Kinshasa – Paris: F. Hollande jette de l’huile sur le feu

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* Dans une déclaration rendue publique par le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal, Paris revient au galop ressusciter la Francafrique de triste mémoire, prenant la République démocratique du Congo comme son champ expérimental. Deux poids, deux mesures, M. Hollande coule des larmes chaudes sur les terroristes deBokoHaram au Sommet du Nigeria, et semble encourager la politique de la terre brûlée au Congo-Kinshasa

* Mais de quel droit un président, si français soit-il, se permet-il de s’ingérer dans les affaires internes d’un Etat souverain qu’est la Rdc ? Même sans faire allusion aux sanctions ciblées comme ses partenaires britanniques, Paris vient en donneur de leçons en rapport avec les Elections, l’Environnement politique congolais, le Dialogue national, l’Affaire Katumbi, les terroristes Filimbi et même le dernier arrêt de la Cour constitutionnelle comme s’il permettrait qu’un pays étranger, africain de surcroit, fasse autant envers la France

Dans une déclaration sur la toile, il se fait que le Président François Hollande exerce une pression sur son homologue Joseph Kabila. « Hollande met la pression sur Kabila », peut-on utilement lire de par le monde.

Et pour cause, le premier des Français serait visiblement engagé dans la relance de la Francafrique de triste mémoire, jouant au néocolonialiste, avec la République démocratique du Congo comme son champ expérimental. Ce qui se dit à Paris sur Kinshasa ne se dit ni sur Brazzaville, encore moins sur Kampala, Kigali, Bujumbura,…Les vrais mobiles sont à rechercher plus loin si l’on veut remonter jusqu’au déluge. Il est bon de ne chercher les poux que sur le crâne chauve de Kabila, parce que les autres présidents africains auraient des touffes de cheveux minutieusement soignés…

Les élections

Selon la perception française, il est toujours possible d’organiser les élections dans le délai constitutionnel. Une vision partagée par certains membres de la communauté internationale, particulièrement les Etats-Unis d’Amérique. Là aussi, M. Pierello s’est reconvertit. L’Envoyé spécial de Barack Obama dans la Région des grands lacs, qui a pour le besoin de la cause élu domicile en Rd Congo, a mis beaucoup d’eau dans son vin au sortir du cabinet d’Aubin Minaku, speaker de l’Assemblée nationale congolaise. « Nous ne sommes ni pour la Majorité ni pour l’Opposition », avait-il dit, curieusement à la presse, lui qui jadis était coupant et carré dans ses propos contre Kinshasa. Il n’est pas exclu que cette volte-face de l’Américain soit une nouvelle option après le passage de Joseph Kabila dernièrement aux Etats-Unis.

Dans cette déclaration rendue publique par le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Romain Nadal, Paris rappelle à la bonne foi et surtout à la préparation active des élections.

« La priorité doit aller à la préparation active et de bonne foi des élections, seule source de légitimité populaire. (…) Il appartient aux autorités congolaises d’assumer leurs responsabilités à cet égard », a-t-il déclaré. Mais lorsque l’on sait que la communauté internationale a des experts à la CENI, et que celle-ci a posé des conditionnalités qui pourraient pousser plus loin la tenue des élections, on peut se demander dans quelle intention et pour plaire à qui la France s’y invite.

Dialogue national

Plus loin, le porte-parole français a déploré « la dégradation de l’environnement politique et sécuritaire » en République démocratique du Congo.L’Hexagone encourage également le dialogue entre Congolais lorsqu’il appelle au «  respect de l’Etat de droit afin qu’un débat serein s’engage dans la perspective des élections ». Il n’y a en réalité aucun souci dans le premier cas, c’est-à-dire en ce qui concerne l’environnement politique. La Rdc est un pays de droit, où la justice fait son travail dans le strict respect de la loi. C’est le cas de Moïse Katumbi, nommément cité, prématurément déclaré candidat à la présidentielle, qui est traduit en justice pour une affaire de  recrutement de mercenaires.

Quant aux problèmes sécuritaires, dont le dernier cas d’Irengeti pour lequel le gouvernement congolais a déjà pris des mesures draconiennes, Romain Nadal devrait aussi souligner que cette situation se passe dans une zone où même la force onusienne est installée. Toutefois, il est clair comme l’eau de roche, que pour le troisième cas, celui relatif au dialogue, les choses sont en marche. Et tôt ou tard ce dialogue convoqué par Joseph Kabila se tiendra et apportera des réponses idoines aux questions politiques de l’heure. Néanmoins, que les tireurs de ficelles s’abstiennent à vouloir son échec.

La communauté internationale a une grande part de responsabilité en qui concerne la sécurité dans l’Est de la Rdc. Paris condamne avec la plus grande fermeté la recrudescence des exactions dans le nord-est du pays et appelle les autorités, aidées par les casques bleus, à concentrer leurs efforts sur la protection des populations civiles, notamment les plus vulnérables. Allusion faite ici aux massacres de Beni perpétrés par des rebelles ougandais d’ADF.

Un argument-massue

Cette dernièredéclaration de Paris, surtout en ce qui concerne la tenue des élections, peut être autrement vue comme de l’huile au feu sous l’action de ses signataires. De quel droit, doit-on utilement se demander, un pays étranger doit il se prévaloir pour donner des leçons à un autre pays souverain de plus de 50 ans ?Attendre une accélération du processus électoral pour la tenue des élections dans le délai constitutionnel, laisser penser que Kinshasa n’a aucune volonté politique d’organiser le scrutin présidentiel dans le délai constitutionnel, évoquer une question de bonne foi,… c’est le trop plein. Et ce n’est pas Kinshasa qui doit garder la langue de bois.

Qui pis est, dans cette logique éhontée, on verrait en la France, anti Daesh, un pays pro Filimbi. Ce mouvement dit citoyen n’est pas en odeur de sainteté avec les lois congolaises, bien que la Constitution permette la liberté d’associations.A contrario, M. Hollande se bat bec et ongles au Sommet nigérian antiBokoHaram.

Commander la Cour constitutionnelle

Au lendemain de l’interprétation de l’article 70 par la Cour Constitutionnelle, Paris n’a vu mieux que relayer la déception de Filimbi, exprimée par Floribert Anzuluni sur Rfi, « déçu de cet arrêt de la Cour constitutionnelle ». Pourtant la Haute Cour vient de déclarer que le Président actuel, Joseph Kabila pour ne pas le citer, va rester en fonction tant qu’il n’y aura pas élection d’un nouveau président de la République pour lui succéder. En outre les arrêts de cette cour n’appellent à aucun débat.

Selon les lois de la Rd Congo, cette polémique sur la question devrait cesser après cette décision juridique. En effet, l’article 70 de la Constitution du 18 février 2006 stipule que « Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu ».Aux Congolais de prouver la hauteur et la maturité de leur souveraineté.

L’Avenir

 

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