La surpopulation carcérale: Défi à relever, insuffisance du système pénitentiaire

par -
0 516
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

L’humanité se trouve à la croisée des chemins entre d’une part le monde civilisé qui fait  face au criminel, avec la présence du terrorisme et la recrudescence du  banditisme de la rue. Devant l’incivisme populaire, l’autorité compétente recourt à la mise aux arrêts des sujets reconnus pénalement responsables. Ainsi donc, les lieux carcéraux deviennent de plus en plus surpeuplés par manque d’infrastructures adéquates.   

Dans le monde d’aujourd’hui, le comportement criminel du délinquant se développe de plus en plus, se diversifie et se spécialise en dépassant même de par  sa technicité et sa sagacité, les services de répression.

La recrudescence à tout le moins vertigineuse de la criminalité constatée ces dernières années, a  fait que la prison centrale de Makala ait atteint un pic de 8.250 pensionnaires contre une capacité d’accueil de 1500 détenus.

Cependant, le gros de ces pensionnaires, en dehors des détenus dont les infractions ont trait au banditisme de société à travers le phénomène communément appelé « Kuluna » du reste exponentiel et faisant sans cesse des vagues, est aussi composé de prévenus ou condamnés poursuivis pour des infractions bénignes, lesquelles  condamnations frisent la complaisance ou la légèreté dans le chef de certains magistrats instructeurs ou certains chefs d’offices pour satisfaire les caprices de certains plaignants animés par l’instinct de vouloir régler des comptes à leurs adversaires.

A la prison centrale de Makala, l’on avait eu à déplorer la présence des détenus dans les greffes, ainsi métamorphosés en auxiliaires de justice de fait, dans l’accomplissement de certaines tâches administratives incombant au seul personnel pénitentiaire selon la loi, et ce, sans compter avec toutes les conséquences néfastes pouvant aboutir à la falsification des dispositifs des jugements ou arrêts en faveur des détenus nantis moyennant la remise des espèces sonnantes et trébuchantes dans le but ultime de vite recouvrer la liberté par malice.

Les tâches consistant en la distribution de la nourriture aux pensionnaires ou en la prévention des évasions sont curieusement confiées aux détenus en lieu et place des fonctionnaires surveillants gagnés par le poids de l’âge.

En 2013, 2014, 2015, et même au début de l’année 2016 en cours, les enquêtes sur terrain ont été initiées par les fins limiers sur terrain dans les différents établissements pénitentiaires tant civils que militaires de Kinshasa, Kindu, Bukavu et de Goma.

Le dysfonctionnement du système judiciaire

Le constat relevé, peu reluisant partout, est assorti de plusieurs cas de dysfonctionnement liés soit au non-respect des textes légaux en la matière, principalement en raison de l’absence de la régularité des contrôles mensuels  des prisons et maisons d’arrêts par les officiers du ministère public, soit à la carence de surveillance médicale, soit aux mauvaises conditions carcérales lorsque les détenus sont entassés, suite à la surpopulation carcérale, à raison d’un demi mètre carré par prisonnier, sans accès aux blocs sanitaires durant la nuit, entrainant comme conséquences le risque de contagion des maladies eu égard à la promiscuité, à l’exiguïté et à l’absence d’oxygène.

Il a davantage été déploré au niveau de la prison centrale de Makala, l’absence de collaboration entre le Directeur de la prison et les officiers du ministère public, laquelle collaboration aurait eu pour fondement la transmission des attestations de remise des peines aux chefs d’offices en vue de leur permettre d’en contrôler l’exécution. Il en est de même de la légèreté également déplorée dans le chef des magistrats qui se permettent de placer les enfants mineurs en détention, même pour des infractions bénignes, sans oublier que pareille indélicatesse est susceptible de dérouter gravement ces enfants.

S’agissant de chaque cas déploré ayant trait à la problématique de la détention préventive tant par l’officier du ministère public que par le juge, à la marchandisation de la liberté des prévenus, à l’attitude du magistrat devant les infractions bénignes, à l’inobservance du principe de la présomption d’innocence  et à l’absence du contrôle des amigos, un éventail de pistes de solution est suggéré en guise de remède pour éradiquer ces cas de dysfonctionnement ou ces maux, dont le plus interpellateur était et demeure encore à ce jour la surpopulation carcérale et ses conséquences néfastes.

En effet, le camp de détention qui était construit depuis l’époque coloniale pour accueillir les détenus condamnés à de fortes peines pour les travaux des champs a justifié ses limites en raison de sa capacité réduite d’accueil.

A cette époque, le système pénitentiaire était plus basé sur le régime cellulaire, malheureusement à ce jour, il s’est révélé inadapté et très onéreux pour la République.

Nécessité d’organiser la formation

Dès lors, placé dans les conditions de l’oisiveté et de sédentarisation, le détenu constitue une lourde charge pécuniaire pour le gouvernement.

Ainsi, demeurant improductif, il ne contribue en rien au développement économique du pays, alors que si l’on rendait opérationnels les ateliers pénitentiaires mis à la disposition dudit établissement, notamment l’atelier de menuiserie pour la fabrication des cercueils, de couture pour la confection des vêtements, des fours à briques pour la fabrication des briques et autres matériaux entrants dans la construction des maisons et édifices, de l’imprimerie pour l’impression des documents, mais aussi s’ils étaient orientés vers les cultures maraichères ou la pépinière ( les légumes dans leurs variantes, à savoir : feuilles, fruits ou racines), autres cultures comme le maïs, etc., et vers l’élevage, ce coût serait moins ressenti par le gouvernement, ce que le fruit de ces ateliers le compenserait.

Dans cette même perspective, il y a lieu d’inclure également l’organisation des séances d’alphabétisation au profit des illettrés parmi les détenus.

Quid de la solution administrative 

En effet, en dehors de l’encellulement, il sied d’envisager dans la ville de Kinshasa et sous haute surveillance policière, des travaux extra muros pendant la journée en plein air, axés sur l’entretien des caniveaux, des routes communales, le désherbage des terrains envahis par les hautes herbes qui servent de refuge aux bandits recherchés

Pour ce faire, il y a lieu de catégoriser les détenus, selon qu’ils sont primaires ou récidivistes, ensuite de ne retenir que ceux condamnés définitivement et qui ont purgé le ¼ de leur peine pour ces travaux en vue d’éviter la contamination des bons prisonniers par les mauvais.

En dehors de Kinshasa,  c’est-à-dire, en province, au niveau des secteurs, territoires et districts, sous la haute surveillance de la police nationale, le travail en plein air sera exécuté par des détenus ayant purgé la moitié de leur peine pour entretenir des routes de dessertes agricoles aux fins de faciliter l’évacuation des denrées alimentaires vers les centres urbains.

Ce choix est motivé par le simple fait que la Ville province Kinshasa est victime d’un trop plein inutile de jeunes gens venant de l’intérieur à la recherche d’un emploi. Cet exode rural a eu pour conséquence l’abandon des villages, des plantations et des routes de dessertes agricoles qui faisaient jadis la fierté de nos provinces.

Pour les encourager, les détenus, en échange de leur travail sain et en plein ait, bénéficieront d’un système très promoteur de pécule du détenu et seront logés dans des prisons ou camps de détention les plus proches ou, à défaut, dans des bâtiments choisis par l’autorité politico administrative du lieu.

De la solution judiciaire pour combattre la surpopulation carcérale déplorée

Pour l’officier du ministère public et le juge, il y a lei de privilégier le paiement des amandes transactionnelles au lieu de se contenter des peines privatives de liberté ; condamner aux courtes peines de prison les détenus ayant fait preuve d’amendement dans les prisons et ceux dont la santé s’avère préoccupante ; privilégier aussi le sursis, qui consiste à laisser ces délinquants en liberté après avoir reconnu leur culpabilité et fixer la peine qu’ils méritent en décidant que cette peine ne leur sera pas exécutées  s’ils se conduisent bien durant un laps de temps déterminé.

Encourager la libération conditionnelle, une institution laissée à l’appréciation du Ministère de la Justice dont le fonctionnement es important dans la recherche d’alternative à l’emprisonnement ; l’amnistie, étant l’œuvre du parlement ; la grâce, étant l’œuvre du Président de la République.

Il s’observe malheureusement que le principe de droit selon lequel « La liberté est la règle, la détention l’exception », semble être manifestement inversé, en que la détention est devenue la règle, et la liberté l’exception, du fait de nombre d’entre les magistrats instructeurs des dossiers avec prévenus en détention, au niveau des parquets, tandis qu’au niveau des juridictions, le sort de très nombreux détenus laisse l’opinion dans la perplexité à cause de l’absence de célérité dans le chef de juges dans le prononcé des décisions, comme si en République Démocratique du Congo il n’existait pas de textes réglementant ce genre de situation.

Au regard de ce qui précède, il y a lieu de repenser la nouvelle politique pénitentiaire, pour prévenir toute éventualité imprévisible et déconcertante.

(Pius Romain Rolland )

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse