La communauté Banayamulenge exige justice et réparation

par -
0 623
Le camp de réfugiés de Gatumba se vide en une seule nuit par la volonté criminelle de FNL Pelipehutu. Ph/Archives
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Cela se passe comme si c’était hier que cela s’est produit. Dans une salle emportée par l’émotion, certains visages voilaient à peine les larmes lors de la projection du film témoin, résumant le carnage de Gatumba. Douze ans après, la communauté banyamulenge de Kinshasa sous la conduite de Maitre Azarias Ruberwa Manywa, a commémoré le triste anniversaire à la Paroisse Notre Dame de Fatima de la Gombe, où des personnalités, sénateurs, députés nationaux, membres du Gouvernement, officiers généraux et supérieurs militaires et policiers, mandataires publics, étudiants de la communauté Banyamulenge ont célébré ce samedi 13 Août, le 12ième  anniversaire du carnage de Gatumba sur les terres Burundaises. Massacres revendiques par le FNL/PALIPE Hutu, dont certaines personnalités occupent les postes de responsabilités au Gouvernement burundais actuel, déplore la communauté Banyamulenge de Kinshasa. Dans une nbuit, 166 Banyamulenge, Babembe, Bafulero et Bahundi ont péri innocemment dans le camp de réfugiés.

Deux temps forts ont ponctué la commémoration de ce 12ième anniversaire, notamment la partie culte de la Communauté Baptiste du Fleuve Congo, dite par le Révérend Raymond Angendu Mangendo ; puis la partie commémorative.

Parlant du Culte, l’officiant du jour s’est focalisé sur les Psaumes 117 :1-8 en comparant le psalmiste aux organisateurs de la commémoration. Ces deux sont identiques prêche-t-il car, ils brûlent d’envie de dire merci à Dieu en reconnaissant ses biens faits. Dans ce passage, le psalmiste raconte l’histoire de son peuple en ce qu’il parfois philosophe puisqu’il analyste la relation des causes à effet ; en tant que théologien, il est le berger car, son peuple est débiteur de Dieu pris à la folie du péché, lorsqu’il se met au bord de la rivière attendre le secours. L’officiant poursuit pour dire que le psalmiste est à la fois géologue, car il a la capacité de transformer le pays avec les ressources qu’il dispose puisqu’héritant d’un pays désertique ; il est urbaniste car, il construit le pays avec Dieu. Ici, c’est comme si le psalmiste se plaint sur son sort mais fait une prière de reconnaissance et d’action de grâce.

Pour ce faire, l’officiant invite les organisateurs à dire sa reconnaissance envers Dieu, car celle-ci réside dans la connaissance exacte de ce que les humains ont en lui. « Tel est ton nom, tel aussi et la louange. En somme notre Dieu est Grand », a dit l’officiant du Jour en guise de la consolation aux victimes du carnage de Gatumba qui exigent réparation et poursuites judiciaires des auteurs de ce crime odieux. Pour rappel, ce carnage avait mis en panne le processus de paix dans la Région des Grands Lacs.

La responsabilité des Gouvernements

« Ce rendez-vous est une occasion qui nous est offerte nous tous qui y avons répondu d’élever nos voix pour dire : Non et jamais plus » de tel massacre à l’endroit des Congolais, quels que soient leur appartenance tribale, le lieu où ils vivent ou leurs convictions », a dit Maitre Moïse Nyarugabo.

Pour rappel, des membres de la Communauté Banyamulenge, mais aussi des communautés Bembe, Fuliru et Barundi se sont réfugiés au Burundi fuyant des hostilités qui avaient élu domicile en province duSud Kivu. Les autorités du pays d’accueil, le Burindi, ont installé ces infortunés dans différents sites dont celui de Gatumba. « Dans la nuit du 13 au 14 août 2004, un commando génocidaire composé, selon les témoignages, des FNL PALIPEHUTU ,des interahamwe et des Maï Maï a fait irruption dans le camp tuant à l’arme à feu à l’arme blanche hommes, femmes et enfants et brulant leurs corps dans leurs abris de fortune. Exécutant leur bésogne de manière professionnelle, ces bourreaux ont procédé à la sélection de leurs victimes jusqu’à atteindre un nombre de 152 morts et plusieurs milliers des blessés de la communauté Banyamulenge. 14 autres victimes étaient des Babembe trouvés dans les mêmes tentes que les Banyamulenge », a-t-il fait ce récit douloureux.

Pour le Sénateur Moïse Nyarugabo, 12 ans ce massacre, fort malheureusement, il est regrettable de constater que les attentes de la Communauté Banyamulenge en ce qui concerne la justice sont loin d’être rencontrées. « Ni la RDC, notre pays ; ni le Burundi, le pays d’accueil ; encore moins la Communauté internationale, responsable des réfugiés n’osent rétablir la vérité de ce crime en vue de le sanctionner », déplore-t-il tout en indiquant qu’à côté de 166 morts, il faut considérer les blessés, les orphelins, les veuves et veuf qui sont devenus invalides ou traumatise du fait de vivre ces évènements. « Ces hommes et femmes sont, à ce jour, éparpillés et laissés pour compte. Leurs conditions sont indescriptibles. E tableau sombre ne peut pas offusquer les actes positifs posés par certains gouvernements et organisations pour soulager tant bien que mal les rescapés de massacre de Gatumba. La communauté Banyamulenge les reconnait à leur juste valeur. Néanmoins, par ce  cri qui sort de leurs cœurs et en cette commémoration, la Communauté Banyamulenge demande choses », a-t-il évoque tout en recommandant aux Gouvernements du Burundi et de la RCD puis à la communauté internationale d’identifier les auteurs de massacre de Gatumba et les sanctionner. Les Banyamulenge exigent que soit occupés convenablement et rapidement des questions de retour des réfugiés pour mettre un terme à leur errance. « A ce sujet, nous saluons les rencontres triparties qui se sont tenues au sujet de ce retour  et regrettons, néanmoins, le ralentissement observé ce dernier temps. Nous souhaitons que le processus soit accéléré, en créant des conditions favorables au retour. », renchéri-t-il. Moïse Nyarugabo en insiste sur la condamnation et la sanction contre les discours et actes d’incitation à la haine et de violence tribales à l’instar des massages distillés dans la population dernièrement par quelques personnes, notamment à Salamabila et des violences qui s’en sont suivies.

En outre, Maitre Azarias, vice-président honoraire s’est attardé sur les responsabilités des gouvernements respectifs et les motivations de cette commémoration lorsqu’il affirme ce qui suit « Nous nous sommes assignés comme objectif d’honorer la mémoire de plus de 160 personnes qui sont mortes cette nuit-là, brulées à Gatumba au Burundi, membres de notre communauté…c’est un devoir de mémoire, c’est la première raison parce qu’on ne peut rien donner d’autre. Ils ne sont plus. Mais pour ceux qui sont partis et pour les survivants, nous nous réunirons chaque année à titre de devoir de mémoire. Ne jamais oublier ça ! » a-t-il le vice-président honoraire. Pour lui, la deuxième raison est l’appel à la justice. Leur souhait c’est de voir le Gouvernement de la RDC qui peut saisir la CPI et aussi du Burundi au-delà de ne pas saisir la Cour Pénale Internationale de juger les criminels parce qu’ils sont sur le territoire burundais, notamment les auteurs intellectuels de ce crime. Aussi bien au Conseil de sécurité des Nations Unies qui avait condamné ce massacre de le faire, mais également le Procureur Général de la CPI qui peut se saisir d’office du dossier. « Nous voulons engager toutes ces instances pour qu’au moins l’une d’elles puissent saisir la CPI si pas l’Etat Burundais pour juger ses criminels », a indiqué le Pasteur Azarias Ruberwa. Déplorant le fait que si ces genres de crimes ne sont pas punis, ils vont se répéter quelque part, indique-t-il. D’ajouter que la Responsabilité du Gouvernement congolais tient du fait qu’il n’a pas saisi jusqu’e là la CPI contre les criminels de ce massacre, sinon pas dans la commission de crimes, mais dans la réparation. « La CPI ne peut pas être saisie par des individus, ni moins par la communauté ; il faut des Etats ou les conseils techniques. Pas n’importe quel Etat, mais l’Etat d’origine ou l’Etat sur le territoire duquel les crimes ont été commis », nous a-t-il fait entendre.

Dans la douleur, la Communauté Banyamulenge pleurent ses fils et filles perdus dans ce carnage qui ne dit pas son nom. « Si pareille crime est commis en France, les criminels sont pourchasser jusqu’à leur dernier retranchement. En Afrique, les responsables sont gratifiés avec les postes de responsabilités. Pourquoi ces deux poids deux mesures », s’interroge Maitre Azarias Ruberwa Manywa.

(Pius Romain Rolland)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse