Kinshasa: L’état des routes de la capitale inquiète et énerve

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La ville de Kinshasa serait-elle devenue une Cité ingouvernable ou ce sont les dirigeants congolais tant au niveau national que provincial qui seraient devenus démissionnaires ? En tout cas, cette question mérite d’être posée par plus d’un Kinois qui observe impuissant la destruction de la voirie de cette mégapole qui vient d’atteindre son paroxysme. Circuler dans cette ville du Nord (Gombe, Lingwala, Barumbu…) au Sud (Makala, Ngaba, Ndjili…) et de l’Ouest (Bandalungwa, Kintambo, Ngaliema…), à l’Est (Masina, Nsele, Maluku…) devient un véritable casse-tête.

Des routes boueuses par-ci, d’autres crevassées et défoncées, ensuite remplies d’eau sale, par-là. C’est malheureusement cette image déplorable que présente l’ensemble de la ville province de Kinshasa. Chose grave, même les routes des communes comme Gombe (siège des institutions nationales et provinciales), Kintambo, Bandalungwa, réputées pourtant des juridictions bien loties et urbanisées ressemblent  à ces jours à des artères du moyen âge ou à des pistes de Paris-Dakar.

Gombe, « Libulu Manzengele »

Au centre-ville par exemple, seuls les conducteurs-cascadeurs et Kamikazes ou encore des propriétaires des véhicules qui veulent abimer leurs engins osent circuler sur ces artères de la « mort ». Dans ce long registre, on peut citer l’avenue Tombalbaye, à quelques mètres de l’hôpital général de référence de Kinshasa, ex-Mama Yemo, mais surtout les alentours de l’Hôtel de ville. L’avenue du marché à zéro mètre du cabinet du gouverneur de la ville de Kinshasa et un peu plus loin à son croisement avec l’avenue du commerce ; le croisement des avenues Kasa-Vubu et commerce ; ici d’ailleurs chaque fois qu’il pleut etmême lorsqu’il ne pleut pas, un vrai lac artificiel se forme à cet endroit. Le croisement des avenues Kasa-Vubu et Ruakadingi ; l’avenue de l’école, à la hauteur du quartier général de l’Armée du Salut. Que dire de l’avenue Bokasa à son tronçon compris entre l’avenue Ruakadingi et l’avenue du Commerce, dans le périmètre de l’université William Booth ? Au célèbre rond-point Kin Maziere, c’est la tristesse et la désolation. Les matériaux de construction et les engins stationnés à cet endroit tentent de voler la vedette à la statue des enfants qui orne le site. Pour passer ou traverser à tous ces endroits, les véhicules, tout comme les piétons éprouvent d’énormes difficultés.

Kintambo, « Libulu Manzengele »

A Kintambo, la municipalité voisine, c’est presque le même spectacle désolant. Au croisement des avenues Bangala et Ngaliema, la route goudronnée n’existe presque plus. Plus loin en quittant l’hôpital de Kintambo, pour descendre vers la commune de la Gombe, à la hauteur de l’Ecole internationale Jewels, ce sont des nids de poule qui font la loi sur cette chaussée pourtant réhabilitée sous peu. Conséquence, c’est chaque matin qu’il y a un embouteillage monstre. Les conducteurs se retrouvent dans l’obligation, indépendamment de leur volonté, de réduire la vitesse pour amorcer ces crevasses.

Autres « Mabulu Manzengele »

Le tristement célèbre« Libulu Manzengele », ce gros trou  béant qui s’était formé sur l’avenue de l’Université au niveau de la commune de Ngaba et qui pendant des mois avait coupé cette importante artère en deux, a visiblement donné naissance à d’autres nombreux « Mabulu Manzengele » à travers l’ensemble du territoire provincial de la ville de Kinshasa.

Sur l’avenue de l’Université justement, à son croisement avec l’avenue de Makala entre les communes de Ngaba, Makala et Kalamu la route asphaltée n’existe plus que dans la tête de ceux qui ont quitté la ville de Kinshasa il ya quelques années.

A plusieurs kilomètres de là, une autre artère qui pourtant a fait parler d’elle dans le passé, est en train de disparaitre. Il s’agit de l’avenue Elengesa qui traverse les municipalités de Ngiri-Ngiri, Kalamu, Makala et Mont Ngafula. La route est coupée à plusieurs endroits.

Dans la commune de Ngiri-Ngiri, presque toutes les grandes artères sont menacées de disparition, Gambela, Shaba, Assossa, Birmanie, Saio ; pour ne citer que celles-là. Sur l’avenue Shaba, à son croisement avec l’avenue Ngiri-Ngiri, c’est un gros trou béant de 2 mètres de profondeur qui a élu domicile. Sur l’avenue Assossa, non loin de l’avenue Kola, à proximité de la maison communale, c’est un autre trou du genre. Sur Birmanie et Saio, il ya des endroits où même les motos ont du mal à accéder.

Ignorance, incapacité ou culpabilité ?

Ce tableau pourtant incomplet montre combien il y a énormément à faire pour que la ville de Kinshasa retrouve ses marques d’antan. Ce qui étonne, c’est le silence, mieux l’indifférence presque coupable des autorités compétentes. Après les multiples états de lieux que font tous les animateurs de ce secteur, presque rien ne se  fait sur terrain. Les différents responsables qui se succèdent à la direction de ce secteur ont-ils été tous incompétents ? Vivent-ils à Kinshasa ? Voyagent-ils ailleurs ? Toutes ces questions méritent d’être posées au vu de l’état de dégradation très avancé des infrastructures routières. Où sont passés l’Office des Voiries et Drainage (OVD), l’Office des Routes (OR) et surtout le Fonds National pour Entretien Routier (FONER) ? A quoi sont utilisés les fonds gérés par le FONER? Qui fait quoi dans ce secteur ? Pourquoi ces dirigeants ne démissionnent-ils pas ? Autant de questions qui méritent des réponses, avant que la ville toute entière ne disparaisse. A bon entendeur, salut !

(David-Fidèle Luzolo)

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