La Rdc proteste et rappelle la France à l’Ordre

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La déclaration du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, lundi sur les antennes de TV5, n’a pas plu aux autorités de la République démocratique du Congo. La France, pays amie à la Rdc, est passée outre les compétences et règles régissant cette fraternité. Depuis un certain temps, l’Hexagone s’illustre dans des déclarations sur la politique interne de la RD Congo, sous forme de menaces et vociférations à l’endroit des institutions de la République. Cette manière de voir les choses n’a pas enchanté la Rdc, qui a rappelé l’ambassadeur de France en Rdc pour explication et protestation. Car cette attitude voile à peine des relents néocolonialistes.

La République démocratique du Congo n’est pas un Département d’outre-mer, ni une ancienne colonie française, ne cessent de rappeler les autorités de la Rdc à leurs homologues françaises. L’ingérence de ces derniers dans les affaires politiques internes du Congo, appelle plusieurs interrogations quant au mobile réel poursuivi par ce pays, pourtant ami.

Depuis un certain temps, l’Hexagone par son président au lendemain des élections, sinon au XIVième Sommet de la Francophonie organisé à Kinshasa, avait affiché une attitude peu diplomatique à l’égard de son homologue. En plus, il a récidivé tout récemment à la Tribune des Nations Unies lorsqu’il dit avec arrogance qu’il ne transigerait pas sur la date des élections en République démocratique du Congo. Lui, qui pour les Congolais ? S’interroge le commun des mortels.

Pas plus tard que lundi de la  semaine en cours,  le ministre des Affaires étrangères de la France, Jean-Marc Ayrault sur TV5, s’est invité à donner des injonctions aux autorités congolaises, leur rappelant le respect de la Constitution. Laquelle est congolaise et non française !

Ne pouvant digérer cette arrogance et face à cet esprit condescendant de Paris, Kinshasa  a rappelé l’ambassadeur de la France Alain Remy à s’expliquer sur cette attitude et prise de position de la France par rapport à la politique interne de la Rdc.

C’est à travers le vice-ministre des Congolais de l’étranger, Antoine Boyamba qui assume l’intérim du ministre Raymond Tshibanda, que la Rdc a protesté contre les propos du ministre français des Affaires Etrangères.

Il faut dire, l’ambassadeur de la France qui s’est entretenu avec le vice-ministre des Congolais de l’étranger, n’a dit mot à la sortie de l’audience qui a pris une demi-heure de discussion.

Néanmoins, à en croire Antoine Boyamba, l’ambassadeur a pris acte de la position des autorités de la Rdc. « Nous avons invité l’ambassadeur de la France accrédité ici chez nous, pour lui faire part de nos préoccupations, exprimer notre mécontentement suite aux déclarations répétées de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères françaises concernant la situation en Rdc. Nous lui avons dit que nous sommes choqués, que ce pays qui a toujours été pays ami et qu’il est toujours de la Rdc, puisse mettre à la place publique les divergences de la Rdc. Ça nous a donné l’impression que la France était le relais d’une partie de la classe politique congolaise, de ce qu’on appelle l’opposition », a protesté le vice-ministre des Congolais de l’étranger.

Cependant, l’intérimaire de Raymond Tshibanda a indiqué que l’ambassadeur a pris acte tout en le rappelant contrairement à beaucoup de pays dans le continent africain, la Rdc n’a jamais eu de velléités de changement de sa Constitution. « Le procès d’intention qui nous est fait, jamais on n’a entendu une déclaration du Président de la République Joseph Kabila selon laquelle il poursuivrait un troisième mandat. Le texte ne lui permet pas à l’état actuel. Si le troisième mandat doit avoir lieu, donc il doit y avoir le changement de la Constitution ; il ne peut passer par Référendum ou par le Congrès. Il n’en est pas le cas pour l’instant, et je lui ai dit aussi qu’au moment où le peuple congolais est réuni dans un dialogue que beaucoup de pays en commençant par la France ont soutenu, nous ne trouvons pas correct pendant que nous sommes en train de dialoguer concernant le processus électoral, que la France à travers son ministère des affaires étrangères puisse s’adonner à ces genres de déclaration », a-t-il déploré.

Cependant, les autorités croient que les relations entre la France et la Rdc dépendent des autorités françaises puisque la Rdc est toujours respectueuse, fidèle dans ses amitiés et que la France a été la première à travers son président à la tribune des Nations Unies, qui ait affiché une partialité incroyable aux événements qui se sont déroulés le 19 et 20 septembre dernier. A cette occasion, pour rappel, les sièges des partis politiques tels le PPRD, le CNC, le PECO, l’ATD, RCD ont été incendiés et que les médias français ont passé sous-silence. Cette attitude partiale de la France inquiète et indigne les autorités du pays, en ce que la France se constitue le relais de l’opposition politique, alors que la lettre d’accréditation de son ambassadeur est destinée au Chef de l’Etat, garant des institutions et de leur bon fonctionnement.

Les déboires de la France en Afrique

Point n’est besoin de rappeler que la France n’a rien en commun avec la Rdc s’agissant de l’histoire coloniale. Partant, le pays de Lumumba ne figure guère parmi les territoires d’outre-mer de la France et les pays d’Afrique majoritairement liés à l’Hexagone par l’histoire coloniale. La Rdc a sa propre monnaie qui atteste sa souveraineté, son président élu, son parlement et les autres institutions de la République qui ne souffrent d’aucun dysfonctionnement. De ce point de vue, la France, gardienne des Droits de l’Homme, n’a qu’à respecter ces dispositions souveraines d’un Etat indépendant.

Cependant, en raison des relations amicales entre la France et la Rdc du fait qu’on partage la même langue, cela ne devrait pas servir de prétexte à l’Hexagone pour s’ingérer dans les affaires politiques internes d’un autre pays ami. C’est ici le lieu de rappeler que l’amitié ne signifie pas l’hégémonie. La France est amie aux Etats Unis, cela ne lui donne pas le droit de dicter sa ligne de conduite aux Américains, ni aux Congrès américain.

Par ailleurs, l’histoire récente nous renseigne que la France et le Rwanda n’ont pas de bonnes relations du fait de l’implication avérée de l’Hexagone  dans le génocide de 1994 qui a endeuillé plus des Rwandais loin de la France. Pourtant, c’est le pays de François Mitterrand   qui a  mené l’opération baptisée turquoise, dont les conséquences sont ancrées dans la mémoire collective de l’humanité.

Outre cette opération qui a échoué, son ex-président Nicolas Sarkozy, pour avoir emprunté de l’argent du chef de la Jamahiriya libyenne Mouammar Kadhafi, le Guide, pour sa campagne dont la gestion a fait perdre à la droite le pouvoir, a mené la guerre ouverte à la Libye prospère. Aujourd’hui, la Libye est semblable au rempart des chacals, alors que du temps de Mouammar Kadhafi, les étudiants se disputaient le parking de véhicules en organisant plusieurs marches de protestation dans ce sens. Entendu, que l’étudiant libyen était véhiculé. Qui d’entre les Africains n’a pas rêvé d’un jour étudier en Libye ? C’était le rêve de toute une jeunesse africain.

La France qui aime tant le social des africains peut-elle s’expliquer sur cette dérive de la perte de l’identité de la Libye ? Le schéma français est semblable à celui réédité en Côte d’Ivoire, dont le Président élu, Laurent Gbagbo se trouve à la CPI pour avoir refusé de céder le port d’Abidjan au Groupe Français Bolloré. Plus récemment, l’on s’interroge sur l’opération Sangaris en République centrafricaine où ses militaires sont accusés de viol sur mineures.

Somme toute, la France n’est pas un modèle  en Afrique. Son passé est amère et laisse un dégout de sa politique. Pour justifier le chômage en France, François Hollande veut donner de leçon du respect de la Constitution. La nôtre ! Pourtant, au Congo Brazzaville, la Constitution a été changée ; au Rwanda la même chose. Aucun mot n’avait été dit pour condamner les autorités des pays cités.

La moindre de chose, c’est se rabattre sur le procès d’intention contre un Président de la République qui assume son mandat constitutionnel, dans l’intention d’occulter l’incivisme à la population pour justifier son droit d’ingérence. Qui oublie que la guerre dans l’Est de la Rdc, planifiée, financée par les puissances occultes, a coûté des millions d’effort de guerre au gouvernement congolais pour pacifier ces territoires en proie aux violences dont l’occident est en grande partie responsable? Qui oublie que le génocide des congolais passé sous silence est la conséquence de l’hospitalité de l’ex-Zaïre dont la France avait sollicité de recevoir sur le sol zaïrois les génocidaires armés ? Lorsqu’un pays occidental, dont les velléités de la conquête néocolonialiste a échoué dans sa gestion, ses dirigeants cherchent à se dédouaner en Afrique pour justifier la  compassion d’un peuple attaché à son propre pays. Ceci dénote, quel que soit le service rendu à ce pays qui prêche l’égalité, la liberté et la fraternité, qu’il est loin d’être un modèle. Donc, aux Français leurs affaires internes; aux Congolais les leurs aussi.  

La France doit apprendre et intérioriser que la République démocratique du Congo n’est pas la République du Zaïre.

(Pius Romain Rolland )

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