Kongo central: Lancement de la 3ème phase DDR à Kitona

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Suivant le programme préétabli, c’est depuis le 25 novembre à la base militaire de Kitona au Kongo central qu’a été lancée officiellement la troisième phase du programme national dit DDR : Démobilisation, désarmement et réinsertion des ex-combattants. Les ex-combattants issus des groupes armés regroupés dans cette base militaire vont d’ores et déjà apprendre des métiers. Ils seront notamment formés en maçonnerie, coupe couture, agriculture ainsi qu’à la conduite automobile.

Comme tous les partenaires sont persuadés de la noble démarche, ils mettent bien la main à la pâte en faveur des démobilisés. Des formations seront notamment dispensées par l’Institut national de préparation professionnelle (INPP), Caritas Congo, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ainsi que l’Union européenne.

Selon des témoignages recueillis, le début de cette phase du programme DDR réjouit les ex-combattants. Mais des sceptiques d’entre les bénéficiaires, sans soutenir valablement leur thèse, doutent que cette formation aille jusqu’au bout.

« Nous sommes vraiment satisfaits. Mais je doute fort que ce gouvernement réalisera tout ce qu’il vient de nous promettre ici parce que ça fait deux ans que nous sommes dans le centre à Kitona sans compter les centres où on nous regroupait dans nos provinces respectives », indique un ancien combattant relayé par radio Okapi.

« ils seront des responsables »

Pour sa part, le vice-ministre de la défense, René Nsibu, qui a présidé cette cérémonie, ce programme concerne plus de quatre mille ex-combattants répartis dans les sites de Kitona et de Kamina. Il a en outre fait savoir qu’après leur formation, les anciens combattants vont réintégrer la société.

« Bientôt ils seront des responsables, chacun à son niveau. A la fin, ils vont bénéficier des kits, ils seront utiles, ils vont réintégrer la société. Du point de vue individuel, c’est très bon », a-t-il commenté, promettant que le nécessaire sera disponibilisé pour le vrai démarrage de chaque démobilisé après cette formation qui va durer de trois à six mois, selon le vice-ministre. Toutefois, il sied de rappeler que cette phase du programme est lancée quelques jours après un mouvement de colère des ex-combattants de la base de Kitona. Une centaine d’entre eux avaient décidé de descendre à Kinshasa pour réclamer leurs primes. Après être arrivés à Boma, ils sont revenus à la raison et ont regagné le centre de formation de Kitona à bord des camions des forces armées de la RDC (FARDC), sans violence.

D’aucuns n’ont pas manqué de commenter cette action dans le sens de la désobéissance et de la désertion, les exposant à la rigueur de la loi. Ils auraient, selon certaines indiscrétions, trouvé une barrière érigée par les FARDC avec un déploiement impressionnant d’armes de guerre. Par le passé, d’autres anciens combattants des bases de Kamina et Kotakoli ont protesté pour les mêmes raisons. Mais il reste curieux de le croire. Comment alors n’ont-ils pas pu contourner l’obstacle si cette assertion était vraie. Mais à un observateur de répliquer : « si tel est le cas, ils en ont eu pour leur compte et devront désormais reconnaitre qu’on ne s’en prend pas impunément à la loi sans rencontrer l’opposition des Fardc ».

Pour rappel, Kitona est une localité d’environ 4 000 habitants du territoire de Muanda, province maritime du Kongo central, en République démocratique du Congo. Elle se situe à environ 560 kilomètres au sud-ouest de Kinshasa. La localité accueille une base militaire équipée d’une piste d’atterrissage. Après la Seconde Guerre mondiale, l’Armée belge a établi deux bases militaires, ici et à Kamina. Elles ont eu un rôle important pendant le Crise congolaise, 1960-65.

Au début de la deuxième guerre du Congo, en août 1998, les rebelles du Rassemblement congolais pour la Démocratie prirent trois avions à Goma et les envoyèrent à Kitona, assaillant la garnison par surprise et prenant la localité et même les barrages d’Inga, ce qui leur permit de couper l’électricité de Kinshasa, et de menacer un temps la capitale en remontant la route de Matadi. La localité fut reprise le 22 août de la même année par les forces angolaises proches du gouvernement de Kinshasa, parties de Cabinda, et équipées de tanks.

Emmanuel Badibanga

 

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