LA PASSION CONGOLAISE DE J.KABILA FACE AU NEGATIONNISME DES POLITICIENS

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(Basée sur la Cogitation Conclusive du live intitulé «DES RUINES DU ZAIRE VERS LE CONGO EMERGENT»)

Le discours du Président Joseph Kabila devant les deux chambres du Parlement de la RDC réunies en congrès, le 19 Juin 2018, a suscité un torrent de réactions acrimonieuses de certains politiciens Congolais. Les plus stridentes de ces réactions émanaient des politiciens (voire des journalistes et intellectuels) négationnistes. Le Président Congolais a répondu au devoir démocratique de la redevabilité en fin mandat, en étalant les accomplissements de son régime avec une quantification éclairante. Et plus frappant, le désormais célébrissime artifice discursif «comprenez ma passion» au lieu de «comprenez mon émotion» du Marechal Mobutu au crépuscule de son régime, avait tant intrigué qu’électrisé l’audience. A l’antipode, ses détracteurs ont rétorqué que Joseph Kabila décrivait une situation fictive, inexistante. Pourtant la concrétude du progrès accompli en RDC, avec des déficits indéniables, est une donne reprise dans différents rapports de la Banque Mondiale, du FMI, de la BAD, du PNUD, voire de la CIA (CIA Factbook). Mais, les négationnistes sont absolutistes dans leur rejet des avancées présentées par le Président J. Kabila. Acrimonieux, ils ont soutenu dans les media que le discours de J. Kabila est, pour ainsi dire, mensonger, et qu’il n’a rien réalisé du tout. Dans leur entendement, J. Kabila est en «déphasage avec la réalité » et la RDC est pire que le Zaïre de Mobutu. Il s’agit ici d’un système discursif manichéen que les politiciens Congolais ont imposé à toute la société. Il est porteur des effets déformants sur la conscience collective. Comment allons-nous cheminer, comme peuple, vers la conquête de l’horizon de l’émergence si la société porte en elle un entendement fallacieux de son progrès, fut-il lent, oscillant et en deçà de la hauteur idéale? La consolidation de la démocratie impose que la société développe la capacité de la pensée critique autonome. Elle doit remettre en question la discursivité politicienne, afin de se construire un entendement véridique de sa trajectoire historique pour avancer vers sa destinée de grandeur.

Tout en reconnaissant la liberté d’expression des négationnistes absolus (…et incurables), Il me semble d’une impérieuse nécessité de proposer un décryptage illuminant sur ce phénomène de notre intellectualité politique. La négation-rejet in toto de l’élan de la reconstruction sous Joseph Kabila impose absolument une herméneutique du registre psycho-politique. Sur cette toile, ma thèse est que le Président Joseph Kabila est victime d’un négationnisme atrabilaire découlant de l’égotisme des politiciens Congolais. Dans cette optique, l’égotisme (de type ego-maniaque et narcissique) est un trait de la sous-éclosion ontologique de l’homo politicus Congolais.  Il convient d’explorer les principales dimensions de ce négationnisme égotiste pour mieux cerner son modus operandi, ainsi que ses périls pour la République.

NEGATIONNISME ET EGOTISME DES POLITICIENS CONGOLAIS: UNE PATHOLOGIE SOCIETALE

Cet aspect est inhérent à l’égotisme caractérisant le profil psycho-politique Congolais en général, mais surtout la pulsion egomaniaque dont souffrent les politiciens Congolais. Le Professeur Mayinzambi de l’UPN cerne l’égotisme dans un complexe syndrome des déficiences de développement de l’être Congolais, à côté des autres tares comme le cannibalisme, le sadisme, l’impressionnisme et l’insalubrité. Force est de souligner qu’Il est extrêmement difficile à un sujet narcissique-égotiste d’accepter que l’autre soit agent du bien. C’est une déficience psycho-politique génétique dont les Congolais souffrent depuis 1960. Il s’agit ici du péché originel de nos pères dont Lumumba fut la victime initiale. Ses contemporains répugnèrent l’ascension politique d’un mowuta de Stanleyville (Kisangani) à Léopoldville (Kinshasa) exprimant sa passion pour «Le Congo Terre d’Avenir». Ils l’immolèrent sur l’autel du pouvoir. Sur cette toile psycho-politique, accepter que Joseph Kabila, brandi comme étrange et étranger, ait contribué à la reconstruction du Congo même à une strate encore primaire, lui attribuerait un mérite auquel lui, Joseph Kabila, n’a pas droit. Un tel mérite  serait le monopole de ceux qui par pulsions nombrilistes empêchant une féconde altérité, veulent faire croire qu’eux seuls sont les détenteurs des solutions salvatrices de ce pays. Evidement cela est un mythe.

En RDC tout comme dans la Diaspora, il y a d’innombrables politiciens Congolais qui s’attribuent une vertu  messianique illusoire face à un Joseph Kabila dépeint complément en diablotin incarnant le mal en RDC. Ainsi, Joseph Kabila devient «le fond-noir-sombre-absolu» sur lequel des fallacieux messies politiques veulent créer l’illusion de leur blancheur sociopolitique immaculée. Dans cette sorte de prestidigitation manichéenne, eux sont les rédempteurs exclusifs du Congo dont ils détiendraient les formules secrètes de développement. Les autres portent le stéréotype des médiocres, incapables d’un fragment d’avancée. Fallacieuse posture. Très peu d’entre ces messies politiques autoproclamés articulent une vision cartésienne réaliste, et une projection systématique des possibilités de la transsubstantiation du Congo, en dehors de la discursivité atrabilaire. D’autres projettent le un développement affabulatoire du Congo sans logframe (cadre logique) intelligible et avec des chiffres fantasmagoriques. Dans la Diaspora en particulier, certains Congolais dépourvus d’une ratiocination même fragmentaire des dynamiques politiques concrètes, prétendent qu’eux détiennent la potion de druide pour guérir le Congo instantanément. Hallucination auto-messianiste.

L’aspect exploré ci-dessus est aussi lié à un stratagème inconscient d’auto-sanctification collective. Pendant 32 ans nous avions dansé et chanté pour Mobutu le roi du Zaïre, ruinant ainsi un pays qui en 1960 était plus industrialisé que le Nigeria (à l’époque un pays agraire). Aujourd’hui le Nigeria est la première puissance économique Africaine. Inconsciemment, nous éprouvons des difficultés à accepter que celui que nous brandissons comme un mowuta ait restauré tant soit peu le Congo que nous avions ruiné ; qu’il ait construit la fondation de la démocratisation que la CNS n’a su matérialiser; que son régime ait reformé l’économie que nous avions dévastée. La conscience collective semble éprouver une culpabilité inhérente à cette responsabilité ruineuse pendant trois décennies. Ainsi, instinctivement, on cherche un bouc émissaire à qui attribuer le mal, pour se sanctifier soi-même. C’est une réaction instinctive d’auto-déculpabilisation collective. Elle est enclenchée par un reflex inhérent à la  mentalité résiduelle traditionnelle de la «recherche du sorcier» gisant encore au fond de notre être.

ENTRE LE MASOCHISME INTELLECTUEL ET L’IMPUISSANCISATION COLLECTIVE

La propension au rejet total de tout ce qui est réalisé en RDC, la négation de tout fragment de progrès, est associée à la délectation de l’avilissement du Congo. Surtout dans la Diaspora, certains Congolais souscrivent avec une étonnante allégresse à toute interprétation mutilatrice de l’image de leur propre pays. On observe avec étonnement chez certains d’entre eux un bonheur surprenant dans l’acceptation sans critique et la répétition de tout discours affabulatoire sur la politique congolaise. Aussi, on cerne chez ces compatriotes une sorte d’extase lorsqu’ils se mettent à noircir le Congo dans un négationniste délirant. Ils rivalisent de créativité dans la fabrication des fables sur leur pays et les invectives sulfureuses à déverser sur le Chef de l’Etat Congolais. Dans cette optique, il est important de réaliser que les invectives monstrueuses et autres insanités déversées sur Joseph Kabila sur les réseaux sociaux étalent un état de traumatisme sociopolitique dont nous sommes inconscients. Sous cette lumière donc, le politicien egomaniaque et narcissique ne peut pas admettre que J. Kabila ait réalisé même un brin de bien, car une telle acceptation étiolerait le plaisir qu’il éprouve dans le masochisme intellectuel découlant de l’acte de viol discursif avilissant la RDC.

Sculpté et hissé sur l’escabeau de notre imagerie collective comme le bouc émissaire du mal Congolais, Joseph Kabila Kabange est devenu le quintessentiel-causal explicateur de tout événement en RDC. La caricature est d’une frivolité à vomir. Tout politicien qui meurt a été empoisonné par lui ; toute oscillation des prix des denrées alimentaires est causée par lui ; toute pluie érosive lui est attribuée et toute violence à l’Est est son forfait. Il est le nouveau «sorcier-envoûteur» du village. Mais affirmer que Joseph Kabila aurait ensorcelé tous les Congolais les ayant ainsi rendu incapables de se libérer de sa maléfique emprise (pour ainsi dire), n’est-ce pas là une confession de notre impotence (L’impuissancisation dont parle le Philosophe Kä Mana) auto-attribuée ? Dans la Diaspora en particulier, toute conversation qui ne porte pas une insulte vénéneuse sur Joseph Kabila est dénuée de ravissement psychologique. Toute polémique sur la politique congolaise qui n’attribue pas la causalité du drame ou de la tragédie au cœur de la discussion sur la personne de Joseph Kabila est dépourvue de saveur  intellectuelle. Ainsi donc, beaucoup de Congolais ne réfléchissent plus de manière transcendantale sur les solutions profondes et durables du développement. Nous avons fait du fils de Mzée Kabila l’épicentre tant de toute notre pensée politique aussi bien que de notre discursivité quotidienne. C’est un affaissement de notre Etre collectif. C’est un piège dans lequel la société s’est envasée elle-même. Malheureusement, même dans les cercles des universitaires Congolais, au pays comme dans la Diaspora, ce masochisme intellectuel est perceptible, malgré le sophisme qui le couvre souvent.

CONCLUSION : NOTRE DISCURSIVITE NEGATIONNISTE SUR J.KABILA ETALE LE FOND DE NOTRE ETRE ALTERÉ

Indubitablement, en tant que Président de la République Joseph Kabila porte une part de responsabilité indéniable dans l’incapacité de son régime à enclencher la reconstruction accélérée et expansive du Congo, à la hauteur de ses potentialités. Mais il est aléatoire d’asserter que ses seules limites expliqueraient totalement ce déficit. Force est de relever que l’opérationnalité sociopolitique de Joseph Kabila dans sa fonction de Chef de l’Etat a aussi été formatée par les tares systémiques Congolaises et plombée par la profondeur abyssale de la destruction du pays lorsqu’il le prend en charge en 2001. Les fourberies des politiciens tant de la majorité que de l’opposition, et une société civile assoiffée de pouvoir, dans des entourloupettes pour les négociations interminables et autres partages du pouvoir, ont aussi impacté négativement la gouvernance du pays. La vérité du modeste progrès de la RDC sur la piste du développement, avec des contradictions indubitables, ne saurait être totale si l’on n’intègre pas dans cette problématique la part de responsabilité des Congolais eux-mêmes.

Au fond, il s’agit de l’inaptitude de toute une société éprouvant de graves difficultés pour se régénérer, étant donné qu’elle porte en elle d’innombrables éléments régressifs – certains se sont transposés dans l’opposition d’où ils clament le monopole de la vertu salvatrice du Congo. Aussi, établir Joseph Kabila comme l’auteur exclusif de la dégradation nationale, et penser-parler le Congo en termes ignobles pour exprimer l’aversion développée contre ledit Joseph Kabila et son régime, est le produit d’une cognition déformée. Instinctivement et inconsciemment, nous avons fait de lui une plaque sur laquelle nous transposons nos propres déficiences, parce que nous ne voulons pas les apercevoir sur/en nous-mêmes.  Dans une large mesure, sur la toile psycho-politique, les invectives que nous déversons sur la personne du Président Joseph Kabila font de lui le miroir de notre propre ontos en distorsion et notre ethos en troncature. En déversant sur lui des paroles viles, nous étalons l’acidité de nos cœurs (c’est de l’abondance du Cœur que la bouche parle, disent les Saintes Ecritures). Notre personnalité collective fissurée se cerne donc dans nos propos sulfureux, voire les appels à la mort,  à l’égard de Joseph Kabila. Notre faiblesse spirituelle et intellectuelle comme nation y transparait avec limpidité.

Les observateurs internationaux qui entendent ce que nous disons de notre pays et lisent ce que nous écrivons sur notre nation, sont étonnés par l’étalement de «l’insignifiance de l’être congolais», pour paraphraser l’illustre théologien et philosophe Congolais Kä Mana. Notre discursivité négationniste auto-avilissant étonne même nos Frères Africains. Lorsque les négationnistes absolus vont partout dans le monde brandir l’omnipotence maléfique de Joseph Kabila, en niant les réformes fondamentales réalisées sous son régime et qui sont pourtant reconnues par les experts internationaux, ils sèment un doute énorme dans les esprits de leurs interlocuteurs sur leur propre perspicacité politique. Dans tous les milieux des décideurs internationaux, notre discursivité négationniste centrée sur Joseph Kabila comme le seul coupable des maux du Congo est devenue lassante. Nos jérémiades avec une sorte «d’obsession Kabilocide morbide» au lieu de l’articulation d’un brillant paradigme du développement du Congo pour propulser l’Afrique, est devenue exaspérante. Tant que nous sommes incapables de développer une discursivité de maturité, de reconnaitre nos fragments de progrès et notre responsabilité, et de déployer une écriture de positivité et d’espoir sur notre propre pays, il est extrêmement difficile aux autres de nous prendre au sérieux. Il leur est difficile de voire en nous des partenaires crédibles, pour une œuvre consciente de transformation de ce gigantesque pays – dont Henry Morton Stanley rêvait qu’il pouvait devenir les U.S.A de l’Afrique.

Hubert Kabasu Babu Katulondi (Libre-penseur et Ecrivain)

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