Kalemie et Nyemba: Le choléra fait 3 morts sur les 161 cas

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L’épidémie de choléra a fait trois morts sur les 161 cas enregistrés depuis trois semaines à Kalemie et à Nyemba, a annoncé mardi  dernier, l’administrateur du territoire de Kalemie, Louis Mipanga ya Lukasa. En effet, l’autorité s’est appuyé sur le rapport  hebdomadaire de maladie sous surveillance des médecins- chefs de ces deux zones de santé de la province de Tanganyika. Ce rapport fait état de 161 cas, dont 122 de la zone de santé de Nyemba pris en charge  grâce à l’appui de la division sanitaire de Tanganyika, qui bénéficie à son tour d’intrants de l’Unicef. Les acteurs humanitaires sont en alerte maximale et la population mise en  garde contre cette épidémie, selon des sources médicales. Pour  tout cas de vomissement ou de diarrhée, que la population n’hésite pas à l’emmener si pas à l’hôpital général de référence mais ne fut-ce qu’au centre de santé le plus proche du domicile, a exhorté Jean Pierre Kitenge, médecin directeur de l’hôpital de référence de Kalemie. Il a signalé l’installation des sites de chloration d’eau le long du lac Tanganyika et de la rivière Lukunga, grâce à l’appui de l’ONG Solidarité.

Les autorités sanitaires offrent également des soins gratuits au centre de traitement du choléra mais elles redoutent la propagation de l’épidémie dans la région, à la suite de la fréquence de coupure de l’électricité. Signalons qu’au mois de novembre dernier, deux personnes étaient mortes de choléra dans les zones de santé de Kalemie et Nyemba dans le Tanganyika. Ce qui revient à dire qu’en l’espace d’environ sept mois, le choléra  réapparait.

Le choléra est une infection diarrhéique aiguë, provoquée par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés par le bacille Vibrio cholerae. Selon les estimations, il y a chaque année 1,4 à 4,3 millions de cas de choléra, avec 28 000 à 142 000 décès. La brève période d’incubation, de deux heures à cinq jours, est un facteur qui renforce la dynamique potentiellement explosive des épidémies.

Symptômes

Le choléra est une maladie extrêmement virulente. Touchant les enfants comme les adultes, on peut en mourir en quelques heures.

Environ 80% des sujets infectés par V. cholerae ne manifestent aucun symptôme, bien que le bacille soit présent dans leurs selles pendant 1 à 10 jours après l’infection et soit éliminé dans l’environnement, où il peut potentiellement infecter d’autres personnes.

Pour ceux qui manifestent des symptômes, ceux-ci restent bénins ou modérés dans 80% des cas, tandis que chez environ 20% des cas, une diarrhée aqueuse aiguë, s’accompagnant de déshydratation sévère, se développe. En l’absence de traitement, elle peut entraîner la mort.

Les sujets ayant une faible immunité, enfants souffrant de malnutrition ou personnes vivant avec le VIH par exemple, sont davantage exposés au risque de mort en cas d’infection.

Un environnement malsain source du choléra

Selon les sources, la transmission du choléra est étroitement liée à une mauvaise gestion de l’environnement. On trouve dans les zones à risque typiques les bidonvilles périurbains, qui ne disposent d’aucune infrastructure de base, ni de camps de réfugiés ni de personnes déplacées, où les besoins minimums en eau propre et en assainissement ne sont pas assurés.

Intervention sur l’eau et l’assainissement, un des moyens de lutte

Une approche pluridisciplinaire est essentielle pour atténuer la gravité des flambées de choléra, l’endiguer dans les zones d’endémie et faire baisser la mortalité.

Sur le long terme, la solution pour endiguer le choléra, qui sera bénéfique pour toutes les maladies transmises par voie féco-orale,  réside dans le développement économique et l’accès universel à l’eau potable et à des services d’assainissement, un aspect crucial pour la prévention des épidémies et du choléra endémique.

Les mesures visant les conditions environnementales sont les suivantes: le développement des systèmes d’adduction d’eau par canalisations raccordés à des installations de traitement (chloration);

des interventions au niveau des ménages (filtration de l’eau, désinfection chimique ou solaire de l’eau, conteneurs sûrs pour la conservation de l’eau); la construction de systèmes pour l’évacuation des eaux usées et de latrines.

La plupart de ces interventions nécessitent des investissements importants sur le long terme, s’accompagnent de coûts de maintenance élevés et sont difficiles à financer et à pérenniser dans les pays les moins développés, là où elles sont par ailleurs les plus nécessaires.

Traitement

Le choléra est une maladie facile à traiter, indiquent plusieurs sources médicales. L’on peut guérir jusqu’à 80% de sujets atteints, en leur administrant rapidement les sels de réhydratation orale. En cas de déshydratation très sévère, la perfusion de liquide par voie intraveineuse s’impose. Ces patients nécessitent également des antibiotiques adaptés pour raccourcir la durée de la diarrhée, diminuer les quantités de liquide de réhydratation nécessaires et écourter la durée de l’excrétion des bacilles.

Mobilisation sociale

Les campagnes d’éducation sanitaire, adaptées à la culture et aux croyances locales, devraient promouvoir l’adoption des règles d’hygiène appropriées, comme le lavage des mains au savon, la préparation et la conservation sans danger des aliments et l’allaitement au sein.

 

(Mamie Ngondo)

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