu du jeudi 3 au samedi 5 novembre 2016 est supprimé. La fin du 1er trimestre 2016-2017 intervient le samedi 24 décembre 2016. Les vacs du 1er trimestre iront du lundi 26 décembre 2016 au mercredi 04 janvier 2017 inclus. La rentrée des classes du 2ème trimestre : le jeudi 05 janvier2017

En votre qualité de responsable scolaire, pourriez-vous suggérer des dispositions pratiques pour que pareils incidents ne pénalisent pas l’école dans le futur ?

Les politiciens sont tous passés par l’école, surtout l’école primaire. Voilà pourquoi ils ne doivent pas mépriser l’école, ne serait-ce que par motif de conscience. Vaut mieux encadrer socialement les enseignants, et surtout ceux de l’école primaire. Car autant les parents tiennent à la sûreté de l’école avant d’y envoyer les enfants, autant les enseignants exigent l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles. Tout, en effet, est fonction de responsabilité pour les politiques.

Au regard de ce qui est advenu, et vu la place qu’occupe l’école pour le développement d’un pays, quel message adressez-vous : à la jeunesse, aux parents, aux décideurs, aux acteurs politiques, bref aux autres acteurs sociaux impliqués dans l’éducation de la jeunesse ?

Au regard de tout ce qui se passe, l’on dit que ventre affamé n’a point d’oreilles. Que les décideurs prennent à bras-le-corps les doléances relatives au minimum vital de ceux qui ont en main l’éducation nationale. Point n’est besoin de rappeler que les manifestations populaires du 19 et 20 septembre dernier ont jeté le doute dans la sérénité des parents. Le spectre d’une année blanche les hante et les démobilise. L’école en tant qu’établissement non subventionné, paie le personnel grâce aux recettes provenant des partenaires parents. Quand ces derniers se font insolvables, les répercussions touchent le social de l’enseignant. Et de surcroît, tous ceux qui gravitent autour du salaire de cet enseignant.     

(Payne)

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