Kasaï –Central: Le chef Kamuina Nsapu, le mystère demeure

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Des violents combats opposent depuis quelques jours les FARDC et les miliciens du grand chef Kamuina Nsapu déclaré pour mort depuis le mois d’août dernier avec une dizaine de ses adeptes par le gouvernement provincial du Kasaï Central représenté par Alex Kande. A en croire le numéro un de l’Administration du Kasaï Central, le chef Kamuina Nsapu, coach de tous les chefs coutumiers de Bajila Kasanga dans le territoire de Dibaya avait été tué par les forces de l’ordre, alors qu’il tentait de résister à une interpellation de la police nationale congolaise, « version du gouvernement ».

Auparavant selon les sources officielles, des policiers avaient perdu la vie lors de l’affrontement avec la dite milice, 12 au total qui avaient été exposés au stadium de l’espoir de Kananga pour les derniers hommages des autorités politico-militaires et de la population Kanangaise, avant leur mise en terre avec dignité. Les corps des miliciens avaient été également exposés. Il a fallu quelques jours seulement pour que les uns puissent mettre en doute la mort de ce grand chef reconnu comme porteur d’un pouvoir coutumier redoutable et mystique de loin plus fort que ceux d’autres chefs traditionnels de son territoire et qu’il ne pouvait jamais tombé sur les coups des balles.

Les commentateurs sont aller plus loin pour dire que le prétendu mort s’était volatilisé sous forme d’un oiseau à la distraction de ceux qui voulaient sa mort et que ses sont ses milices, quelques-uns considérés comme garde rapprochés qui ont été touchés par les balles. D’autres par contre affirment que le chef Kamuina Nsapu est belle et bien mort par balle, étant donné que l’arme de guerre ne tient jamais compte d’un quelconque pouvoir mystique.

Et alors qui dit mieux ?

Il sied de signaler que dès les premières heures de la révolte du chef Kamuina Nsapu pour des raisons connues que par lui-même, une délégation Kinoise composée du Vice-Premier ministre et ministre en charge de l’Intérieure Evariste Boshab, des responsables des services de sécurité et de renseignements, des membres du Comité national de l’association des chefs coutumiers du Congo dont le grand chef Mwant Yav de l’ex-Katanga, ainsi que des députés nationaux originaires du Kasaï Central avaient fait le déplacement de Kananga pour tenter d’apaiser la tension et surtout restaurer l’autorité de l’Etat coté pouvoir, jouer ainsi aux sapeurs-pompiers et convaincre leur collègue à mettre fin à la désobéissance et à l’insurrection. Même s’ils ne sont pas arrivés sur place à Tshimbulu, chacun a joué son rôle grâce aux technologies de la communication et de l’information.

Quelques semaines plus tard, les nouveaux affrontements

Pendant que Kinshasa s’était réveillée le lundi 19 septembre sous tension suite à la marche dite pacifique du Rassemblement d’une certaine opposition autorisée par l’autorité urbaine de Kinshasa, marche qui a été transformée en pillages, vol et viols, des sièges des partis politiques de la Majorité présidentielle comme de l’opposition présente au dialogue incendiés, situation qui s’est reproduite le mardi 20 septembre où les sièges de l’opposition hors dialogue furent eux aussi brulés, etc. C’est presque au même moment que le Gouvernement confirme des violents combats entre les Forces armées de la République Démocratiques du Congo (FARDC) et les miliciens du chef Kamuina Nsapu autour de l’aéroport de Kananga au Kasaï Central.

Dans ses affrontements, une hôtesse de Congo Airways, Nathalie Bira a été tuée à coups des machettes par les miliciens à l’aéroport de Kananga après leurs irruptions dans l’un des salons de l’aéroport, où elle se trouvait à son poste de travail, d’après nos sources. A en croire les mêmes sources, c’est à l’hôpital général de Kananga qu’elle a succombé dans la salle des soins intensifs. Toujours dans ses mêmes circonstances, le Colonel Tshimpanga, commandant ville de la police nationale congolaise a lui été blessé par balles pour être tout de suite après acheminé à l’hôpital général de Kananga dans lequel il subira une dangereuse opération. La question qui reste posée est celle de savoir qui a tiré sur le commandant PNC ville, pendant que l’on continue à soutenir que la milice n’opère qu’avec des bâtons magiques ? Est-ce ses propres policiers qui voulaient mettre fin à sa vie profitant de cette circonstance pour une raison ou une autre, ou alors les Fardc venues en intervention ? Si oui pour quelle raison ? Concernant les dégâtsmatériels, il est signalé un véhicule anti-incendie de la Régie des voies aériennes/Kananga et d’autres voitures des privés et certains bureaux de l’aéroport.

Le chef Kamuina Nsapu, est-ce un mystère?

S’il est vrai que le chef Kamuina Nsapu a été tué selon le gouvernement provincial du Kasaï-central, qui organise sa milice et pour quel objectif ? S’il est vivant, que font le gouvernement provincial et central pour démanteler ce réseaux et ou l’arrêter pour être jugé pour crime contre l’humanité et encadrement d’un mouvement insurrectionnel ? Ces sont des questions qui méritent d’être posées pour des réponses nettes et claires. Kananga réputée ville de paix est à ce jour devenue ville des troubles ou l’on verse le sang des innocents, ville de paniques et d’incertitudes où ses habitants vivent presqu’enfermés dans leurs maisons dès qu’il est 18h00 par peur de ce qui pourrait arriver.

A ce jour, cette population habituée à vivre au taux du jour comme qui dirait, je cite : « à chaque jour suffit sa peine », meurt de faim. Moment pour les vendeurs des produits de première nécessité de se faire fortune. Ils vendent une mesure de graines de maïs appelé Meka à 2000 FC, alors qu’elle se négociait à 900 FC avant les troubles ; et une mesurette de haricot appelé Sipa qui se négociait à 500 FC, se vend aujourd’hui à 1500 FC. Quelle souffrance pour les habitants de cette ville administrative qui n’a aucune usine, sauf les points de ventes d’autant que la seule usine brassicole, Unibra qui existait a été délocalisée il y a quelques années pour Mbuji-Mayi pour des raisons que seules les autorités de la province maîtrisent  et les responsables de cette entreprise. Voilà qui a plongé la population dans le chômage. La société Nationale de Chemins de fer du Congo qui ravitaille la ville est dans une difficulté due au mauvais état de la voie ferrée, c’est ce qui fait que les rotations des trains marchandises deviennent irrégulières, ajouté à cela les problèmes des locomotives qui sont dans la plupart en panne à Kananga.

Comment reconnaitre la milice de Kamuina Nsapu ?

Voilà la grande question que se pose plus d’une personne, surtout ceux qui sont au chef-lieu du Kasaï-Central. Les sources de la Radio Okapi nous renseignent que la milice du chef Nsapu porte un turban rouge à la tête et un petit couteau entre la tête et le turban rouge. Elle n’opère pas avec des armes à feu qu’utilisent toutes les armées du monde, mais plutôt avec des bâtons dits magiques qui au terme d’un petit cri se transforme en arme nuisible porteur de la mort et ce bâton sert en même temps d’une anti-balle et pourtant quelques-uns porteurs de ces bâtons dits magiques sont tombés sous les coups des balles de la police et de l’armée régulière. Est-ce à cause de la non observance des interdits coutumiers dans le chef de la milice ou c’est parce que l’armée régulière est sacrée ? A chacun de répondre. Comme pour confirmer l’aspect mystique de la milice, un officier supérieur de l’armée de la Rdc répondant aux questions de nos confrères de la KHRT, Radio- télévision Kasaï Horizons a avoué que les FARDC combattaient contre les fantômes et a tenu à rassurer que Kananga est désormais sous le contrôle des vaillants soldats des Forces Armées de la République Démocratiques du Congo.

Le Vice-Premier ministre de l’Intérieur rassure la population

Le samedi 24 septembre, Evariste Boshab, Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur a été l’hôte des populations victime d’une incursion de la milice de Kamuina Nsapu, incursion qui a fait des morts parmi lesquels des écoliers de l’institut Pédagogique Kananga 1 qui se sont, sous la panique permis de sauter des classes du premier niveau de l’institut jusqu’au rez de chaussée. Deux d’entre eux ont perdu la vie. D’un ton de colère et très sévère, le patron de la sécurité intérieur qu’accompagnait l’Inspecteur général de la police, Charles Bisengimana à condamné avec la dernière énergie ces actes qui ont troublés la quiétude des Kanangaises et Kanangais occasionnant des pertes en vie humaines et des dégâts matériels énormes. Tout en appelant les centre-Kasaiens à se faire enrôler massivement au moment opportun pour prendre part aux prochaines élections voulues crédibles et apaisées conformément au calendrier que va livrer la commission électorale indépendante (CENI), Boshab a appelé les filles et fils de Kananga en particulier et du Kasaï-Central en général à ne pas céder aux appels à la violence, mais à faire plutôt confiance aux institutions provinciales de la province de Kasaï-Central.

L’union culturelle Lulua et frères propose une piste pour la paix

Il y a quelques mois, cette structure culturelle présidée par Betu Lubuyi Didi, un ancien cadre retraité de l’Office congolais de contrôle (OCC), montait au créneau pour fustiger ce qu’elle appelle « la mal gouvernance et la gestion par procuration du Kasaï-central ». Elle revient à la charge pour condamner elle aussi l’effusion du sang dans sa province. Selon l’union culturelle Lulua et frères, le président de la chambre basse du parlement Aubin Minaku à un rôle important à jouer pour le retour d’une paix durable et voulue par tous à Kananga et au Kasaï-Central.

Ne voulant rien dire à la presse, elle a préféré adresser une correspondance au speaker de l’Assemblée nationale avec copie au Président de la République et au Premier ministre, ainsi qu’aux notables du Kasaï-Central, demandant d’être reçu en audience pour l’ouverture de la boite à pandore. Obtenir à l’occasion des explications sur les tueries de Tshimbulu dans le territoire de Dibaya, événements qui ont eu lieu à la fin du mois de juillet dernier et qui ont, selon la dite correspondance,  fait plusieurs morts au sein de la population civile dont le chef Kamuina Nsapu, certains de ses plus proches, ainsi que dans les rangs des vaillantes forces de l’ordre de la Rdc. L’Union culturelle Lulua et frères estime que des évènements de cette ampleur qui avaient nécessité l’envoi d’une mission parlementaire, ne peuvent passer inaperçus et exige en outre que la responsabilité des uns et des autres soit établie et pourquoi pas sanctionnée. Les populations du Kasaï-central qui avaient réservé un accueil royal au Président de la République, chef de l’Etat, quelques jours seulement avant ces tristes évènements, se souviennent encore de sa préoccupation et de ses instructions combien sages enjoignant aux autorités  de la province d’être prévenantes et d’opter pour une approche qui exclurait toute effusion du sang. Pour Betu Lubuyi Didi, l’échange entre sa structure culturelle et le président de l’Assemblée nationale serait salvatrice. Une chose est à retenir, ce que la ville de Kananga est sous contrôle des forces de l’ordre de la Rdc quelques soient les messages de panique qui proviennent de certains inciviques ennemis du peuple.

(Pamphile Kayombo)

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