Katanga: Le choléra, encore un défi du sous-développement

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Dans la province minière du Katanga, le choléra fait des ravages. Beaucoup de mines mais pas assez d’eau potable. Neuf ans plus tard, après une étude menée par un professeur congolais qui avait identifié huit villes de l’Est de la République Démocratique du Congo comme zones sources de choléra. Cette étude a conduit l’élaboration du plan national pour son élimination. Malgré cela, le choléra est devenu une réalité, affectant des milliers de personnes chaque année et reste durablement comme priorité sanitaire pour de nombreuses villes, villages et contrées du pays.

Au Katanga, cette maladie dite « des mains sales » est endémique à Kalemie, ville située au bord du lac Tanganyika. Le lac est la source principale d’eau pour des milliers de personnes à Kalemie. Il est aussi un vecteur principal de la maladie. Bien que nous soyons qu’en début de l’année, les spécialistes sanitaires agitent déjà le drapeau d’avertissement car du 1er janvier au 22 mars dernier, plus de 1. 950 cas ont été diagnostiqués ; dont 37 personnes en sont mortes. Cependant les experts reconnaissent que ces chiffres ne disent pas toute l’histoire en raison des défis logistiques et faiblesses dans la collecte des données.

De janvier à février, plus de 30% des cas de ces premières semaines de cette année en cours proviennent de la seule zone de santé de Mufunga Sampwe dans le territoire de Mitwaba. Une situation attribuable à plusieurs facteurs personnel soignant mal formé ou quand ils le sont ils doivent combattre le défi de peu de routes difficilement praticables qui, parfois, se transforment en marécages en temps de pluie. Il y aussi peu de moyens logistiques pour acheminer des intrants, l’absence d’acteurs humanitaires spécialisés, souvent liée à un manque de financement.

De 2012 à 2014, plus de 31 370 cas, dont 6 930 cas en 2012, 13 700 cas en 2013 et 9 180 cas en 2014, ont été enregistrés dans la province et 843 personnes en sont mortes durant la période. En 2013, la seule province avait enregistré deux fois plus de cas de choléra que toutes les autres provinces de la RDC réunies. Le District de Lubumbashi qui avait enregistré près de 50% de cas de la province en 2013 a cédé sa place en 2014 au district du Haut-Lomami 45% cas. Malgré les efforts consentis, le Katanga reste secoué.

Depuis le début de mois de mars, la situation, dans l’ensemble, semble s’améliorer avec une baisse d’un tiers des cas par semaine en 2015, contrairement à l’année précédente à la même période.

Le choléra reste un problème de sous-développement, d’où les actions durables pour endiguer cette épidémie telles que entre autres, le développement hydraulique, la réhabilitation et l’extension du réseau de distribution, la construction d’un réservoir de grande capacité, le doublement de la capacité de production de l’usine. La lutte contre le choléra nécessite ainsi une approche holistique dans la quelle, comme dans un puzzle, chacun a un rôle spécifique à jouer, l’Etat congolais et ses différents départements, les ONG et organisations spécialisées, les bailleurs de fonds, les communautés elles –même doivent tous s’impliquer afin de mettre fin a cette épidémie du choléra dans la province du Katanga. Beaucoup de mines mais pas assez d’eau potable, jusque-là moins de 35% des ménages katangais ayant accès à l’eau selon le plan stratégique multisectoriel d’élimination du choléra en République Démocratique du Congo.

(Clémence Kilondo/Stagiaire)

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