« La position du Maroc sur le Sahara Occidental » au centre d’une conférence-débat à l’Université Libre de Kinshasa

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Le Centre de Recherche Interdisciplinaire, en sigle CRID de l’Université Libre de Kinshasa (ULK) a organisé hier mercredi 29 avril 2015 une conférence-débat dont le thème était centré sur « La position du Maroc à l’égard du Sahara Occidental ». Conférence-débat à laquelle ont assisté M. Médard Bompoko, président du Conseil d’Administration de l’ULK, des professeurs, des chefs de travaux, des assistants, des étudiants et naturellement des journalistes.

Tout d’abord, le recteur de l’ULK, M. Bola Ntotele a bien voulu souhaiter la bienvenue au conférencier qui n’est autre que l’ambassadeur du Royaume du Maroc en RDC, M. Mohamed Ben Kaddour accompagné d’une délégation de ses collaborateurs.

Avant qu’il ne prenne la parole, le professeur Philippe Biyoya, directeur du CRID a bien voulu l’introduire pour cerner le problème en vue de la meilleure compréhension du problème par l’auditoire.

L’ambassadeur du royaume chérifien en République démocratique du Congo a commencé son discours par remercier les autorités de l’Université Libre de Kinshasa pour lui avoir donné l’opportunité de parler du problème du Sahara Occidental aux jeunes étudiants de l’Université Libre de Kinshasa afin de leur donner une idée sur ce problème d’actualité.

Le diplomate marocain a scindé son exposé en deux parties. Dans la première partie, il a donné l’aspect historique du problème et dans la seconde, il a brossé l’évolution du problème dans les instances internationales.

Du point de vue strictement historique, dit-il, le Sahara Occidental est une partie intégrante du Maroc. Même à l’indépendance du Maroc en 1956, cela ne faisait l’ombre d’aucun doute d’autant plus qu’en 1975, un arrêt de la Cour Internationale de Justice a confirmé les liens historiques et juridiques du peuple de ce territoire avec les différentes dynasties marocaines. Pour le diplomate marocain, ce conflit est créé de toutes pièces par un pays voisin qui, à l’en croire, s’évertue à mener des manœuvres propagandistes, alors que des arguments politiques, juridiques et historiques plaident en faveur de la thèse marocaine qui est une cause juste. Il cite pour preuve l’Accord de Madrid de 1975 qui donna au Maroc le plein droit d’administrer le territoire.

Le Maroc se retire de l’OUA en 1984

L’ambassadeur du royaume chérifien est parmi les pays fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) en 1963. Il appartenait alors au Groupe dit de Casablanca où l’on retrouvait des africanistes convaincus comme Kwame Nkrumah, Sekou Touré, … dont l’idéologie reposait sur l’émancipation des peuples africains qui doivent se diriger eux-mêmes. Et par contre, il y avait par ailleurs le Groupe de Monrovia composé des conservateurs qui ne juraient que par des puissances occidentales impérialistes pour développer l’Afrique. C’était à l’époque de la guerre froide qui opposait le bloc de l’Est à celui de l’Ouest.

Le problème du Sahara Occidental a été soumis à l’Organisation de l’Unité Africaine. Mais, dira encore M. Mohamed Ben Kaddour, à cause de la propagande de certains membres de l’Organisation, la République arabe sarahoui fut admise comme membre à part entière de l’organisation, violant gravement ainsi la Charte de l’OUA. Ce, sous la bénédiction du Secrétaire général, le Togolais Edem Kodjo. En dépit du fait que le Maroc était de bonne foi parce qu’il proposait déjà en 1981 un référendum dont il accepterait les résultats qui en résulteraient.

C’est ce qui poussa le Maroc à quitter l’organisation en 1984. Néanmoins, il est resté jusqu’ici fidèle à ses engagements sur le plan de la coopération avec les pays africains. L’ambassadeur a confirmé que le Maroc a signé des accords de coopération avec plus d’une quarantaine de pays africains dont la République démocratique du Congo. Des accords dans plusieurs domaines : agriculture, pêche, industrie, transport, …

Le Plan de règlement de 1991

L’OUA ayant failli dans la résolution du problème du Sahara Occidental, le Secrétaire général de l’ONU Perez de Kuelar proposa ses bons offices. En 1991, il proposa un Plan de règlement auquel participa le Maroc. Ce Plan proposa l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Mais, il apparut des divergences fondamentales, certaines parties ayant trouvé que ce plan était inapplicable.

C’est alors que le Secrétaire général proposa en 2001 une autre option, celle d’aller par des négociations politiques. Il proposa un Projet d’accord-cadre, lequel fut refusé net par un pays voisin qui soutient logistiquement, financièrement le Polisario que l’ambassadeur qualifie comme un groupement politico-militaire à la solde de ce pays voisin qui a toujours milité pour la partition du territoire du Sahara.

Encore une initiative marocaine en 2007

Tout en argumentant sur les aspects historiques, juridiques prouvant que le territoire est marocain, le royaume chérifien ne cesse d’être animé de bonnes intentions. Par exemple son initiative du 11 avril 2007 qui proposa une autonomie du Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine, proposition pour laquelle des consultations tant internes qu’externes ont été menées pour recueillir des points de vue des uns et des autres.

« Le Sahara est et restera marocain jusqu’à la fin des temps »

Tout au long du discours de l’ambassadeur marocain, l’auditoire a senti que le problème du Sahara est une cause nationale que les Marocains ont défendu, défendent et défendront bec et ongles pour faire valoir leurs droits les plus légitimes. Pour les Marocains, c’est une cause juste et noble ; et nul ne pourra leur démontrer le contraire.

C’est pour cela qu’en conclusion de son exposé que l’auditoire a suivi avec une attention soutenue, il a dit avec force que « le Sahara est et restera marocain jusqu’à la fin des temps ».

Et sur le plan diplomatique, ajoute-t-il, cette République saharoui fantoche n’est reconnue que par une infime minorité des pays africains. Aucun pays de l’Europe ni de l’Amérique ou d’ailleurs ne la reconnaît.

Les similitudes du problème du Sahara avec celui de la RDC

Peu avant que l’ambassadeur marocain prenne la parole, le professeur Biyoya a dit que cette conférence-débat présente un intérêt pédagogique pour les étudiants. Ce, dans la mesure où la République démocratique du Congo est confrontée à un problème du genre quant à l’intégrité de son territoire national. On sait, dit-il, que le pays est guetté de longue date par la balkanisation concoctée par la communauté internationale, singulièrement les multinationales qui sont à la recherche continuelle des minerais. Elles continuent à peaufiner des stratégies pour la partition du pays afin d’en tirer des profits et non pour les intérêts du peuple.

Et l’opinion nationale s’étonne lorsque, eu égard aux positions du pays contre la balkanisation, la communauté internationale accuse la RDC d’être égoïste parce qu’elle ne veut pas partager la jouissance des richesses minérales avec le Rwanda.

Et le professeur Biyoya dira à l’auditoire qu’il y a lieu de préciser que le problème du Sahara Occidental n’est pas un conflit international mais plutôt un conflit des relations internationales. Il a terminé en indiquant que si le CRID a fait venir l’ambassadeur marocain en RDC pour parler de ce problème d’actualité, c’est afin que les étudiants (qui ont constitué la majorité de l’auditoire) connaissent l’Afrique et les problèmes qui le préoccupent à l’heure actuelle. Tout en précisant que c’est une conférence-débat scientifique et non politique.

L’Université Libre de Kinshasa est une institution d’enseignement supérieur, sous la houlette du président du Conseil d’administration Médard Bompoko, qui se préoccupe non seulement de l’enseignement théorique mais aussi de la recherche scientifique. C’est dans cet ordre d’idées qu’a été créé le CRID (Centre de recherche interdisciplinaire) que dirige des mains de maître le professeur Philippe Biyoya.

A l’issue de la conférence-débat, les étudiants et autres personnalités ont été suffisamment édifiés par ce diplomate marocain en République du Congo qui entretient avec le royaume chérifien des relations en tous domaines depuis de longues années.

(Denis Lubindi )   

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