Justin Bitakwira hérite d’une administration morte

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Les mots sont justes pour traduire la misère dans laquelle l’administration du  Ministère des Relations avec le Parlement se trouve. Un personnel démotivé, négligé, sans charroi automobile, traduisant l’inefficacité de cette colonne vertébrale qu’est le Secrétariat général des Relations avec le Parlement. Dans sa première prise de contact avec son administration, Justin Bitakwira entend relever le défi, celui de faire de son ministère, mais aussi de son administration morte, celle qui va attirer plus de convoitise. Sa détermination passe par la délocalisation du Secrétariat général, lui doter les moyens de son fonctionnement en ce qu’il joue le relais entre les 26 Assemblées provinciales, le Parlement avec ses différentes commissions permanentes et le Gouvernement de la République.

Lors de sa première visite de son administration depuis sa prise des fonctions au Ministère des Relations avec le Parlement, Justin Bitakwira est resté estomaqué de constater que l’administration d’un ministère de souveraineté était dans un état qui traduit la misère, la déconsidération et la négligence. Ministère né 2 ans après le discours sur la démocratisation, dit du 24 avril 1990, à sa tête le feu Baudouin Banza Mukalayi Sungu et le prédécesseur Tryphon Kin Key Mulumba, il n’indique rien d’un ministère qui relève du Parlement (Assemblée nationale-Sénat) et des Assemblées nationales.

Du Secrétariat général aux Services généraux, en passant par la direction des Ressources humaines, finances, planification, le Ministère des Relations avec le Parlement ne vit que de nom. Autant de revendications, difficultés tant en ressources humaines qu’en charrois automobiles. L’administration dont hérite Justin Bitakwira n’est qu’un canard boiteux, pourtant la colonne vertébrale d’une administration forte, conjointement liée au Parlement, deuxième institution de la République.

Pour preuve, la rencontre avec son administration a été déplacée à l’Hôtel Venus de la Gombe, en raison de la vétusté du bâtiment qui l’abrite, l’étroitesse de la salle devant accueillir le patron des Relations avec le Parlement. D’où, la mission première de Justin Bitakwira, celle de faire sortir cette administration de l’obscurité à la lumière.

Les difficultés de fonctionnement

Au cours de cet échange, le Secrétaire général Bola Bolailoko a tracé l’historique du ministère, en ce qu’à l’entrée de l’AFDL, le ministère n’existait plus. Il a fallu la volonté politique du Chef de l’Etat Joseph Kabila à travers l’Ordonnance présidentielle qui réhabilite le Ministère des Relations avec le Parlement, une charpente dans la jeune démocratie. Depuis, le Secrétaire général a à son actif, quatre ministres depuis qu’il est à la tête de l’administration. Les trois prédécesseurs n’ayant pas tenu compte de la complexité ni l’importance, le rôle devant jouer ce ministère, et le moment était enfin venu pour le Secrétariat général d’espérer relever les défis de ce ministère. L’administration ne compte que moins de 600 agents, alors qu’il fallait en avoir au moins 1800 agents. La raison est simple, beaucoup ont déserté suivant les conditions inhumaines de travail. Pour le Secrétaire général Bola Bolailoko, l’avènement de Justin Bitakwira est un bouffé d’oxygène pour son administration. D’ailleurs souligne-t-il, la visite de différents services du Secrétariat est la preuve de l’inexistence même de ce ministère, resté seulement de nom, sans moyens adéquats, pourtant invité à  produire les rapports au quotidien des travaux parlementaires. Dépourvu des matériels de travail, sans ordinateurs, ni moyens de déplacement mobile, tout concentré à l’Assemblée nationale et le Sénat qui comptent un impressionnant parking, tandis que l’administration souffre dans sa chair par manque d’un charroi automobile.

En outre, la délégation syndicale à travers son porte-parole, sollicite du ministre de Relations avec le Parlement d’user de sa double casquette, d’élu national et du ministre pour raviver la prime des agents et cadres du ministère, qui vivent et travaillent dans les conditions infrahumaines. Cette prime, dite permanente, sera dénommée « Prime Bitakwira », ceci pour marquer son passage à ce ministère longtemps oublié  et sollicite son implication personnelle auprès du ministre du Budget. « Comme dans toute société humaine, l’Administration des Relations avec le Parlement a, en dépit des acquis, des besoins qui se présentent comme suit : primo : le réajustement de la prime permanente laquelle prime, une fois réussie, sera débaptisée « Prime Bitakwira » pour immortaliser votre passage dans notre ministère. Secundo, la liquidation des primes spécifiques liées aux travaux intensifs des Directions au profit des agents ayant-droits », a évoqué  le délégué syndical.

Les plaintes de la délégation syndicale

Il faut dire, poursuit la délégation syndicale que le cadre de travail est indécent en ce que les mobiliers sont vétustes et insuffisants, insuffisance des locaux, installations sanitaires délabrées ; des moyens de transports du personnel au moment où les autres administrations de souveraineté en sont suffisamment nanties.

Au chapitre des plaintes, il faille indiquer l’installation progressive des divisions provinciales des Relations avec les Assemblées provinciales ; les dossiers épineux de la rationalisation de la gestion du personnel conformément aux effectifs organiques en vue d’une amélioration des conditions salariales et la titularisation des cadres et agents par entérinement de l’Arrêté portant mise en place le ministre de la Fonction publique dans ses attributions.

Perspectives d’avenir

Le Ministre a souligné la nécessité de son implication pour que son administration retrouve son importance, car ministère de souveraineté au même titre que les autres qui mérite un traitement particulier. Par son génie, son savoir-faire, son  sens managérial, Justin Bitakwira attend surprendre ses prédécesseurs par la transformation de son administration.

Suivant les plaintes de la délégation syndicale, le ministre a insisté sur la préparation du barème salariale devant être comparé avec les autres ministères suivant l’ordre de préséance, les avantages sociaux, en  ce que son administration ne dispose pas de frais de transports, ni véhicules de service  et ne peut subir un traitement injuste par rapport aux autres administrations.

Somme toute, le ministre reste à la disposition de son administration, sollicite autant de séances de travail avec les différentes délégations de son administration, service par service, en vue de s’imprégner de la réalité de son administration. Cette visite, est un teste qui lui a donné un aperçu général de ce qu’est son administration. Il compte s’y employer, s’y mettre pour relever le défi. « Je remercie le Chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange de m’avoir confié ce ministère que beaucoup ont négligé, que je considère important en ma qualité d’élu du peuple, en fin de jouer le rôle d’interface avec le Parlement, les Assemblées provinciales et le Gouvernement », a-t-il manifesté.

(Pius Romain Rolland)

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