La Monusco une fois de plus frappée: 7 casques bleus dont 6 malawites et 1 tanzanien, tués par les ADF

Une fois de plus, la Monusco  et la Rd Congo ont été frappées par les terroristes de l’ADF. Et ce, tout juste après la visite de M. Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint des Nations-Unies chargé des opérations de maintien de la paix. Ironie du sort, c’est lui qui avait noté une baisse d’attaques de ces hors-la-loi. Ainsi, des Casques bleus ont été tués au cours des opérations conjointes menées par la Monusco et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) contre les Forces démocratiques alliées (ADF). Les rapports initiaux indiquent que dix autres Casques bleus ont été blessés et qu’un autre porté disparu. Plusieurs soldats des FARDC et un nombre indéterminé de combattants des ADF auraient également été tués ou blessés au cours des opérations.

L’ONU aurait-elle minimisé la menace que représentent les terroristes des ADF ? Cette question mérite d’être posée, aujourd’hui que la Rdc et la Monusco son partenaire, sont une fois de plus frappées par ces rebelles ougandais qui n’ont jamais attaqué leur pays d’origine, l’Ouganda. Sinon, une déclaration attribuable au Secrétaire général de l’ONU condamne l’assassinat de six Casques bleus malawites et un Casque bleu tanzanien de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), dans le territoire de Beni au Nord-Kivu.  Et de renchérir que les Casques bleus ont été tués au cours d’opérations conjointes menées par la MONUSCO et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) contre les Forces démocratiques alliées (ADF). Les rapports initiaux indiquent que dix autres Casques bleus ont été blessés et qu’un autre est porté disparu. Plusieurs soldats des FARDC et un nombre indéterminé de combattants des ADF auraient également été tués ou blessés au cours des opérations.

A cette occasion, le Secrétaire général exprime sa profonde sympathie et ses sincères condoléances aux familles des Casques bleus tués ainsi qu’aux gouvernements et au peuple de la République du Malawi et de la République-Unie de Tanzanie. Il souhaite un prompt rétablissement aux blessés et exprime son soutien résolu aux contingents malawite et tanzanien, qui continuent d’opérer dans un environnement exceptionnellement difficile pour protéger les populations locales contre les attaques des ADF et d’autres groupes armés. « Le Secrétaire général appelle tous les groupes armés à cesser leurs activités déstabilisatrices, qui continuent d’ajouter à la souffrance des populations et compliquent la réponse à l’épidémie d’Ebola. Il les appelle à désarmer immédiatement », indique la même déclaration signée à New York, le 15 novembre 2018 et qui ajoute que le Secrétaire général encourage les autorités congolaises à continuer à prendre les mesures nécessaires pour appréhender et traduire en justice les auteurs d’attaques contre les civils, les forces de sécurité nationales et les Casques bleus en RDC. Une demande quasiment impossible dans le contexte de la guerre asymétrique.

Pour une solution régionale

Lors du point de presse de fin de mission, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, répondant à une question de la presse, a indiqué, s’agissant du défi sécuritaire, qu’on a affaire à des groupes qui sont de nature différente. Mais, ils sont tous dans un environnement qui est complexe, un terrain difficile, difficile d’accès, difficile à contrôler, un terrain frontalier en plus, très proche d’autres pays de la région et des groupes dont pour la plupart en tout cas, une partie des membres sont à la fois dans la population et hors de la population. Ils la font souffrir parce qu’ils se livrent à tous ces actes de violences et en même temps, une grande partie, la plupart des membres de ces groupes sont immergés dans la population y compris les ADF. Parce qu’ils sont là depuis près de 30 ans dans le Nord-Kivu. Et donc, on parle pour l’essentiel, de seconde ou troisième génération d’ADF tout à fait immergée dans la population.

A partir de là, d’abord, pour être vraiment efficace, conseille-t-il, il faut un engagement régional, il faut un engagement des pays de la région tout entier pour défaire les groupes armés sinon les chances d’y aboutir sont beaucoup plus faibles. Il faut un engagement national, évidemment, comme je l’ai dit, nous travaillons étroitement avec les autorités congolaises. Il faut un engagement local notamment des communautés, comme l’a rappelé mon frère Tedros, parce que sans l’appui des communautés qui souffrent, qui sont les premières victimes de ces groupes, nous ne pouvons rien faire.

« Mais, évidemment, il faut aussi travailler sur notre outil, l’outil de la MONUSCO, nos stratégies, nos postures en faisant en sorte que ce travail soit fait très conjointement avec nos collègues du Congo. Et là, je ne vais pas vous détailler, évidemment les éléments de la stratégie, ce serait un peu contreproductif puisqu’il faut quand même réserver la surprise à ceux qui en seront les principaux destinataires, je ne dis pas les principaux bénéficiaires, mais les principaux destinataires », dit-il.

Ceci étant, nous avons travaillé d’abord dans l’évolution de nos unités, l’évolution de nos équipements pour avoir un certain nombre d’atouts que nous n’avions pas, l’évolution du commandement, l’évolution de la posture de l’état d’esprit, le travail de prévention que j’ai évoqué tout à l’heure parce qu’on parle des attaques, c’est bien normal, on parle moins, et c’est bien normal aussi des attaques qui n’ont pas lieu parce que nos forces sont déployées et exercent une action préventive.

Et puis, nous travaillons, je l’ai dit, sur la sécurisation des lieux essentiels. On a commencé par Beni parce que c’est fondamental. Si on continue à voir cet arrêt des attaques à Beni, nos chances de, non seulement de travailler efficacement encore contre Ebola, mais également de recréer un climat d’espoir, seront encore augmentées. Mais il faut travailler sur le reste de la région et aussi sur, lorsque c’est possible et nécessaire, aller au cœur des regroupements, des capacités des groupes armés. Mais cela doit se faire avec plus d’informations possibles.

Donc, il y a un travail de collecte d’informations qui est absolument essentiel, qui nécessite des moyens humains, matériels. Il y a un travail d’identification de la meilleure cible. Et puis, il faut aussi faire très attention à ne pas occasionner des pertes civiles lorsqu’ on se livre à ces attaques parce que la plupart de ces groupes, certainement les ADF, c’est sûr, se déplacent avec des civils, des enfants, des femmes et nous devons faire attention parce que nous, nous combattons les combattants des groupes armés mais, nous voulons protéger les femmes, les enfants, les civils, tous ceux qui sont des victimes de ces groupes y compris ceux qui se retrouvent, sans l’avoir vraiment choisi, à leur côté.

JMNK

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