La grossesse d’une jeune fille bouleverse ses rapports avec ses proches

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L’expression la fille–mère signifie « toute adolescente qui tombe accidentellement enceinte d’un homme ou d’un jeune homme avec qui elle n’est pas mariée et qui doit plus tard assumer seule ou avec l’aide de sa famille la charge de son enfant ». Elle est plus généralement définie comme une mère célibataire, c’est-à-dire une femme non mariée qui élève seule son, ou ses enfants.

La fille – mère serait alors à la fois une enfant sous la direction et le contrôle de ses parents, bénéficiant ainsi de l’affection parentale, et mère d’une petite famille qu’elle entretient ou est censée entretenir. Elle se retrouve ainsi dans une situation ambivalente dont les conséquences sont souvent les conflits au niveau personnel et au niveau familial.

En République Démocratique du Congo, la pauvreté est aussi la cause majeure d’accroissement de filles mères. Quand elles se trouvent dans les besoins que les parents devraient combler et qu’ils ne parviennent pas, la fille peut se décider de se prendre en charge, en recourant à la prostitution.

« Quand survient la grossesse chez la fille adolescente et sa maternité précoce bouleversent les rapports sociaux au sein de sa famille » : comme nous l’ont montré, les résultats d’enquêtes menées à l’Université de Kinshasa. Elles génèrent des rapports conflictuels de natures diverses entre les différents acteurs de la vie familiale. Ces conflits brisent naturellement l’harmonie familiale et, le cas échéant, peuvent entraîner la rupture de la famille tout entière.

La présence d’une fille-mère dans la famille fait naître un conflit entre les parents. Il oppose le père à la mère. Généralement, le père accuse la mère d’avoir laissé, d’avoir tu les « bêtises » de sa fille alors qu’elle en était informée, de ne lui avoir pas assuré une bonne éducation. Ces accusations vont jusqu’à de graves insinuations telles que « telle mère, telle fille ». En d’autres termes, pour le père, la fille n’a fait que reproduire le comportement de jeunesse de sa mère. Le conflit qui résulte de ces accusations se manifeste soit par des querelles entre les deux parents, soit par des violences verbales (injures) du père à l’endroit de la mère, soit par la violence physique, soit par une expulsion temporaire ou définitive de la mère du toit conjugal.

Cette attitude du père vis-à-vis de la mère découle de certaines traditions africaines qui responsabilisent la femme en général de l’éducation des enfants, surtout des filles. Tout dérapage de leur part lui est directement imputé en dépit des charges qu’elle assume aujourd’hui dans le contexte urbain. C’est elle qui est devenue, du fait de la crise socio-économique, l’actrice principale de la vie familiale grâce aux activités qu’elle exerce. Ces activités la mettent hors ménage toute la journée l’empêchant d’avoir un contrôle suivi sur la vie de ses enfants. L’homme se disculpe, prétextant n’avoir pas du temps à passer à la maison pour dialoguer avec ses enfants. Ce malentendu fait que la mère demeure victime d’une telle situation, alors que le problème de l’éducation incombe aux deux parents, c’est-à-dire le père et la mère.

Conflits entre parents et la fille-mère

On s’assiste au second degré au conflit entre parents et fille-mère. Ce conflit est dû au fait que les parents accueillent négativement la maternité précoce et hors-mariage de leur fille. Au-delà de la charge supplémentaire que cela entraîne pour la famille, Ils (les parents) considèrent que par son acte, la fille-mère les a déshonorés et mérite par conséquent une sanction proportionnelle. Celle-ci va de la bastonnade à l’expulsion du toit parental, en passant par des privations de tout genre. D’après quelques parents des filles-mères, cette attitude tient à la nécessité de corriger la coupable, mais aussi à dissuader toute velléité similaire de la part des autres filles.

La détérioration des relations entre parents et filles-mères fait surgir ainsi un état d’oppression qui occasionne un conflit qui pousse les filles-mères à se considérer comme abandonnées à leur triste sort et à prendre les parents pour des antagonistes. La persistance de ce conflit amène les filles-mères à se prendre en charge. Cette auto-prise en charge conduit, malheureusement, à d’autres grossesses.

Filles-mères et les autres enfants

A côte de deux précédents conflits, un troisième oppose les filles-mères et les autres enfants. Celui-ci tourne souvent autour des avantages matériels et de l’enfant de la fille-mère. La divergence d’intérêts des unes et des autres engendre des conflits qui brisent la quiétude familiale. Si les autres enfants trouvent d’un mauvais œil que de certains avantages matériels, notamment la nourriture, les vêtements, soient accordés en priorité à la progéniture de la fille-mère, celle-ci par contre pense par contre qu’elle est aussi un ayant droit au même titre que les autres enfants de la maison. Aussi, les filles-mères s’évertuent à mettre à l’abri leurs enfants contre les remontrances de la part des oncles et tantes qui eux, par contre, se voient en droit d’exercer leur autorité sur un enfant de la maison. Toutes ces contradictions ne peuvent que provoquer des heurts entre les filles-mères et leurs frères et sœurs.

Dans la commune de Bumbu, comme l’indique l’enquête sue évoquée, cette ambiance morose engendrée par la présence de filles-mères dans la plupart des familles, désarticule les rapports familiaux, entraîne des clivages entre membres de la famille, bouscule la sérénité des parents, torpille l’éducation des enfants et, en définitive, freine leur épanouissement.

(Bernetel Makambo)

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