Journée mondiale de lutte contre le VIH/Sida

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Le neuropsychiatre Mananga Lelo invite les Congolais au dépistage volontaire

La journée internationale de lutte contre le sida est célébrée annuellement le 1er décembre. A l’occasion de cette année, le Dr Mananga Lelo Gilbert, invite au dépistage la population congolaise en général et celle de Kinshasa en particulier. C’était hier lundi 30 novembre, au cours d’un entretien accordé au Quotidien L’Avenir. En effet, l’orateur est médecin-directeur au Centre neuro-psycho-pathologique (CNPP) et professeur de neurologie à l’Université de Kinshasa, Unikin. Il a fait savoir le risque du trouble mental provoqué par le virus du Sida. Beaucoup, malheureusement, ignorent cette réalité, a-t-il souligné.

En effet, c’est depuis 1988 que l’OMS avait choisi la date du 1er décembre comme journée mondiale du sida. Pour 2015, le thème est : ‘’objectif zéro discrimination, zéro décès lié au sida’’.

La proportion de sujets porteurs du VIH est exposée à une déficience cognitive, parce qu’elle est infectée depuis de nombreuses années ou simplement parce qu’elle avance en âge, ou les deux, ne cesse d’augmenter. Compte tenu de leur potentiel évolutif et de leur retentissement sur l’observance thérapeutique, il est nécessaire de les reconnaître et de les explorer. L’optimisation de la prise en charge et du traitement antirétroviral chez le patient séropositif vieillissant est particulièrement importante.

La dimension psychologique qui est liée aux soucis surtout de savoir son état de santé, aux stress et enfin le social qui est une dimension beaucoup plus complexe qui touche le plus la population congolaise.

Le VIH est présent dans le système nerveux dès les premiers stades de l’infection. Plusieurs hypothèses physiopathologiques sont avancées par des auteurs. Dans cet ordre d’idée, le tropisme neurologique du VIH, le vieillissement accéléré induit par le VIH, les comorbidités, la diffusion variable des antirétroviraux dans le système nerveux central, la toxicité de certains antirétroviraux.

La pénétration du système nerveux par le VIH se fait dès la séroconversion. La neurotoxine du virus est liée à un effet indirect par le biais de protéines virales et de différents médiateurs de l’inflammation.

Une étude démontre que le VIH ne peut pas directement infecter les neurones. Ses cellules cibles sont les lymphocytes et les macrophages. L’inflammation chronique semble donc jouer un grand rôle dans l’émergence des troubles neurologiques.

Les troubles neurocognitifs sont plus fréquents chez les patients présentant une infection par le virus du VIH. Leur dépistage et leur prise en charge ainsi que l’évaluation du risque suicidaire sont de la plus haute importance pour la pratique clinique.

Depuis la découverte de la trithérapie, l’espérance de vie pour les patients infectés par les virus de l’Immunodéficience humaine VIH s’est nettement améliorée. Toutefois, la population VIH reste vulnérable quant à plusieurs aspects de son existence et elle doit affronter de nombreux déficits personnels, somatiques, sociaux, psychologiques et psychiatriques. Comme c’est le cas pour les conditions médicales générales (cancer, maladies cardiaques, certaines maladies neurologiques, etc…), l’infection et la progression clinique du VIH augmentent le risque d’apparition de certains troubles psychiatriques. Plus particulièrement, les troubles de l’humeur unipolaires ont une prévalence élevée.

Cliniques :
Comme signes cliniques, il y a le ralentissement mental, déficit de l’attention, syndrome dyséxecutif (plan, flex, raisonne, abstraction, comportement (apathie, désinhibition, humeur variable, habile motrice (lenteur, maladresse, instabilité)

Pour les malades suivis en milieu hospitalier, l’âge moyen est légèrement augmenté. Des enquêtes ont révélé que la majorité des malades sont des intellectuels.

 Facteurs de risque

Les partenaires multiples, Les systèmes digestif, respiratoire et le système nerveux sont les plus touchés par l’affection, SN= sous-estimés dans les études non PSY. La majorité des malades: stade III et IV.

C’est par là que le neuropsychiatre conclut en appelant la population congolaise à se faire dépister pour éviter les risques du virus du sida qui est à la base de troubles neurocognitifs.

(Clémence Kilondo)

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