Justin Bitakwira est formel : « Il n’y a pas d’élections constitutionnelles et d’autres non constitutionnelles »

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* Dans une interview accordée à la Rtga Worlds/Radio, le député national Justin Bitakwira condamne les Envoyés internationaux pour la région des Grands Lacs, qui se sont réunis le 28 août 2015 à Genève, dans un pays étranger, pour parler du Congo, en l’absence de tous les Congolais. Comme si c’était à l’époque de la conférence de Berlin, pour morceler le pays en l’absence des Congolais.

*Lors de cette réunion, ils ont en particulier insisté sur l’importance de la tenue des élections présidentielle et législatives dans les délais constitutionnels. Bitakwira répond qu’ils ne font pas partie du peuple congolais et c’est à lui seul de s’exprimer. C’est pourquoi il dit aux Envoyés spéciaux qu’il n’y a pas d’élections constitutionnelles et d’autres non constitutionnelles. « Le président de la République et nous les députés nationaux nous n’irons pas aux élections pour la troisième fois, avant les députés provinciaux, les sénateurs, les Gouverneurs et les vice-gouverneurs de nouvelles provinces », précise-t-il

Revenant des vacances parlementaires dans sa circonscription électorale d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, le député national, ancien président du Groupe parlementaire UNC et Alliés s’est livré au micro de la Rtga World/Radio, où il a donné l’essentiel de sa visite, avant de critiquer farouchement la position des Envoyés spéciaux pour la région des Grands Lacs.

Répondant à la question de savoir si le dialogue était impérieux, le député national Justin Bitakwira a indiqué que le dialogue n’est pas seulement impérieux, mais il devient exigeant. « Je viens de l’intérieur du pays. Quand la CENI a proclamé le calendrier électoral, c’était la ferveur chez tous les candidats, même à Kinshasa tout le monde a baissé la garde », dit-il, avant d’ajouter que chacun est conscient qu’il n’y aura pas d’élections provinciales au mois d’octobre. Si on les fait si tôt, ça pourra être au mois d’avril ou de juin 2016. Chacun est conscient et tous les leaders politiques savent qu’il n’y aura pas d’élections au mois d’octobre. Le décor ne s’y prête pas, les conditions ne sont pas réunies, mais il y a ceux qui veulent distraire les gens pour leur dire que nous allons exiger les élections. Les élections pour qu’elles se passent nécessitent beaucoup de moyens humains, matériels, financiers, logistiques. Ils sont où ces moyens là ? Pour lui, cette question est de la responsabilité du pouvoir en place, mais aussi de la classe politique. C’est pourquoi elle doit se regarder dans le miroir. Que faisons-nous ?

Seul le peuple congolais peut décider

Y aura-t-il glissement oui ou non ? Justin Bitakwira qui n’aime pas ce terme, préfère parler du consensus national autour de ce que nous allons décider du sort de ce pays. Savez-vous que dernièrement à Genève, les différents Envoyés spéciaux   dans ce pays, se sont réunis à Genève, pour parler du Congo, en l’absence de tous les Congolais ? On va encore nous amener à Berlin, pour aller morceler notre pays à notre absence ?

Pour rappel, les Envoyés internationaux soulignent, en particulier, l’importance de la tenue des élections présidentielles et législatives dans les délais constitutionnels avec la participation de toutes les personnes éligibles. Pour ce natif d’Uvira, ils ne font pas partie du peuple congolais et c’est nous peuple congolais qui devrons nous exprimer. C’est pourquoi, dit-il, au cours du dialogue, nous allons discuter du sort. Et je suis clair et je le dis même aux Envoyés spéciaux : « il n’y a pas d’élections constitutionnelles et d’autres non constitutionnelles. Le président de la République et nous les députés nationaux nous n’irons pas aux élections pour la troisième fois, avant les députés provinciaux, les sénateurs, les Gouverneurs et les vice-gouverneurs », affirme-t-il. Il précise que jamais, qu’ils cessent de rêver. Soit on nous organise d’abord ces élections provinciales, sénatoriales et notre tour viendra, ceux qui ont glissé pendant quatre ans.

Est-ce que les sénateurs avaient un mandat de 8 ans, ce n’est pas 5 ans ?, s’interroge-t-il. Pour lui, chaque Assemblée délibérante en Rdc, le mandat est de 5 ans. A moins que le chef de l’Etat décide qu’il dissout ces Assemblées provinciales, qu’il dissout le Sénat. Le Sénat n’est pas légitime, autant que nous.

Quid de l’UDPS et de Ne Mwanda Nsemi

Par rapport à l’UDPS qui a enfin accepté le dialogue tel que proposé par le chef de l’Etat Joseph Kabila, Bitakwira pense que ce parti politique de l’opposition comprend que le temps finit par user. Car selon lui, ce dialogue devait avoir lieu si l’UDPS avait été ouverte. La veille de la proclamation des résultats de 2011, c’est là où le dialogue devait avoir lieu. Et l’UDPS s’est enfermée dans sa tour d’ivoire pour avoir son propre président de la République, pendant que le président élu et proclamé par les institutions judiciaires avait déjà prêté serment. Qu’est-ce que vous voulez ? Sinon, le consensus que nous recherchons aujourd’hui, l’UDPS y compris, devait être obtenu depuis 2011. Pour qu’il y ait des élections apaisées, transparentes, équilibrées, nous devons nous asseoir autour d’une table et ceux qui refusent d’être autour d’une table, moi je suis sûr, que ce seront des grenouillent qui s’isolent des autres et ils vont mourir stériles.

Même si une certaine opinion estime que ce dialogue aboutira au partage du pouvoir, le député national souligne que ce pays marche sur des béquilles, aidons-le à aller de l’avant. « J’ai suivi une plainte de la majorité silencieuse qu’un Congolais gagne trois dollars comme SMIG, alors qu’au Maroc, c’est 150 Euros. Ailleurs, c’est même 50 dollars Us ». D’ailleurs, nous ne sommes pas le pays le plus pauvre, nous avons des potentialités. Les Congolais n’ont jamais assisté au partage des dividendes et les gens se plaignent qu’il n’y a que les institutions de la République qui engloutissent seules tous les fonds du pays. Ce n’est pas normal, il faut qu’on en parle. Qu’un Congolais ne vaut pas une souris, mais c’est un citoyen.

Concernant Ne Mwanda Nsemi, il a dit que c’est un vieux qu’il respecte beaucoup. « Nous avons nos liens de panafricaniste, de conservateur. Mais je ne suis pas d’accord avec lui, qu’on chasse d’autres Congolais dans sa province, alors que lui-même vit dans une autre province qui n’est pas la sienne », explique-t-il. Selon lui, Kinshasa c’est notre salon pour tous les Congolais. Le Kongo central est une des chambres de la République. Combien des Bakongo vivent dans les Kivu, au Kasaï, dans le Katanga ? Ils y travaillent, ils ont construit des maisons, pourquoi chasser les autres chez soi ? La machette est sucrée pour la bête, mais très amere pour un être humain.

Il a été surpris par le fait que le vieux a décidé de quitter la scène politique, parce qu’il était le premier à demander une transition de trois ans. Moi je ne l’ai jamais dit. Je n’ai jamais revendiqué une semaine, ou un mois de transition, soutient-il. Mais nous disons que c’est autour du consensus national que nous allons trouver la porte de sortie de notre pays. Parce que, qu’on le veuille ou pas, je sollicite à ce qu’il y ait une inclusivité au maximum. Quand on réclamait une médiation internationale, moi j’étais pour les bons offices pour ramener tout le monde autour de ce dialogue. Et que ce que nous allons décider du sort de notre pays et de notre peuple, soit nous Congolais qui le disions et pas les Envoyés spéciaux qui viennent de l’Union européenne, des Nations Unies ou d’ailleurs. Nous ne sommes pas une Nation sous tutelle. On l’a été avec Lumumba, je crois qu’après Lumumba, nous ne devons plus l’être.

Comme on l’a eu à le dire, l’honorable Justin Bitakwira revenait d’Uvira, sa circonscription électorale, où il a constaté une sorte de désarroi total, parce qu’Uviru est un chef-lieu du district du Sud-Kivu qui a été réduit au rang de territoire rural pendant que Kalemie sera chef-lieu de province, Tshikapa chef-lieu de province et nous n’avons même pas acquis le statut de ville. C’est ça d’abord le premier malheur.

Même si l’ancien Kivu a été démembré, il pense que nous sommes en face de la capitale d’un pays. Uvira a l’air d’avoir été abandonné par le Gouvernement de la République : aucune infrastructure, aucun signe que nous appartenons à la Rdc. Et pourtant, si on quitte Bujumbura pour aller à Uvira, c’est comme si on quitte le ciel pour aller en enfer.

Pour lui, morceler le Sud-Kivu, c’est un impérieux devoir politique. Ça peut aider cette partie de la République à aller de l’avant, parce que dernièrement à Kindu, on y a organisé le tour cycliste. Kindu devient même plus que Bujumbura dans un certain coin. Le découpage territorial est un avantage, au lieu d’être un désavantage.

A cette population d’Uvira, il a apporté le message de sa position politique actuelle qui est plus favorable qu’une position d’extravagance, d’extrémisme, de radicalisme aveugle dans lequel certains partis se sont plongés. Et quand j’ai créé l’opposition citoyenne, ce n’était pas une manière de trahir ni mon parti, ni les membres de mon parti, plutôt, j’ai voulu faire l’opposition autrement. L’opposition qui dit que le positif est positif et le négatif est négatif. Mais l’opposition classique à laquelle nous assistons, elle veut le bien c’est non et le mal. Je crois que la politique exige un minimum d’élégance et c’est ça que j’applique aujourd’hui. Et j’ai été compris, j’ai été accueilli plus qu’un empereur.

C’est le leader qui guide le peuple et non le peuple qui guide le leader. « Nous nous sommes du genre Mao Tsé-toung, Lumumba, etc. Mon peuple me fait confiance et sait quelle orientation je prends. Peut-être ça peut faire que Uvira ne soit pas oublié comme ça été fait depuis 1960 », avoue-t-il.

L’Avenir

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