Kinshasa pleure le formateur des idoles

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Comme annoncé par le gouvernement de la République, des funérailles du formateur des idoles Papa Wemba, est organisées à Kinshasa où la dépouille mortelle de l’icône de la chanson congolaise est arrivée dans la matinée d’hier jeudi 28 avril 2016 en provenance d’Abidjan. En attendant la suite du programme, le corps de l’illustre disparu  est gardé à la Morgue de l’Hôpital du Cinquantenaire  dans la commune de Kasa Vubu.

Cependant dans tous les coins de la capitale congolaise l’ont ne parle plus qu’autour de la mort de cet artiste qui a bougé le monde avec ses œuvres toujours très sensuelles et pourquoi pas amplement mélancoliques.

D’après le Ministre de la Culture et des Arts, le corps de Papa Wemba sera exposé du lundi 2 au mardi 3 mai 2016 sur l’esplanade du Palais du Peuple et l’inhumation interviendra le même mardi à la Nécropole « Entre Ciel et Terre » à Mbenzale dans la commune de la N’Sele.

Suite du parcours artistique de Papa Wemba

La première partie de ce papier était publié dans notre édition n° 6369 du jeudi 28 avril 2016 et nous poursuivons avec la suite

Koffi Olomide à l’ombre de Papa Wemba

La première équipe de l’orchestre Viva-la-Musica était constituée de : Papa Wemba, Jadot le Cambodgien, Aziza, Djenga-Ka Espérant Kisangani et Bipoli na Fulu (chanteurs);  Bamundele Rigo Star et Liguagua Julva (guitares solo) ; Syriana (accompagnateur) ;  Pinos et Pepito (bassistes) ; Otes Koyongonda et Patcho Star (percussionnistes). Ce groupe a lancé ses premières chansons : « Ebale mbonge » et « Mère supérieure » qui ont fait fureur sur la toile avec la danse « Mukonyonyo ». Mais quelques temps après l’orchestre connaîtra sa première scission. Les chanteurs Bipoli na Fulu, Espérant Djenga-Ka, Jadot le Cambodgien et le guitariste Julva Liguagua feront défection pour aller intégrer le groupe « Karawa Musica » du trio Kangonia.

Papa Wemba ne tarde pas. Il recrute le chanteur King Kester Emeneya et le guitariste Bongo Wende.

Au même moment, un jeune musicien à devenir commence à pavaner à l’ombre de Papa Wemba. Il s’agit d’Antoine Agbepa Koffi Olomide qui, en 1978, fait quelques enregistrements avec le concours de son idole dans Viva-la-Musica. Ce sont ses premiers enregistrements que le public découvre petit-à-petit à travers les chansons produites : « Samba Samba », « Sango malamu », « Synza » et « Anibo ». Pour tout, disons que Papa Wemba demeure le père spirituel de Koffi Olomide qui lui inspire la sensualité.

Et c’est la maison de production « Parions Mondenge » de Mfumu Muntu Mbambi qui produit ses œuvres. Au même moment, le même Koffi Olomide avec le concours du groupe « Ba La Joie » accompagné par Pépé Felly Manuaku Waku au solo, Teddy Nsukami à l’accompagnement, Oncle Bapius à la basse, Meri Djo Nge Nker Mi à la percussion et au chant : King Kester Emeneya, Djuna Djanana, Bozi Boziana, enregistre d’autres titres : « Fleur rose », « Zena Safi » et «Asso ». Le public qui le découvre petitement l’adopte déjà d’autant plus que c’est un bon mélodiste. C’est ainsi qu’à la fin 1978, les journalistes chroniqueurs de musique du Zaïre (RDC) consacrent Koffi Olomide « Révélation de l’année » grâce à la chanson « Anibo ».

Papa Wemba fait un passage dans l’Afrisa International 

Cette même année, Papa Wemba abandonne momentanément son groupe « Viva-la-Musica » et se fait engager à l’appel express du Seigneur Tabu Ley dans l’Afrisa International qui était en manque de souffle. Courageux et stratège, King Kester Emeneya a pu entretemps continuer à coordonner les activités de Viva-la-Musica comme si de rien n’était. Le duo Tabu Ley-Papa Wemba enregistre la chanson « Lèvres roses » qui, malheureusement, passe à côté.  Cette expérience était de courte durée. En 1979 Papa Wemba innove et fait pirouetter la sphère musicale continentale par la chanson « Analengo » chantée en tetela son patois d’origine. C’est un succès universel.

Au courant de la même année, les danseurs Petit Mobulu, Petit Makambo et Papa Fioti marqueront leur entrée dans Viva-la-Musica.

En 1980, grâce à la signature du contrat conclu avec la maison Visa 80 de Franco Luambo Makiadi, l’orchestre Viva-la-Musica se rend en Europe précisément en France pour des productions et enregistrements. Mais une fois sur place, les musiciens Syriana, Julva et So Kalmery ont brouillé la carte et faussent compagnie à Papa Wemba qui recrute sans désemparer d’autres musiciens Huit Kilo Fatima Lola, Jojo et Mongo Ley afin de ne pas déséquilibrer l’orchestre.

Quelque temps après, viendront s’ajouter au groupe d’autres chanteurs dont Boloko Manzangi Safro, Nzola Ndinga Petit Prince et Sangwa Maray Maray. C’est le moment que choisit Papa Wemba pour composer les chansons « Ufuku tanu » et « Melina la parisienne ». Chassé de Langa Langa Star, le chanteur Vadio Mambenga y compris le guitariste Popolipo sont acceptés dans Viva-la-Musica.

Première mort de Papa Wemba

Mars 1982, la toute puissante radio trottoir propage la nouvelle de la soi-disant mort de Papa Wemba en France. C’est la désolation à Kinshasa. Tout le monde en parle avec émoi alors qu’il n’en était pas le cas. De retour à Kinshasa via Brazzaville (aéroport de Maya Maya), Papa Wemba est accueilli avec ferveur par ses milliers de fans. Il reçoit dans la foulée des invitations pour des concerts en continu au Ciné Palladium sur le boulevard du 30 juin où il est attendu pour 3 concerts en une journée et dans la même salle.

Mais après toutes ces productions hautement médiatisées, des primes modiques allouées aux musiciens ne les ont pas enchantées. Le chanteur Emeneya était le premier à abandonner Viva-la-Musica. Il sera suivi par onze autres musiciens Debaba – qui a trahi les autres et rentré dans Viva-la-Musica -, Joly Mubiala, Nzola Ndinga Petit Prince, Safro Manzangi, Tofolo Tofla Kitoko, Pinos, Mongo Ley, Huit Kilos, Patcho Star et Koyongonda Otes. Les douze y compris Bipoli na Fulu venat de Karawa Musica, sont allés former l’orchestre « Victoria Eleison » qui a marqué sa sortie officielle le 24 décembre 1982. Les musiciens étaient d’abord conviés à prendre part à une messe solennelle célébrée la veille de Noël.

On retiendra que le soir même du départ en masse de tous ses musiciens, l’orchestre Viva-la-Musica était attendu pour un grand concert. Que faire ? Parce que ceux qui n’étaient pas emportés par cette vague : Fafa de Molokaï, Jadot le Cambodgien, Maray Maray ne suffisaient vraiment pas pour agrémenter le concert. La tâche a été confiée à Maray Maray de pouvoir trouver dans l’urgence d’autres musiciens afin d’honorer le contrat. Ce qui, du reste, a été fait ! Ce concert a eu lieu et a remporté un succès sans précédent.

L’arrivée de Reddy Amisi

Ce qui poussera Papa Wemba se décidera à recruter d’autres musiciens. C’est ainsi que Koffi Olomide a présenté au chef Coutumier du village Molokaï un jeune chanteur Remy Namwisi dit « Reddy Amisi » qu’il a vite engagé. Puis suivra Lidjo Kwempa,  Debaba (revenu à la raison),  Richacha à la batterie, Iko à la percussion et Guy Guy Toupa. Un mois plus tard, Luciana De Mingongo débarque dans Viva-la-Musica en provenance de l’orchestre Singa Mwambe de Kisangani.

Ainsi Viva-la-Musica a connu une nouvelle ossature se présentant comme suit : chant : Papa Wemba, Jadot le Cambodgien, Fafa de Molokaï, Lidjo Kwempa, Reddy Amisi et Maray Maray ; guitares solo et accompa : Bongo Wende, Milos, Stella Uomo et Ping-pong ; guitares basse : John, Pepito et Gauthier Mukoka ; batterie : Richacha et Iko ; lokoloe : Itschari.

Le groupe reconstitué enregistre les chansons « Eliana » de Mayiza Pasinia –Papa Wemba, « Ceci-cela » de Lidjo Kwempa et « Nana Efi » de Maray Maray.

En 1985, l’orchestre Viva-la-Musica est attendu à Bruxelles pour une série de concerts et il y reste pendant deux trimestres. De bon cœur, Papa Wemba a accepté de voyager avec le chanteur Bipoli na Fulu qui est revenu solliciter son retour dans Viva-la-Musica après ses déboires avec Emeneya dans Victoria.

Dans la capitale belge, l’orchestre saisit l’opportunité qui lui est offerte pour enregistrer « Lisiki » de Lidjo Kwempa, « Acha » de Luciana de Mingongo, « Kabibi » de Stella Uomo et « Dieu voit tout » de Reddy Amisi sont la rumeur a attribué à Koffi Olomide.

Une année plus tard (1986), grâce au passage à Kinshasa de quelques journalistes japonais, spécialistes des musiques africaines dont le confrère Pili-Pili ont arrangé pour le groupe de Papa Wemba une série de concerts au Japon. Au mois de mai, Papa Wemba et son équipe constituée de Reddy Amisi, Lidjo Kwempa, Stino Mubi, Fafa de Molokaï Ngizulu Kubiala, Awilo Longomba, Bongo Wende, Litemo Luciana De Mingongo, Djo José Fataki, Bipoli na Fulu, Gauthier Mukoka et Celé le roi, s’est rendue à Tokyo et à Osaka pour des concerts. Ce voyage avait permis créer plusieurs ouvertures à Papa Wemba qui est reparti en 1989, soit 3 années après, pour une longue randonnée en Europe, en Amérique et en Asie avant de revenir en France en 1990 pour mettre sur pied l’orchestre Viva-la-Musica International afin de conquérir un public planétaire. Dans ce groupe, outre des artistes européens et antillais, on y trouve aussi Reddy Amisi, Luciana de Mingongo, Stino Mubi l’As de la chorale et Iko. En 1990, une longue tournée africaine est à l’affiche de cet orchestre qui doit se rendre au Cameroun, au Gabon, au Burkina Faso, au Sénégal, en Gambie et en Côte d’Ivoire.

En 1999 cependant, un problème de changement de passeport en République démocratique du Congo fait rater à Papa Wemba un concert prévu à Abidjan en Côte d’Ivoire. Ce qui a généré une vague de discrimination en dépit des excuses de l’artiste. Au courant de la même année, Papa Wemba participe au Festival Panafricain de Musique (FESPAM) à Brazzaville. A la fin des spectacles, Papa Wemba a fait don de son cachet de 9 millions de Francs CFA aux sinistrés de la guerre du Congo. Au même moment dans les bacs il sort son opus intitulé « Fula ngenge » qui fait échos à la ronde et le place comme tours au devant de la scène.

(Kingunza Kikim Afri)

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