Le DD Moke de l’ITP Bosembo démontre : « Le cumul empêche l’enseignant d’être performant »

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La pratique du cumul a gagné du terrain dans le système éducatif congolais. Maints enseignants s’y adonnent, estimant trouver quelque réponse à leurs problèmes existentiels. Des témoignages indiquent que cette pratique prend de l’ampleur, à mesure que les enseignants posent le problème de l’amélioration de leur situation socioprofessionnelle. En effet, M. Moke Mosantu Mbo Floribert (photo ci-contre) est le directeur de discipline (DD) de l’Institut technique professionnel, ITP Bosembo du quartier VII/ N’Djli. Il démontre, en s’appuyant sur son expérience de quelque dix-sept ans dans le secteur, que la pratique du cumul n’est pas la réponse aux problèmes existentiels de l’enseignant. « Le cumul empêche l’enseignant d’être performant », a-t-il indiqué dans son discours qui suit, sur les trois questions ayant figuré au centre de l’interview.

A votre avis, quelles sont les raisons qui poussent les enseignants à la pratique du cumul ? En votre qualité de responsable scolaire, pouvez-vous témoigner que cette pratique favorise un bon rendement de l’enseignant ? Pouvez-vous affirmer qu’à travers la pratique du cumul, l’enseignant trouve la réponse à ses problèmes existentiels ?

Quid d’une pratique hypothétique

La pratique du cumul par l’enseignant congolais résulte des difficultés sociales et économiques, suite notamment aux irrégularités et aux insuffisances des salaires. Les raisons qui poussent les enseignants à cette pratique reposent sur des difficultés de la vie courante : le loyer, les frais scolaires, soutien à la famille élargie…

Cette pratique ne favorise pas un bon rendement de l’enseignant. Le cumul empêchant celui-ci d’être performant et ne favorisant pas un bon rendement. Un enseignant qui cumule dans deux ou trois écoles, souvent il est fatigué mentalement, après avoir dispensé les cours à la première école. Là, il donne le meilleur de lui-même. Dans les deux autres écoles, les apprenants ne bénéficient guère de bonne qualité de l’enseignement. Pourquoi ? Parce que l’enseignant a déjà donné ses aptitudes, dissout tout son savoir, ses connaissances, toutes ses énergies ailleurs. Ces dernières écoles ne bénéficient pas de bonne qualité de l’enseignement. Ces enseignants qui pratiquent le cumul abandonnent souvent les élèves, en ce sens que le cahier de préparation, voire celui de cotes ne sont pas à jour.

Ce danger, c’est le stress, les maladies cardiovasculaires, la nervosité et d’autres maux. La pratique du cumul n’apporte pas de réponses aux problèmes existentiels. Bien au contraire, ces enseignants se plaignent à tout moment de leur santé et des problèmes qui demeurent sans solution.

Il est souhaitable que l’Etat congolais prenne toutes les dispositions pour allouer un bon salaire à l’enseignant, comme cela était le cas dans les décennies soixante, soixante-dix. En ces temps-là, en effet, les enseignants avaient droit, pendant les grandes vacances, à un billet d’avion aller-retour pour aller se reposer en province. Il y avait le libre-parcours, cela leur accordait l’avantage de se déplacer sans payer en bus. Dans le même ordre d’idée, la carte d’ayant-droit permettait à l’enseignant et sa petite famille d’accéder aux soins de santé.

En somme, être enseignant est un apostolat, celui-ci est appelé à donner le meilleur de lui-même (toutes ses connaissances à la disposition de la jeunesse congolaise). Cela est la condition pour que la génération présente, avenir de ce pays) puisse bénéficier du travail des anciens. Léguer cette connaissance aux jeunes gens qui ont la passion de transmettre aux autres ce qu’ils ont reçu. Le ministère de tutelle doit organiser des conférences, des journées portes ouvertes aux élèves. Cela dans le but de leur faire voir l’importance d’être enseignant, cet intellectuel qui transmet des valeurs morales, sociales, humanitaires, pour que demain soit différent d’aujourd’hui. Comme la politique de l’emploi des jeunes fait défaut en RDC, la jeune génération d’enseignants rejoint le secteur sans convictions ni ambitions. D’où, un danger guette l’évolution du secteur.

(Payne)

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