L’alarme de Julien Paluku: Un danger guette Kinshasa

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La province du Nord-Kivu connait un moment de tumultes. Après tout, elle a toujours été le centre d’intérêt de plusieurs rebellions et groupes armés pour des raisons évidentes. Ses richesses à revendre et à distribuer, loin de lui garantir le bonheur, sont depuis belle lurette à la base du chapelet de malheur. Mais il y a de plus inquiétant : un cheveu dans la soupe, ou encore un grain de sable dans l’engrainage, surtout dans le feuilleton « je t’aime moi non plus » où Kinshasa et la Monusco se regardent en chiens de faïence, dans la traque contre les FDLR, dite opération ‘’Sukola 2’’.

D’ores et déjà, Lambert Mende, porte-parole du gouvernement central dit ne voir aucun inconvénient à laisser les éléments de la Monusco s’attaquer en solo aux FDLR. En tout cas, Kinshasa semble camper sur ses positions : pas question des FARDC et Casques bleus côte-à-côte dans cette opération. Alors, aura-t-on laissé sa case et ses enfants « aux bons soins de la sorcière » ?

La réponse ne semble pas en être une en faveur du gouvernement de la République. Et pour cause, en Ituri, dit-on, la population se sent très loin de Kinshasa. Alors, de qui est-elle ou sera-t-elle cette fois-ci plus proche ? L’adage selon lequel ‘’celui qui épouse ma mère devient ipso facto mon père’’, aura-t-il trouvé ici sa justification au regard de la sortie médiatique de Julien Paluku, une cartouche fatale d’y en a marre. Si la Troïka sécuritaire se tenait en lieu et place de l’hebdomadaire économique, voulait-il dire au Premier ministre Matata Ponyo, sa province n’aurait pas enregistré autant de morts, des fils et des filles lâchement assassinés par des groupes armés. Ainsi, en cette période préélectorale, une période de tous les enjeux et de tous les dangers, de quel côté situer Kinshasa face à cette déclaration massue de Julien Paluku ?

D’autre part, si l’on a trouvé des uniformes et autres effets militaires estampillés aux couleurs des FARDC entre les mains des casques bleus,… pourquoi ne pas deviner la suite de cette ouverture aux éléments de la Monusco ? Il n’est pas étonnant que celle-ci débouchât sur la balkanisation tant revendiquée par les uns, visiblement évitée par les autres, mais consacrée involontairement peut-être.

Pour mémoire, dans son communiqué de presse daté du 10 mai 2015, faisant suite à l’escalade de violences au Nord-Kivu, le gouverneur Julien Paluku a plaidé en faveur d’une réunion de la Troïka stratégique sur la sécurité.

De près, la situation sécuritaire à Rutshuru, Walikale, Sud Lubero et surtout à Béni ne fait que s’empirer. D’où la sonnette d’alarme. À Rutshuru et à Goma, il a été enregistré plus de 100 cas de kidnapping des femmes, jeunes, enfants et vieux dont la libération a été souvent obtenue par le paiement de rançons. Cette pratique s’est répandue sur l’ensemble de la province au point de faire des victimes et affecter ainsi l’économie de la province. Qui en sont les tireurs de ficelles ? Avec qui sont-ils de mèche ?

Le gouverneur, visiblement exaspéré, explique que plus de 300 personnes ont été sauvagement tuées par les rebelles de l’ADF dans le territoire de Beni après des opérations réussies menées par les Fardc depuis le mois de janvier 2014. Ces tueries à la machette, à la houe, à la hache et parfois à la kalachnikov ont causé la mort à plusieurs des vaillants soldats Fardc pour qui l’ensemble du peuple congolais garde et gardera une pensée pieuse pour d’inlassables engagements qui les ont conduits jusqu’au sacrifice suprême. Ces tueries ont même atteint les casques bleus de la MONUSCO déployés au sein de la Brigade d’intervention dont les derniers tombés sur le champ d’honneur sont les deux soldats tanzaniens, décédés dans la soirée du 5 mai 2015.

À côté de cette recrudescence de violence, plusieurs informations font état des incursions d’hommes armés sur le sol congolais et même de la création des nouveaux mouvements rebelles par les anciens membres du M23 qui errent librement dans les pays signataires de l’Accord Cadre du 24 février 2013 à Addis-Abeba. Au regard de cette nouvelle donne qui se développe particulièrement au Nord-Kivu, il est plus que temps, pour le Gouvernement Matata II, de se concentrer sur les aspects sécuritaires sans lesquels aucune projection économique pour le bonheur du peuple ne peut être envisagée, les élections encore moins.

Pour cela, il est utile que la Troïka de chaque lundi consacrée aux questions économiques du pays cède place à la Troïka sécuritaire qui réunirait autour du Chef du gouvernement, le Vice-Premier ministre en charge de la Sécurité et le ministre de la Défense. A ce sujet, le Gouvernement mettrait en place des mécanismes de mobilisation des moyens humains, matériels, intellectuels et financiers pour stopper le cycle de violence de la même manière qu’il a réussi à freiner l’inflation.

Si la question n’est pas prise au sérieux, il y a indiscutablement péril en la demeure.

(Emmanuel Badibanga)

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