La BCC resserre davantage sa politique monétaire

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A l’issue d’une séance  extraordinaire du Comité de Politique Monétaire (CPM), il a été décidé du relèvement du coefficient obligatoire sur les dépôts en devises, lequel passe de 9 à 12% pour les dépôts à terme et de 10 à 13% pour les dépôts à vue. Le CPM a préféré garder le statuquo en ce qui concerne le coefficient de la réserve obligatoire sur les dépôts en monnaie nationale. L’objectif immédiat poursuivi à travers cette ponction d’une partie de la liquidité excédentaire, qui peut atteindre 80 à 90 milliards, est d’amener les banques à ne pas transformer à tout moment  des dépôts en Francs congolais en devises étrangères.

Déogratias Mutombo Mwana Nyembo, Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) a présidé hier la réunion extraordinaire du Comité de Politique Monétaire (CPM), à l’issue de laquelle il a été décidé du relèvement du coefficient obligatoire sur les dépôts en devises. Appelé donner la quintessence des mesures à la presse, le Gouverneur a animé un point de presse, dans lequel il a indiqué que toute autorité monétaire a le souci de renforcer les canaux de transmission des impulsions de la politique monétaire à l’économie réelle, donc au fonctionnement des banques. Pour qu’à terme, que les banques reviennent en banque.

« Lorsque nous relevons le taux directeur de deux à sept, il faut qu’on sente l’impact. Il est vrai qu’avec ce relèvement, nous n’allons peut-être pas neutraliser  toute la liquidité excédentaire, mais la liquidité excédentaire résiduelle pourra également être résorbée à travers le mécanisme d’émission du bon de la BCC, dans le cadre de la régulation de la liquidité bancaire », dit-il, avant de souligner que là aussi, nous comptons sur l’accompagnement du Gouvernement quant à la prise en charge du coût de la politique monétaire liée à cette opération.

Il sied de souligner que l’économie connait une baisse de l’activité depuis le début de l’année. Cette baisse a conduit à celle des recettes d’exportation, et a à son tour conduit à la baisse du rapatriement des devises et à la baisse des recettes fiscales. Et celle-ci se traduit par des déficits chroniques sur le plan public et cela induit une expansion de la liquidité. Cette expansion créée par cette surliquidité accroit la demande de la devise sur le marché des changes. Voilà pourquoi la BCC a agi d’abord pour réduire une bonne partie de la demande des devises sur le marché des changes, en résorbant une bonne partie de cette liquidité excédentaire causée par le financement monétaire du déficit public.

Pour être efficace, il faut d’autres actions, comme celle qui consiste à équilibrer  le compte de l’Etat. Ici, le Gouverneur a fait savoir qu’il n’y a pas que les ajustements budgétaires dans le sens des coupes, mais il faut travailler pour accroitre les recettes fiscales.  Parce qu’il n’est pas normal que la Rdc ne lève seulement  que 9% du PIB de la fiscalité, alors que le standard est de 20% du PIB en Afrique Subsaharienne et c’est 40% dans l’OCDE. Pour lui, il  est nécessaire de rebâtir, de refondre toute l’administration fiscale. « Nous avons besoin d’élargir la base d’imposition, de lutter contre la fraude fiscale », martèle-t-il, tout en estimant qu’une concertation entre Gouvernement et le monde des affaires (FEC) est nécessaire pour un consensus fiscal.

Pour une concertation Gouvernement-secteur privé

Déogratias Mutombo a reconnu que la monnaie nationale a perdu une bonne partie de sa valeur, depuis le début de l’année, soit 20% au parallèle et près de 15% à l’officiel, mais l’essentiel lorsqu’on prend les mesures de politique monétaire, d’est d’abord la stabilisation. Et lorsqu’on obtient déjà une stabilisation, on peut être satisfait.  « C’est vrai qu’il y a des ajustements qui peuvent se faire par la suite, dans le sens de l’accroissement du pouvoir d’achat de la population, mais il suffit de conserver la stabilité dans la durée et les effets positifs vont s’en suivre sur le plan de la production, qui  va faire en sorte que l’accroissement de l’activité va nous amener à récupérer la perte qu’on a enregistré en terme de pouvoir d’achat », précise-t-il.  Raison pour laquelle il insiste sur les mesures structurelles.

A la question de savoir si l’on peut espérer passer les fêtes de fin d’année dans des bonnes conditions, le Gouverneur a expliqué qu’il est prévu une concertation avec les gros importateurs pour voir dans quelle mesure nous pouvons les accompagner dans l’importation des produits de première nécessité. Ici, la stratégie est de cibler les produits, parce qu’on ne peut pas allouer des devises à une entreprises qui va importer de l’eau.

« Déjà avec la dernière importation, les banques sont entrain de nous transmettre les allocations qu’elles ont faites au profit des importateurs. Nous allons après vérifier, pour nous rassurer que ces importateurs ont effectué des importations des produits. Et nous allons aller loin jusqu’à nous rassurer de la mise en consommation de ces produits au pays. Et l’intervention qui va suivre commence par une concertation avec les importateurs pour cibler les produits, s’entendre sur les pris de la devise en FC et nous organiserons une adjudication avec les banques. Et Kinshasa sera approvisionné en produits de première nécessité durant toute la période des festivités », insiste-t-il.

(Jean-Marie Nkambua)

Ci-dessous, le communiqué de la séance extraordinaire du Comité de Politique Monétaire (CPM) :

COMMUNIQUE

Le Comité de Politique Monétaire (CPM) s’est réuni ce mardi 18 octobre 2016 en
séance extraordinaire sous la présidence de Monsieur Déogratias MUTOMBO MWANA
NYEMBO, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo.

Au cours de cette réunion, le CPM s’est appesanti sur les développements
économiques récents caractérisés par l’accélération de la dépréciation du taux de
change sur les deux segments indicatif et parallèle ainsi que la résurgence de
l’inflation.

En dépit de l’intervention de la Banque par la vente de devises de 50,0 millions de
USD à fin septembre 2016 ayant permis de limiter les anticipations spéculatives sur
le marché des changes, il s’observe une persistance des tensions. En effet, en
l’espace de deux mois et demi, entre fin août et mi-octobre courant, le taux de
change s’est déprécié de 5,9%  à l’interbancaire et 9,7%  au parallèle. En rythme
annuel, la dépréciation a atteint respectivement 14,8%  et 21,1%. Dans ce
contexte, les répercussions sur le rythme de formation des prix intérieurs ont été
perceptibles, comme l’atteste le taux d’inflation qui a atteint environ 5,0%  en
annualisé et 4,1%  en glissement annuel contre une cible de 4,2%  à fin 2016.

Il sied de souligner que cette situation résulte d’un déséquilibre profond entre
l’offre et la demande des devises sur le marché des changes. En effet; l’année 2016
demeure marquée par une forte contraction de l’offre de devises à la suite de la
morosité de la conjoncture économique mondiale. A l’inverse, la demande de
devises, alimentée par d’importantes injections des liquidités liées au déficit des
opérations financières de l’Etat, chiffré à 336,4 milliards de CDF au 14″ octobre
2016, reste incompressible, accentuant ainsi la pression sur le marché des changes.

Au regard de ce qui précède, le CPM a décidé de resserrer davantage la politique
monétaire via le relèvement des coefficients de la réserve obligatoire. Ces derniers
passent de 10%  à 13%  et de 9%  à 12%  respectivement pour les dépôts en devises à
vue et à terme.

” Bien plus, la Banque Centrale, qui suit attentivement l’évolution de la conjoncture
intérieure, entend intervenir sur le marché des changes dans les prochains jours via
la vente des devises au cas où les fondamentaux de l’économie l’exigeraient.

Elle rassure L’opinion publique de sa détermination à apaiser les marchés en lissant
tout glissement du taux de change.

Fait à Kinshasa, le 18 octobre 2016
Déogratias MUTOMBO MWANA NYEMBO

Président

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