Le choix Katumbi: Les raisons de l’impasse

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Longtemps présenté, à tort ou à raison, comme favori des prochaines consultations électorales en Rdc, Moise Katumbi est définitivement, sauf rebondissement de dernière minute,  non partant. Beaucoup trop d’obstacles se campent sur son chemin pour espérer les résoudre en 24 heures. Son entrée forcée par la Zambie,  une de ses ultimes stratégies, ayant avorté, au grand dam des pays où il loge ses véritables intérêts, la déception submerge ceux qui ont parié sur lui. Voici le récit  du démantèlement  de ce qui aurait été un grand holdup politique.

Voici de longs mois qu’il est demandé à M. Moïse Katumbi, alias Soriano d’Agnano, de revenir au pays afin de se présenter à la Justice conformément à la promesse qu’il avait faite lors de sa sortie du pays sur autorisation du Procureur Général de la République, pour raison de santé.

Se croyant malin, l’ancien gouverneur du Katanga s’est arrangé pour résider en Europe pendant des longs mois dans le but de faire le tour des grandes capitales occidentales qui devaient, dans son secret espoir, l’imposer à la Magistrature suprême de notre pays, au travers de la formule concoctée par ses conseillers et pompeusement intitulée « Transition sans Kabila ».

Face à l’échec de cette stratégie, surpris par le fait que Kinshasa reste déterminée à respecter la Constitution et l’Accord de la Saint Sylvestre et, notamment, à organiser les élections dans le respect du calendrier publié par l’organe habilité, la CENI ; mais surtout constatant que la fin de la période de dépôt des candidatures s’approche inéluctablement, le président du Tout Puissant Mazembe a voulu, dans la précipitation, créer l’évènement. Ceci, toujours pour revenir à son fameux schéma de la «Transition sans Kabila ».

Pour atteindre son but, le stratagème mise en place apparaît assez naïve pour une personnalité qui vise la plus haute fonction de l’Etat. S’approcher le plus possible de Lubumbashi, tenter une entrée forcée afin d’amener ses partisans à organiser une insurrection dans la ville. Il aurait ainsi pris en otage une partie du pays et commencer à y imposer sa loi en contraignant le Gouvernement à accepter de force sa candidature, bien que se sachant inéligible en raison principalement de sa nationalité étrangère et de ses déboires judiciaires.

Le scénario de la demande de survol du territoire congolais et de l’atterrissage à Lubumbashi n’était qu’un bluff mal ficelé. La fameuse lettre de demande n’a d’ailleurs apparu que dans des réseaux sociaux, sans le moindre signe ni trace, démontrant qu’elle ait été reçue par les autorités congolaises compétentes.

Et quand bien même elle l’aurait été, n’est-il pas évident qu’une demande de cet ordre n’a pas à être faite par le passager, mais plutôt par la compagnie aérienne responsable du vol ?

De surcroit, le fait même de se présenter à la sortie du territoire zambien, allant vers la RDC, muni d’aucune pièce d’identité valable de notre pays constitue un indice suffisant de l’insoumission du spéculateur de Lubumbashi aux lois de la République. C’est dire qu’il n’entendait pas, de ce fait, franchir la frontière dans les conditions normales.

En outre, le travail de propagande initié par le tribaliste et sanguinaire Gabriel  Kyungu Wa Kumwanza pour mobiliser les supporters de TP Mazembe et les amener, à pied si nécessaire, à Kasumbalesa, ne visait que ce but de forcer l’entrée de Soriano à Lubumbashi. Ceci ne vient que confirmer notre thèse, à savoir que l’Italien ne voulait en réalité entrer dans la capitale cuprifère que pour y déclencher des passions, créer des troubles et ainsi s’imposer par la force.

La stratégie consistant à faire croire au public congolais et étranger qu’il venait faire face à la justice n’est que pure mensonge. Pour répondre à la convocation de la justice, il n’est nul besoin de chercher des voies détournées. Il suffisait seulement de se présenter à l’ambassade et d’y entamer les démarches nécessaires.

La République Démocratique du Congo attend que M. Moïse Katumbi, alias D’Agnano Soriano, respecte l’engagement qu’il a pris avant de sortir du pays. C’est-à-dire qu’il devrait rentrer par des voies normales pour se tenir à la disposition de la Justice congolaise.

Par ailleurs, maintenant qu’il est connu que cet homme avait renoncé à la nationalité congolaise en faveur de celle italienne de son père, il ne peut pas ignorer la procédure que prévoient les lois congolaises pour recouvrer la nationalité du pays.

Tous les bruits et, notamment le buzz constatés dans des réseaux sociaux le weekend dernier, procédaient d’une mise en scène qui a lamentablement échoué. C’est donc avec raison que certains commentateurs ont contesté la sincérité de la démarche de Katumbi. Rappelons le tweet de Sonia Rolley de la RFI : « Monsieur Moïse Katumbi n’a aucune envie de rentrer au pays, il veut juste faire du buzz sur les réseaux sociaux. Il faut qu’il arrête de faire son cinéma».

Permettez-moi donc de m’étonner que la CENCO soit tombée dans le piège du fugitif en suggérant au Gouvernement de la République de faciliter le retour d’un homme qui ne venait que pour compromettre les élections et ainsi, occasionner des troubles.

Une fois de plus, la Rdc vient d’échapper à une mise à feu et à sang préparée par un traître agissant sous le masque d’un Congolais. Ceci nous pousse à davantage de vigilance à l’endroit de ceux qui ne détiennent notre nationalité que pour des profits, mais dont les véritables intérêts sont logés à l’étranger. La compétition électorale du 23 décembre 2018 est un acte de souveraineté ; elle mettra en compétition des Congolais respectueux des lois de leur pays.

(KM-JK/CP)

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