Kinshasa : après PARAU, la ville peine à évacuer ses ordures ménagères

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L’ensemble des Kinois ont applaudi l’initiative du Projet d’appui à la réhabilitation et l’assainissement urbain (PARAU) qui consistait à gérer durablement les déchets domestiques de Kinshasa. Ce projet de l’Union européenne (UE) qui, au nom de la solidarité humanitaire et du devoir du soutien aux pays vulnérables, a commencé en 2007 et a pris fin au mois d’août 2016.

Pour l’UE, le projet n’était que pilote, et il consistait à éveiller les consciences de ceux qui ont la responsabilité et le devoir de garantir un environnement sain à tous les Congolais, comme il est prescrit dans la Constitution en son article 53 stipulant : « toute personne a droit a un Environnement sain et propice à sa santé, elle a droit de le défendre, l’état veille à la protection de l’Environnement et à la santé des populations ».

Voilà pourquoi, depuis l’année dernière, une Ong locale dénommée Environnement sains sans frontière (ESSF), s’exerçait d’interpeler les autorités provinciales en premier lieu, de pouvoir prendre leur responsabilité en main. Notamment en entrant en contact avec les privés qui ont de l’expertise dans la gestion des déchets urbains. Ce, en vue de mettre sur pied une société mixte qui pourra travailler avec les infrastructures laissées par l’UE et qui sont encore utilisables, en ajoutant celles qui font défaut ou qui n’existent pas.

Ce que faisait le projet PARAU

Pour donner une idée sur le service que ce projet rendait aux neuf des vingt-quatre communes de la ville province de Kinshasa (Barumbu, Kinshasa, Lingwala, Kitambo, Kalamu, Galiema, Ngiri-Ngiri, Kasa-Vubu et Gombe), il faut noter tout d’abord qu’il comptait 42 stations de récupération des déchets reparties dans les neuf communes. Par la suite ces déchets domestiques était déversés à Mpasa dans la commune de la N’Sele (périphérie-Est de la capitale) où un espace de 30 hectares était aménagé, faisant ainsi office du centre d’enfouissement technique qui respecte plus au moins les normes.

Ces 42 stations avaient chacune cinq ouvriers qui devraient charger dans les normes les bancs. Une fois remplis, les camions équipés des dispositifs adaptés aux bancs, passaient pour la récupération des ordures enfin de les acheminer à Mpasa. Chaque jour, le centre d’enfouissement de Mpasa recevait entre 1500 à 1700 mètres cubes d’immondices selon l’ingénieur responsable qui était commis à ce centre.

Par semaine, les dépotoirs (stations) recevaient autour de neuf tonnes d’immondices, qu’on estimait à 11.000 mètres cubes de déchets ménagère, selon la déclaration de la directrice de coopération de l’UE pour l’Afrique centrale et de l’Ouest, Mme Clara Montesi.

Elle émettait beaucoup de doute pour l’après ce projet, car disait-elle : « Demain, si le projet s’arrête, ça signifie qu’il y aura cumul et cumul de déchets aux stations et centrales de déchets. Et il faut noter qu’il y a en tout 42 stations opérationnelles de déchets qui vont se retrouver submergées avec toutes les conséquences sanitaires que cela va provoquer ».

Aujourd’hui, le temps semble lui donner raison. Car, partout à travers les 42 stations, les immondices ont débordés les bancs et les déchets de tout genre sont étalés par le sol tout autour des stations, exposant ainsi les enfants et les détraqués mentales en premiers lieu à la contamination et par la suite tous ceux qui habitent autour de ces stations.

Pour une politique nationale de la gestion des déchets

ESSF, étant une Ong qui défend les droits humains et de son environnement, s’est donné le devoir à son temps, d’alerter les hommes et femmes de bonne volonté de pouvoir interpeller chacun à son tour, les autorités tant provinciales que nationales, pour qu’elles s’investissent à proposer des solutions durables à cette situation macabre.

L’Ong ESSF avait alors de ce fait demandé plutôt aux autorités de la ville de pouvoir élargir ce modèle à travers toutes les 24 communes qui produisent en moyenne 24.000 tonnes d’immondices par jour et qui sont très mal gérés, car chaque famille, chaque rue, se débrouille avec des moyens qui leur sont limités et qui ne suivent aucune norme. Conséquence : la quasi-majorité des rues de la capitale ressemblent désormais à des dépotoirs.

Cette situation d’insalubrité permanente est à la base des plusieurs maladies évitables (Fièvres-typhoïdes, paludisme, toutes sortes de diarrhées, Ebola, etc.) dans la ville provinces de Kinshasa en particulier et pour tout le pays en général. L’Ong ESSF rappelait que cette sonnette d’alarme a toute sa place aujourd’hui où le monde est en plein combat contre la pollution.

Evoquant les conclusions d’un rapport de l’USAID publié en 2010 et faisait état de 465.000 décès/an en Rdc qui sont dus aux maladies évitables, l’Ong juge cette étude fondée, « les preuves sont là, à travers toutes les 97 Villes du pays ». D’autant plus qu’il n’y a aucune politique en Rdc pour la gestion des déchets qui devient un casse-tête pour les populations dans les villes congolaises.

Pourtant, si cette politique existait, elle pouvait générer énormément d’emplois (rien que pour le neuf communes de Kinshasa, l’UE employait 140 personnes qui touchaient un salaire décent, sans parler des journaliers), estime ESSF. « Des entreprises pareilles peuvent faire entrer à la caisse de l’Etat qui fait face à plusieurs défis, des milliards de francs congolais chaque année, car aucun homme n’est exempté dans la production des déchets et tous avons l’obligation de payer un taxe pour la gestion durable de ces déchets. La mise en place des sociétés qui devraient gérer les déchets et la récolte des taxes peut être réalisée par l’Etat ou les privés, ou mixte, comme cela se fait dans plusieurs pays du monde », avait indiqué M. Alain Botoko, président exécutif de l’Ong ESSF.

L’Ong apaise les autorités de la ville province de Kinshasa et de l’exécutif national de ne pas considérer les déchets comme un problème, par contre, ils sont une opportunité pour la création d’emplois durables et une source d’entrée à la caisse de l’Etat, de plusieurs millions de dollars par an. Seulement, comme a dit Martin Luther King Junior, quelques temps avant sa mort, « apprenons à vivre ensemble, sinon, nous allons mourir comme des mouches ».

(Lepetit Baende)

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