Justin Bitakwira sollicite et obtient l’implication de l’Assemblée nationale

par -
0 397
Dans une motion d’information contre les sanctions occidentales aux autorités congolaises
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Les débats étaient houleux hier jeudi 15 décembre 2016, à l’Assemblée nationale. Et ce, peu avant la clôture de la session ordinaire de septembre 2016.  A la pointe, la motion incidentielle de l’honorable Justin Bitakwira, non seulement pour l’intérêt de la République, mais aussi pour interpeller les élus nationaux sur la situation actuelle que traverse le pays.

Se référant au défunt Nelson Mandela qui disait « Qu’il est facile de casser et de détruire. Les héros, ces sont ceux qui font la paix et qui bâtissent », Justin Bitakwira a invité tout congolais, femmes, hommes, enfants, vieux et vieillards à intérioriser cette pensée.

Pour lui, la République Démocratique du Congo est un Etat fragile, pays convoité par tout le monde depuis plusieurs siècles en raison de ses potentialités du sol et sous-sol. « Nous sommes un pays fragile, soyons-en conscients ; nous sommes un pays convoité, depuis des lustres n’oublions pas. Beaucoup de la génération 1960 en ont payé le prix, nous-mêmes continuons à payer », a-t-il introduit sa motion incendentielle.

Dans sa motion, l’élu d’Uvira dans le Sud-Kivu s’est focalisé sur trois points essentiels, en commençant par la situation générale de certains Etats en guerre qui ne savent plus comment s’en sortir sous la barbe de ceux-là qui les ont manipulés, a-t-il indiqué. Mais aussi, évoquer la psychose de la date du 19 décembre qui hante la République, et enfin chuter avec le sujet des sanctions qui fusent tantôt du Parlement européen et du Congrès américain.

Abordant la question relative aux Etats en situation de guerre, il a fait savoir devant les élus nationaux, que tout le monde sait pertinemment bien que l’Irak, la Somalie, la Lybie, la Syrie, l’Afghanistan et autres furent des Etats très stables. Chacun d’eux a son histoire. « Mais, regardez ces pays dans le miroir, ils ne restent presque que l’ombre d’eux-mêmes. Ceux qui ont conduit ces pays dans l’état pareil sont connus et c’était chacun sous un prétexte donné et par la manipulation d’une partie de la population. Faisons donc attention que nous ne tombions dans le piège dans lequel les libyens, irakiens, afghans et somaliens sont tombés », a-t-il sonné l’alarme. De ce point de vue, il a rappelé aux élus nationaux que les rébellions auxquelles le Congo a fait face et continue à faire face, c’est dans le but de plonger le pays de Patrice-Emery Lumumba, M’Zée Laurent-Désiré Kabila dans la même situation que ces pays cités ci-haut. « Grâce à la nature et au Créateur, malgré les difficultés, nous existons encore comme République Démocratique du Congo. C’est par miracle », a-t-il indiqué.

La démocratie doit s’adapter aux réalités congolaises

S’agissant  de la date du 19 décembre, en sa qualité de Berger, il dit qu’un berger normal sait que le tonnerre annonce toujours la pluie. Dans pareil cas, il met ses brebis à l’abri. Ceci explique cela, Justin Bitakwira estime que chaque peuple doit bâtir sa démocratie. Cette dernière ne se calque pas, elle ne se copie pas et dans tout parcours, il ne manque pas d’accident. « Le retard que connait notre démocratie, de n’avoir pas organisé les élections dans le délai constitutionnel est un accident réparable. Et dans notre pays qu’on le veuille ou pas personne ne supprime les élections, elles auront toujours lieu. Brûler le pays pour cela, sera insensé pour les uns comme pour les autres », a-t-il déclaré. A l’occasion, il a lancé un cri pathétique en citant François Hollande lors des funérailles de Jacques Foccart lorsqu’il a dit qu’on gagne plus par le dialogue que par  la violence.

Justin Bitakwira invite à la prise de conscience nationale

Evoquant les sanctions du Parlement européen et celles du Congrès Américain contre les autorités congolaises, le député national a invité tout le monde à la levée de la conscience nationale à travers la Chambre basse parlementaire pour faire entendre leur voix à travers une recommandation qu’à travers le gouvernement à venir des canaux diplomatiques s’enclenchent, ainsi que le droit international, mais aussi que leur chambre mette en branle la diplomatie parlementaire, à cet effet. « Les intentions de ces sanctions est de voir notre pays sombrer dans le chaos, une fois dans ce chaos, missions accomplies parce que, ni en Lybie, ni en Somalie, ni en Syrie, ni en Irak, on en sanctionne plus », a-t-il poursuivi, en invitant une fois de plus l’ouverture d’un couloir pour qu’à travers eux, élus nationaux, une demande de partenariat aux partenaires bilatéraux et multilatéraux que la République Démocratique du Congo a besoin pour consolider sa démocratie, au lieu de voir le pays de Patrice Emery Lumumba se déchirer. « Ce message s’adresse également à la jeunesse congolaise en général et aux mouvements citoyens en particulier, que la paix est un trésor » a-t-il conclu son intervention.

Des réactions parlementaires

Frénétiquement applaudit, l’intervention de Justin Bitakwira a suscité autant de réactions à travers le débat ouvert à l’Assemblée nationale. Plusieurs élus se sont exprimés quant à ce, notamment en fustigeant ces sanctions sur le plan juridique, politique et diplomatique que les européens ont violé le principe établit.

Sur le plan judiciaire, les sanctions de l’union européenne n’ont aucun soubassement de leurs propres enquêtes, évoqué au point 9 de sa propre proposition. Elle a appelé à cet effet, de son vœu une enquête complète, approfondie, transparente sur les violations de droits de l’homme qui auraient été commises lors des manifestations enfin d’identifier les responsabilités de leurs commanditaires, sans amorcer leurs investigations. L’Union européenne a ciblé les coupables en faisant expert de violer la notion sacrée de la présomption d’innocence, inscrite pourtant dans la Déclaration universelle de Droits de l’Homme.

Cependant, sur le plan diplomatique, l’Union européenne estime que les sanctions prises procèdent du droit impérial qui est aux antipodes du droit international. Cette manière d’agir, les élus l’ont qualifié d’illégale. C’est le principe qu’un Etat prenne des sanctions contre un autre Etat en toute illégalité sans passer par le Conseil de sécurité des Nations Unies. A ces propos, le Conseil de Sécurité et l’Assemblée Générale, avaient prises une résolution le 18 décembre 2014, interdisant toute mesure unilatérale d’un Etat contre un autre Etat. «S’élève fermement contre le caractère extraterritorial des mesures coercitives unilatérales, tout par surcroit menacent la souveraineté d’un Etat, et à cet égard engagent tous les Etats membres à ne pas les reconnaitre, à ne pas les appliquer et à prendre de mesures d’ordres administratifs ou législatifs selon les cas pour faire échec à leur application et à leurs incidences extra territoriales », point 5 de la Résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Donc, sur le plan diplomatique, l’Union européenne a violé  ce principe.

Sur le plan politique, la Résolution du parlement Européen démontre amplement que, les motifs évoqués ressemblent comme deux goûtes d’eaux aux prises de positions des partis et ONG de l’opposition congolaise. Ces mêmes rapports, déplorent les élus du peuple, ont été rédigés par les congolais eux-mêmes, en ce que les événements du 19 et 20 septembre ont comme origine des pressions par l’opposition à la Ceni pour convoquer le corps électoral, selon l’article 73 de la Constitution, à la date du 19 décembre, parce que tout le monde savait qu’il est impossible de convoquer ce corps électoral, étant donné que la RDC ne dispose d’aucun fichier électoral. « Les violences avec lesquelles ces manifestations ont eu lieu, appelaient logiquement nos forces de l’ordre à intervenir en ce que la police a pour mission de protéger les personnes et leurs biens, l’intégrité physique, la protection rapprochée des autorités, du maintien de l’ordre public ; et que les forces armées de la République ( Article 187) ont pour mission de défendre  l’intégrité du territoire nationalet des frontières et participent en tant de paix au développement économique et social ainsi à la protection des personnes et de leurs biens ».

De ce point de vu, la Constitution reconnait la liberté de réunion et de manifestation publique sans armes est garantie sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public et de bonne vie et mœurs. « Lorsque ces réunions et manifestations publiques dégénèrent, que  font dans tous les pays du monde les forces de l’ordre et au besoin les forces de défense ? Les images de manifestants civils s’exhibant avec des effets des policiers, des  militaires, armes, boucliers, uniformes, bottes, etc. véhiculés par les réseaux sociaux ne sont pas des produits de manipulation. Sur la centaine des morts annoncées par l’opposition, les partis politiques qui se sont présentés en victimes n’ont même pas enterré une dizaine des morts. Ceci dit, une mort est une mort de trop et nous ne voulons pas que le sang de Congolais coule encore », ont-ils clamé.

Au regard des dispositions constitutionnelles, l’Union européenne est incapable de prouver aux autorités congolaises en quoi les responsables de l’appareil sécuritaire ont violé la loi fondamentale, encore qu’elle n’a pas pu mener son propre enquête annonçait complète, approfondie et transparente en se contentant des celles du Bureau des Nations Unies sur le Droit de l’Homme, les ONG des Droits de l’Homme, fondant ainsi ses sanctions sur le travail des autres. Il est étonnant que l’Union Européenne passe sous silence le Rapport de la Commission Nationale de Droits de l’Homme (CNDH) sous les mêmes événements dont, la confection et la publication ont été financées par son concours. Ainsi, l’Union Européenne applique la politique de deux poids deux mesures en tenant compte seulement de l’expertise étrangère et non des Congolais, qui ont cité l’implication des membres de l’opposition comme auteur des violences observées lors des événements du 19 et 20 septembre.

A ces propos, il a été recommandé au gouvernement de la République, une réplique pour que sa souveraineté soit garantie et que le Congo soit défendu tant sur les plans judiciaire et diplomatique. Ces élus ont déploré le fait que, certains de leurs collègues transmettent des informations dans les chancelleries, en ce que la République Démocratique du Congo doit mener une diplomatie offensive, à travers les capitales occidentales, apporter la donne des informations correctes pour faire le contrepoids.

(Pius Romain Rolland)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse