Justin Bitakwira: « la Constitution n’est pas une tombola »

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Guéguerre Majorité-opposition autour des articles 70,75, 76 et 197

Justin Bitakwira: « la Constitution n’est pas une tombola »

Malgré l’Arrêt de la Cour constitutionnelle susceptible de mettre un  terme aux débats de salon, la classe politique congolaise, sinon l’opposition politique ne désarme pas. Trainant dans la boue, la même Cour qui s’était prononcée quant au litige entre la motion et l’interpellation à l’Assemblée nationale, jugeant que la motion ne peut mettre fin à une interpellation. Jouant à l’imposture, certains leaders politiques de l’opposition veulent faire entendre la voie de la rue,  accrochant qui le veut à son article. Donc, la constitution est devenue une tombola, déplore Justin Bitakwira.  

Ça fait débat. La question de l’opportunité du dialogue convoqué par le Président de la République Joseph Kabila après l’Arrêt en interprétation de la Cour Constitutionnelle du 11 mai sur la continuité des institutions de l’Etat en cas de retard dans l’organisation des élections de leurs animateurs.

Cependant, quelques acteurs politiques qui rêvent du chaos et dont les amalgames sont devenus la seule substance politique, voudraient prendre prétexte de cet Arrêt de la cour Constitutionnelle pour décréter l’inopportunité du dialogue politique inclusif en gestation comme s’il existait un lien entre le mandat des élus et ce forum.

De ce point de vue, Justin Bitakwira, élu d’Uvira dans le Sud Kivu et initiateur de l’opposition nationaliste est monté au créneau depuis samedi 14 mai dans un entretien accordé au quotidien L’Avenir. L’ancien président du groupe parlementaire UNC et Alliés joint sa voix à celles qui s’élèvent au sein de l’opposition politique pour dénoncer la marche projetée le 26 mai par le Groupe dit G7, la Dynamique  et le Front Citoyen. A l’opposition citoyenne, Justin Bitakwira rappelle que la violence ne résoudra aucun problème politique ou électoral en ce que la théorie du chaos ne s’inscrit pas dans la logique démocratique, plutôt le dialogue. C’est alors qu’il les invite à éviter cette voie du chaos et de la confrontation. « Il n’y a que le français qui nous oppose, et désormais j’invite chaque leader politique d’interpréter dans sa langue maternelle si au moins il en connait tous les articles qui nous opposent. Moi, je suis en train d’éviter de mener la vielle politique qui nous a caractérisée depuis les années 1960 », déplorant le fait que certains se plaisent dans ce qui les enchante.

A en croire Justin Bitakwira, l’acteur politique doit éviter le débat à l’emporte-pièce lorsqu’il dit que si un article enchante un acteur politique, c’est de l’apanage juridique, mais lorsqu’il déplait est une question politique et anticonstitutionnelle.

De ce fait, il prend acte de l’Arrêt de la Haut Cour qui a aidé la classe politique en mettant un terme au débat de salon. Pour lui, seulement la Cour Constitutionnelle est à même d’éclairer la lanterne en ce qu’à l’Assemblée nationale toute interpellation mal comprise, le bureau recours toujours à la Cour Constitutionnelle. « Ils ont dit, aucune motion ne peut interrompre une interpellation au grand bonheur des élus de l’opposition. Aujourd’hui, l’article est interprété par la même Cour à laquelle l’opposition se réfère, elle crie au voleur », a souligné le leader de l’opposition citoyenne.

De ce point de vue,  dire que l’Arrêt de la Cour est politique c’est justement méconnaitre le droit, lorsqu’une décision judiciaire déplait aux uns.

Prenant l’exemple du Roi Salomon devant deux femmes se disputant l’enfant, Justin Bitakwira pense au jour d’aujourd’hui qu’il est en face de deux fous notamment les extrémistes de l’opposition et ceux de la Majorité qui se lancent des quolibets « bo tie, to tie », seront bientôt considérés comme des rebelles et doivent être hors d’état de nuire pour permettre aux dignes filles et fils qui croient encore en cette République Démocratique du Congo de permettre aux Congolais de vivre pleinement leur auto-détermination.

Egalité de chance, égalité de droit.

Il ne sert à rien de se lamenter, Justin Bitakwira n’ira jamais à la troisième sanction législative tant que le Sénat de Léon Kengo wa Dondo, les assemblées provinciales de 26 provinces ne sont pas allés à la deuxième sanction législative. C’est ce qui dénomme « Egalité de chance, égalité de droit », lorsqu’il dit « Ce qui est grave maintenant ce que Kengo est à 5 ans du prolongement de son mandat avec ses sénateurs, les assemblées provinciales sont à 5 ans avec les députés provinciaux ; certains gouverneurs ont même débordé, on n’en fait aucun problème. Le malheur de nous tous c’est que la plus mauvaise science, c’est le droit qui donne tort et raison à tout le monde, du fait que la Majorité s’accroche à l’article 70 de la Constitution ; l’opposition s’accroche à l’article 73 de la même constitution », déplore-t-il la mauvaise science qu’est le droit.

Pour lui, la Constitution est devenue comme une tombola où chacun s’accroche à son article pour en faire son usage, bon ou mauvais soit-il. Mais, met-il en garde quiconque voudrait bruler la RDC, du fait que la question de droit est vidée par la Haute Cour, mais la question politique demeure. Cette dernière appelle au consensus et compromis politique. C’est le sens même du dialogue. Il importe dans ce contexte de rappeler que le dialogue politique inclusif convoqué par le Chef de l’Etat n’a pas vocation  à débattre de la Constitution ou à dire le droit. Le dialogue consiste essentiellement à baliser le chemin d’un processus électoral fiable, réellement démocratique et apaisé grâce à un consensus politique.

Ceci explique cela, après les expériences inachevées de 2006 et 2011 qui ont conduit à des violences et à des morts ; face aux contraintes liées au processus électoral en cours, et dans le but de permettre aux Congolais de mieux s’approprier leurs élections qui sont, faut-il le rappeler, l’exercice de leur souveraineté par excellence. Pour ce faire, à en croire Justin Bitakwira, le dialogue demeure la seule voie susceptible de créer un après différent de l’avant, et à même de permettre aux Congolais de vivre pleinement leur auto-détermination. « Le retard constatés dans la tenue effective de ce dialogue sont le fait des postures et des querelles de leadership dans une certaine opposition peu soucieuse de l’intérêt général », fait-il entendre sa voix. Partant, l’Arrêt de la Cour a dit le droit, fixé l’opinion et clos le débat. Reste, la question politique autour du compromis politique dans un esprit consensuel qui sera réglée au Dialogue politique national inclusif.

(Pius Romain Rolland)

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