Le 12 octobre 1989 – 12 octobre 2018: Il y a 29 ans depuis que Luambo Makiadi avait quitté le monde

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Il y a 29 années aujourd’hui depuis que le Grand Maître Franco Luambo a quitté le monde. Les artistes-musiciens ne meurent pas. On ne les pleure pas. On les immortalise par la chanson, par la danse. Luambo Makiadi, le Muhammad Ali de la musique congolaise est décédé depuis le 12 octobre 1989 à Namur en Belgique des suites d’une longue et pénible maladie. Beaucoup de choses, on le sait, ont été dites autour de son décès. Artiste-musicien-interprète de talent, doué d’un génie créateur inimitable, avec Luambo Makiadi a disparu le Grand Maitre, le porte-étendard de la musique congolaise contemporaine.

Historique

Ya Fuala, Franco de Mi Amor, Oncle Yorgho, Grand Maître. Voilà autant de pseudonymes glorieux de cet homme qui a traîné sa barque à bon port pendant près de quatre décennies. Des centaines de 39 centimètres, des centaines de chansons ont été conçues et interprétées par cet éminent artiste. Tout au long de sa carrière, Franco avait pris la ferme option de peindre ses concitoyens, son environnement sans masque, sans honte. C’est d’ailleurs cela qui a fait, depuis 1956, la force de ce grand Monsieur de la musique congolaise qui créa le Tout Puissant OK Jazz à l’âge de 17 ans.

Guitariste de talent, de son vrai nom François L’Okanga Lwa Duo Pêne Luambo Makiadi est né le 6 juillet 1935 à Sona-Bata, district de la Lukaya, dans la province du Kongo-Central. Son père, papa Emongo Joseph Luambo était de la tribu Tetela du Sankuru et sa mère, maman Mbonga Makiese était une véritable “Ne kongo” du Kongo-central. Luambo était un grand auteur-compositeur dont le thème de prédilection était la femme, le travail. Sans reculer devant la vérité, il avait, dans un style populaire à la limite de la vulgarité, réussi à mettre sur scène ses compatriotes dans leurs défauts et aussi dans leurs qualités. Il était à la fois le grand ami des femmes et des hommes qu’il taquinait puis amadouait…

Le Grand Maitre enregistre son premier disque “Bolingo na ngai Béatrice” vers les années 50 avec le concours de l’orchestre Loningisa. Quelques temps plus tard, lorsque Henry Bowane quitte Kinshasa pour aller s’installer à Luanda, en Angola, se retrouva seul maître à bord. Heureusement l’apport considérable de quelques musiciens du Congo-Brazza, nous citons Pandhy Saturnin (batteur), Loubelo Daniel De la î (guitariste) et Essous Jean Serge (saxophoniste), viendra sauver la barque du naufrage. Ainsi les composants du groupe se décident en de commun accord de trouver un lieu sûr de répétitions et de concerts. Leur choix sera porté sur OK Bar, situé à l’époque sur rue Tshuapa dans la commune de Kinshasa, une propriété de monsieur Oscar Kashama.

Ce dernier encouragea ces jeunes gens en mettant à leur disposition ce dont ils avaient besoin. C’est ainsi que sous les auspices de François Luambo, Landi Rossignol, Liberlin Lièvre, Pandhy Saturnin, Essous Jean-Serge et Loubelo De la Lune naquit le mercredi 6 juin 1956 OK jazz qui, en ses débuts, signifiait «Orchestre Kashama Jazz” avec Essous Jean Serge  comme premier chef d’orchestre.

Les bonnes choses ne durent pas. Au courant de l’année 1957, l’orchestre connaîtra les premiers départs de ses musiciens. Lando Rossignol et Essous Jean-Serge le quittaient pour aller former leur groupe à eux baptisé “Rock-a-Mambo. Et deux Congolais de Brazzaville marquèrent en même temps leur entrée au sein de l’Ok Jazz. Il s’agit de N’Kouka Célestin et Edo N’Ganga. Leur présence redonna du tonus à l’orchestre Kashama Jazz qui enregistra ses premiers succès: ” Aimé Wa bolingo”, “Joséphine”, Motema na ngai epai ya mama”…

En 1958, d’abord pour avoir roulé sur un vespa sans permis de conduire, ensuite pour une affaire de cœur, Luambo Franco séjourna à deux reprises sous les verrous. Son absence, comme on pouvait s’y attendre,  donna l’occasion à Célestin N’Kouka et Edo N’ganga de rentrer chez eux à Brazzaville. Là, avec Nino Malapet et Jean-Serge Essous, ils montèrent l’orchestre “Bantous de la capitale”.

Recouvrant par après sa liberté, Luambo Makiadi Franco avec son chef-d ‘orchestre Vicky Longomba qui lui était resté fidèle, procéderont au recrutement d’autres musiciens pour renforcer le groupe. C’est ainsi que Mulumba Joseph dit Mujos, le guitariste soliste Bombolo León, Bolhen pour les intimes, le bassiste Tchamala Piccolo et l’accompagnateur Lutumba Simon dit Simaro ont fait leur entrée au sein de l’orchestre OK Jazz.

En 1960, un groupe de jeunes filles, attiré par la guitare de Franco, ne pouvait se passer d’aller danser au concert de l’Ok Jazz. L’affluence étonnante de ces filles aux concerts agrémentés par Franco et son équipe suscita une passion dans les cœurs des mélomanes qui se dirent de bouche à oreille pour voir les jolies filles de Kinshasa, il faut aller aux concerts de Franco qui fut, pour la circonstance, baptisé ” De Mi Amor” par ses nombreux fans. Voilà, comme l’artiste ne meurt jamais, Luambo Makiadi Franco demeurera à jamais parmi nous. Que son âme repose en paix.

Kingunza Kikim Afri/Cp

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