Kinshasa: Tirer les leçons des pillages de 1991 et 1993 ?

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S’il est facile de détruire, il est par contre difficile de construire. Les Congolais, mieux que d’autres peuples devaient le savoir. Pas plus tard qu’en 1991 et 1993, la Rdc avait connu des grands pillages de triste mémoire dont on a encore du mal à se relever. Le peu d’entreprises qui nous restaient après la chute des cours du cuivre et cobalt, ainsi que les années noires du Programme d’ajustement structurel (PAS) du Fonds Monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale avaient été mises à sac par une populace inconsciente, manipulée et sans discernement. Conséquences : chômage généralisé et misères dans tous les ménages zaïrois d’alors. Durant plusieurs années, le pays avait continué sa descente aux enfers. Aucun fils de ceux qui avaient appelé à casser n’avait été atteint par les effets du pillage. Plusieurs d’entre eux se sont retrouvés en Europe et aux Usa poursuivant tranquillement leurs études.

Au-delà des querelles politiciennes entre Mobutu et l’opposition de l’époque, la majorité de la population a eu à payer le prix le plus fort de ces pillages des entreprises. Ceux qui ne connaissent rien de ces années noires, n’ont qu’à visiter Limeté industriel pour s’en rendre compte. Ils constateront que durant plusieurs décennies, ce quartier est resté complétement dénué d’industries, ne gardant qu’un nom invocateur. Tout avait été pillé en 1991 et 1993. De la petite industrie à la fabrique des pièces de rechange, en passant par les unités d’import-export, le Congo s’est retrouvé du jour au lendemain démuni de tout.

Plusieurs parents se sont retrouvés au chômage avec tous les corolaires imaginables dans une telle situation. Tous ceux qui peuvent encore se rappeler le contexte socio-économique après ces maudits pillages, continueront à redouter les troubles qui n’apportent rien.

Oui, l’argent n’aime pas le bruit. Voilà qui a fait partir tous les investisseurs sérieux qui ont fermé un à un craignant que leurs fortunes disparaissent en un jour par la volonté d’une classe sociale inconsciente. Même les investisseurs nationaux choisirent d’aller placer leurs avoirs ailleurs. Le Zaïre de Mobutu fut isolé et mis sur la liste noire.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets

Curieusement, 25 ans après, les nouvelles générations qui semblent avoir la mémoire courte, ont tout oublié des témoignages des anciens. A l’heure ou le pays tente de se relever tant bien que mal en dépit des difficultés conjoncturelles connues, certains groupes des jeunes, sans foi ni loi se remettent à piller, casser, voler, détruire, bruler les biens publics et privés qui soutiennent pourtant l’économie du pays. Pourquoi ne pouvons-nous pas avoir un peu de bon sens ? Qui a oublié d’où nous venons et ce que nous avons connu dans ce pays dans les années 90 ? Qui a oublié les souffrances endurées ? Le transport difficile, l’approvisionnement à longue file en carburant, les routes impraticables à Kinshasa …ont été le lot quotidien des Congolais qui semblent avoir tout oublié.

Pendant que le pays tente de séduire les investisseurs pour faire face au chômage des jeunes, les pillages viennent détruire l’espoir de tout un peuple. Qui pourrait venir placer son dollar, là où les jeunes drogués au lieu de marcher pacifiquement se mettent à voler les sacs de farine et autres biens de consommation. Honte à toutes ces bandes de pillards qui au lendemain de ces actes, réclament encore plus de transport, de communication, des services bancaires et des robots de circulation routière !

Non, la majorité silencieuse qui travaille et se sacrifie au quotidien, toutes tendances politiques confondues, est mécontente de ce genre de comportement qui recule le pays de plusieurs années. Le budget de réinvestissement pouvait servir à autre chose dans ce pays plein de priorités et d’urgences. Plus de pillage, ainsi doit jurer chaque Congolais soucieux du développement et du bien-être de son pays. La Rdc a besoin des bras de tous ses enfants pour le bien et non la destruction qui n’arrange rien ni dans l’opposition ni dans la majorité. Sachons lire le passé et tirer les conséquences pour l’avenir.

(Simon Kabamba)

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