Justin Bitakwira : « Les leaders du Rassemblement doivent comptabiliser les morts et les prendre en charge »

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Se retrouvant hier mardi 20 septembre 2016 sur le site de l’Union africaine pour prendre part aux travaux du dialogue politique, Justin Bitakwira l’un des participants au dialogue, a présenté ses condoléances aux familles victimes d’actes de violences. « Je dirais que le cycle de violence dans lequel nous sommes entrés, nous l’avions prévenu il y a plus d’une année. Est-ce que nous souhaitons le chaos d’abord après le dialogue ? Nous souhaitons le dialogue avant le chaos, maintenant que ce qu’on craignait est arrivé », a-t-il rappelé. En s’adressant au peuple congolais, le Président national de l’Alliance pour la République et la Conscience Nationale (ARCN) a souligné que si le peuple est trompé, il est très content et fier. « Mais lorsqu’on vous dit la vérité, vous vous énervez. Les amis qui ont décidé effectivement de mettre ce pays à feu et à sang, je crois qu’ils ont tort. Nous qui avons préféré le dialogue, sommes des héros. Je dis bien des héros ! », a-t-il condamné.

Cependant, devoir de mémoire oblige, il a rappelé que parmi les héros qui ont préféré le dialogue, il y en avait que trois ou cinq politiques de l’opposition modérée. Mais avec le temps, la liste s’est allongée. Donc, c’est à eux qu’il faut jeter des fleurs puisqu’ils ont accepté le dialogue. De renchérir en ces termes : « Ceux qui préfèrent la mort de notre jeunesse, de notre peuple, ils sont condamnables. Ce qui m’inquiète dans ce pays est que, quand on parle de Beni, les gens de Kinshasa entendent comme si c’était la Yougoslavie. Hier, Beni s’est déplacé de là pour Kinshasa. C’est un choix opéré. Goutons ce que goutent les gens de Beni. La seule chance qui nous reste, est que ce qui s’est passé à Kinshasa, s’était produit dans l’Est, ce serait pour 10 ans. Dieu merci, comme c’est ici à Kinshasa, après  2 ou trois jours au maximum, la paix va revenir », a-t-il prédit.

Réagissant à la question selon laquelle la violence semble prendre de dessus sur la paix, gage du dialogue, l’élu d’Uvira dans le Sud- Kivu a interpellé tous les leaders du Rassemblement à comptabiliser les morts et à les prendre en charge. « Il ne faut pas que les familles qui ne savent même pas où vont leurs enfants commencent à chercher maintenant où trouver les cercueils pour enterrer leurs enfants. Ce que je ne partage pas, ce sont les casses et les démolitions, dans un camp comme dans un autre. J’aurais appris aussi qu’il y a des sièges de l’opposition et du Rassemblement qui ont été cassés, comme les sièges de la Majorité ou de pro-dialogue qui ont été cassés, je l’ai prédit encore une fois. Que personne n’avait le monopole de la violence. Personne ! La violence, on se la partage, soit les conséquences soit les fruits du partage de la violence », a-t-il relevé, appelant tout le monde à la retenue.

Parlant de la police nationale qui est pointée du doigt dans ce dérapage, Justin Bitakwira affirme qu’il a entendu des rumeurs selon lesquelles la police aurait exagérée dans l’usage de la force ; on soupçonne également que dans la police il y a celles qui remettent les grenades lacrymogènes aux marchants ou aux pillards, invite la police à la neutralité et à l’encadrement de la manifestation. « Je crois qu’à l’allure où vont les choses, l’on ne doit plus autoriser une quelconque manifestation dans ce pays en général, et dans la Ville de Kinshasa en particulier. Nous devons clôturer le dialogue qui doit aboutir à un consensus ; à un compromis politique. Nous sommes dans un tunnel, nous ne rentrerons plus en arrière », a fustigé le Président national de l’Alliance pour la République et la Conscience nationale.

En sa qualité de leader et chef de file de l’opposition citoyenne, sa plateforme politique a pour principe : « le mal c’est le mal et le bien c’est le bien ! ».  « Ce qu’a fait le Rassemblement hier, c’est le mal ! Je condamne. Si dans un camp comme dans un autre, le mal se tiendra, je le condamnerai toujours ! Là, les casses, je ne suis pas d’accord. J’ai demandé à toutes mes militantes et tous mes militants, je ne voudrais voir personne  dans ces marches-là, parce que nous, nous sommes au dialogue, nous ne sommes pas au Rassemblement. Nous ne soutenons pas les actions du Rassemblement », a fustigé le député national Justin Bitakwira.

(Pius Romain Rolland)

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