Kinshasa : 50 % de grossesses non-désirées

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Il ressort d’une étude de l’organisation « Médecins du monde » que près d’une grossesse sur deux est dite non-désirée dans la capitale congolaise et les grossesses non désirées se rencontrent dans la plupart des familles kinoises. Il y a entre autres causes majeures, la problématique de la faible utilisation de contraceptifs.

Selon l’organisation « Médecins du monde » (MdM), près de 50.000 femmes décèdent tous les ans suite à un avortement pratiqué hors de tout cadre médical. Aussi 22 millions d’avortements à risque sont-ils effectués chaque année. Tandis que 225 millions de femmes n’ont toujours pas accès à une contraception sûre et efficace.

En République démocratique du Congo, indique la même source, le taux de prévalence de grossesses précoces est de 28 %. La prévalence des avortements provoqués chez les adolescentes et les jeunes est de 30 %. Et il y a 28,2 % de besoins non-satisfaits de planning familial chez les adolescents et les jeunes. Le taux de prévalence contraceptive étant de 28,2 %.

A Kinshasa, près d’une grossesse sur deux est dite non-désirée, affirme cette organisation « Médecins du monde » intervenant depuis 1999 dans la capitale congolaise. Il ressort donc de son étude sur les déterminants socioculturels et communautaires des grossesses non désirées et avortements dans la ville province de Kinshasa, que les grossesses non désirées se rencontrent dans la plupart de familles. Ce, quel que soit l’âge, le niveau d’instruction ou la classe sociale.

Des causes de ces grossesses non désirées

La disparition progressive des modalités traditionnelles d’éducation sur la sexualité, l’influence des pairs, l’insuffisance de communication autour des contraceptifs, etc. favorisent ces grossesses non désirées. La faible utilisation des contraceptifs, entretenue par les représentations collectives et individuelles erronées expliquent la récurrence des grossesses non désirées, tant redoutées par le contexte social, moral et religieux de Kinshasa.

D’après cette même étude, les filles sont victimes de la marchandisation du corps, de leur inexpérience dans la gestion de la sexualité et les familles ne remplissent pas le rôle de formation. La gestion familiale néfaste et souvent violente des grossesses non désirées est prolongée par les services de santé, pas toujours accueillants vis-à-vis des jeunes qui demandent des soins, dont des soins post-avortements.

« Une fille avec une grossesse non désirée doit faire face à de nombreuses difficultés, dont une société qui la stigmatise et la pousse à avorter, souvent avec des méthodes très violentes et néfastes pour sa santé », souligne cette étude de l’organisation « Médecins du monde ». Réalisés dans des conditions peu professionnelles et hygiéniques, ajoute-t-elle, les avortements clandestins sont le résultat d’un ensemble de facteurs.

Notamment, les attitudes du personnel de santé, le poids des croyances religieuses, la méconnaissance et la crainte de la loi, le rapport à l’image de soi, la gêne ou encore la honte.

De la problématique d’utilisation des contraceptifs en Rdc

Cette même source démontre qu’en République démocratique du Congo, les contraceptifs disponibles sont peu utilisés à cause des perceptions défavorables (stérilité, réduction du plaisir, etc.). Lesquelles perceptions, indique l’étude, sont malencontreusement populaires, défavorables, et amplifiées par l’insuffisance du counseling permettant un choix libre et éclairé.

Cette étude de l’organisation « Médecins du monde » soutient même que les convictions religieuses et le rôle des parents l’emportent sur les rôles professionnels médicaux. « Le personnel de santé, malgré sa formation, véhicule fortement les normes morales sociétales et religieuses et finit par sanctionner la demande d’utilisation des contraceptifs, même inconsciemment », renchérit-elle.

Et de marteler que ces messages divers et contradictoires sont renforcés par un manque de politique nationale de communication et de promotion des contraceptifs.

Quant aux solutions envisagées

Pour remédier à cette situation de la forte prévalence des grossesses non désirées et la faible utilisation des contraceptifs dans la ville de Kinshasa, l’organisation « Médecins du monde » invite donc les autorités politiques congolaises compétentes, entre autres, à abroger l’article 178 du Code pénal interdisant la promotion et la distribution des contraceptifs ; d’adopter une loi en santé de la reproduction, intégrant l’accès aux services de planification familial pour les jeunes ; et de publier l’acte de ratification du Protocole de Maputo dans le Journal officiel, « pour en assurer l’application ».

L’organisation « Médecins du monde », par la même occasion, recommande aux services sociaux et de santé de renforcer la disponibilité des contraceptifs, y compris la contraception d’urgence via par exemple des stratégies avancées pour atteindre les jeunes là où ils se trouvent ; de promouvoir la qualité de l’accueil des jeunes et un counseling efficace ; d’améliorer la formation du personnel en matière de soins post avortements ; et de renforcer les capacités de médias sur la Santé sexuelle et reproductive (SSR) en termes de contenu et de méthodes.

Egalement, aux acteurs communautaires et à la Société civile, d’appliquer des stratégies d’information et de communication de proximité et de masse sur la Santé sexuelle et reproduction  ; de développer des stratégies de changement de comportement en y intégrant une dimension genre ; d’avoir des messages d’information abordant à la fois les aspects médicaux et sanitaires et les aspects affectifs et émotionnels des relations sexuelles…

Mais aussi, pour les interventions, de cibler les différents lieux que les adolescents et adolescentes fréquentent régulièrement, etc.

(Lepetit Baende)

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