Le DD Djaffar bin Yunus relève un paradoxe : « Beaucoup d’enseignants qui s’adonnent au cumul ne mangent pas suffisamment »

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La pratique du cumul a gagné du terrain dans le système éducatif congolais. Le taux de partisans augmente, car ils souhaitent tirer leur épingle du jeu. Des témoignages indiquent que cette pratique gagne du terrain, à mesure que les enseignants revendiquent un minimum vital qui tienne compte de l’évolution du coût de la vie. En effet, Jackson Djaffar bin Yunus (photo ci-contre) est directeur de discipline, DD au collège du Réveil, sis quartier VII/N’Djili. Décortiquant la pratique du cumul, il déplore : « Beaucoup d’enseignants qui s’adonnent au cumul ne mangent pas suffisamment ». A la question : Depuis quelque temps, la pratique du cumul est évoquée, en parlant de l’enseignant congolais. Quelle explication donnez-vous à cette pratique ? L’orateur : Cette pratique consiste, pour un enseignant, à prester dans deux écoles. En effet, l’enseignant se démerde pour travailler dans deux écoles de deux vacations différentes, pour des motivations subjectives.

A votre avis, quelles sont les raisons qui poussent les enseignants à la pratique du cumul ?

L’enseignant cherche à arrondir l’enveloppe salariale, pour faire face aux charges familiales : la redevance de loyer mensuel et bien d’autres factures auxquelles l’enseignant doit faire face en tant que père de famille ; les charges familiales qui sont jusque-là méconnues dans le calcul de salaire, par l’employeur du secteur tant public que privé.

En votre qualité de responsable scolaire, pouvez-vous témoigner que cette pratique favorise un bon rendement de l’enseignant ?

Je pense que non. Dans la mesure où, l’enseignant fait les choses un peu machinalement, pour se faire de l’argent. Ce n’est pas par amour du travail bien fait. L’engagement de l’enseignant dans l’avant-midi consomme amplement son énergie. Avant aborder l’école de la seconde vacation, il ne mange rien de consistant à midi. Cela impacte négativement sur son rendement.

Quels sont les probables dangers à la santé de l’enseignant qui pratique le cumul ?

Il y a risque de maladies multiples, dont notamment la tuberculose. En effet, beaucoup d’enseignants qui cumulent ne mangent pas suffisamment. En plus, le contact permanent avec la craie est susceptible de déranger la santé visuelle. Il y a l’épuisement anticipé.

Pouvez-vous affirmer qu’à travers la pratique du cumul, l’enseignant trouve la réponse à ses problèmes existentiels ?

Lorsqu’on cumule, on peut réussir à satisfaire des besoins vitaux, dans la mesure des engagements que l’on a pris avec des partenaires bailleurs.

Quelles voies de sortie préconisez-vous ?

L’Etat doit prendre les choses en mains. Il faut allouer un salaire décent aux enseignants. En somme, si les établissements du secteur public proposent au personnel un barème salarial qui tienne compte du coût de la vie, cela va sans dire que l’Etat pourrait s’appuyer sur un tel acquis, pour contraindre les écoles du secteur privé à suivre l’exemple.

Autre chose à ajouter ?      

Pour tout dire, en effet, la pratique du cumul fait souffrir les enseignants. Ceux  qui s’y adonnent, s’illusionnent d’atteindre un seuil de satisfaction. Ils n’ont guère le temps de se détendre. Car ils ont constamment des leçons à préparer. S’ils continuent à ce rythme, pendant des années encore, cela serait catastrophique.

(Payne )

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