Journée mondiale de la population, Planification familiale : Tabous et préjugés étouffent la raison en Rdc

par -
0 158
Les Centres de consultation prénatale ont aussi et tout naturellement un rôle d’accompagnement (ph tiers)
Want create site? With Free visual composer you can do it easy.

Comme le 11 juillet chaque année, l’humanité a célébré hier mardi, la Journée mondiale de la population. Pour cette édition 2017, le thème retenu au niveau international est : « Planification familiale : Donner aux populations la capacité d’agir, contribuer au développement des pays ». Et Londres au Royaume-Uni a accueilli, hier 11 juillet, un sommet international sur la planification familiale. Lequel est organisé en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population et la Fondation Bill et Melinda Gates. Selon l’Ambassade britannique en Rdc, ce sommet a pour objectif d’encourager les gouvernements à faire en sorte que les femmes et les filles puissent avoir accès aux méthodes modernes de planification familiale. L’Etat a donc le devoir d’assainir les canaux de la bonne éducation, pour ne pas laisser faire continuellement la rue.

Lorsqu’il s’agit de parler conception en RDC, la famille entre en danse, mais aussi la tradition et ses corollaires. La femme, au centre de cette planification familiale est sollicitée par toutes sortes de rumeurs et des affirmations les unes plus farfelues que les autres. Tout, en effet, est mis en place pour la garder esclave de la tradition.

Si, au temps de nos ancêtres, l’on pouvait se permettre d’avoir un nombre infini d’enfants, la nature étant clémente à tous égards, il sied de reconnaitre à ce jour que les choses ont bien changé. Les anciens pensaient trouver leur bonheur dans le nombre d’enfants et de femmes. A cause du taux élevé de morbidité et de mortalité infantile, chacun essayait d’avoir un grand nombre d’enfants, ne sachant combien survivraient.

Mais aujourd’hui, la médecine a permis une longévité relative et l’homme mise sur la qualité et non la quantité. Il ne sert à rien d’avoir une multitude d’enfants, s’ils n’ont aucune chance d’émerger. Les nouvelles générations ont appris à investir dans l’homme, afin que sa qualité permette son éclosion et son progrès.

Du rôle de l’Eglise

Dans un univers congolais où la religion occupe une très grande place, la famille écoute souvent ce que dit le prêtre de même que pasteur. Lorsque celui-ci s’avance sur un terrain où il a peu de connaissances et d’expériences, les conséquences sont irréversibles voire déplorables. Le couple se retrouve ainsi avec plus d’enfants que de moyens de subsistance, et doit faire face à tant de difficultés. Rarement, l’église ouvre un véritable échange sur cette question considérée comme tabou. Jouant un grand rôle, elle devait pourtant être à l’avant-plan, pour guider les fidèles dans cette grande œuvre de procréation responsable.

Plus d’une fois, en effet, des hommes de Dieu ont pensé que les enfants étant un don de l’Eternel, les parents ne devraient pas envisager de moyens artificiels d’arrêter leur venue au monde. Ces pasteurs natalistes ont oublié de dire que Dieu qui envoie ces enfants, se soucie également de leur évolution et que si leurs parents sont très pauvres, ils ne seront pas une bénédiction. Face à une conception de la vie essentiellement basée sur la procréation, l’église et même toute la société congolaise regardent drôlement chaque frère ou sœur qui n’a pas eu la grâce d’avoir d’enfant. Ils sont indexés par l’entourage qui les qualifient de tous les noms. Et comme la notion d’adoption est totalement étrangère à notre culture, les hommes et femmes multiplient toutes sortes d’astuces magico-religieux, pour trouver un enfant.

C’est là le drame de la vie : ceux qui ont parfois les moyens et la volonté d’éduquer ces enfants en sont privés par la nature et ceux qui n’ont aucun sens de responsabilité et qui sont dans l’incapacité financière d’élever les enfants, en produisent à foison.

Quand la rue s’occupe du reste…

La plupart des informations dont se nourrissent des couples sur la sexualité et la planification familiale sont glanées dans la tradition et dans la rue : le pouvoir avortif de certains médicaments comme la tétracycline, les effets indésirables de la pilule contraceptive, de la ligature…

La rue raconte tout et n’importe quoi. Elle effraie les femmes sur ces méthodes contraceptives, en les qualifiant de cancérigènes même quand la médecine démontre le contraire. La rue congolaise a la peau dure et ne désarme pas. Conséquence : la femme développe une grande méfiance à l’endroit de ces méthodes, et se fie à celles qui ne présentent pas assez de garanties.

L’Etat doit faire quelque chose

Avec le même revenu, la famille passe de 2 à3 puis à 4-5-6 enfants. La quantité de nourriture par enfant diminue, le nombre d’habits également, sans parler de l’espace de vie et des moyens de détente. La scolarité en subit le contrecoup. La qualité de la vie baisse et nous voilà en pleine pauvreté.

Tant que l’Etat laissera faire la rue dans ce secteur, il fera face à des besoins sociaux de manière exponentielle. Et partant, son budget sera toujours dépassé. Le taux de natalité doit être en adéquation avec l’augmentation du revenu d’un pays. Lorsque le nombre de bouches à nourrir augmente plus vite que le volume du porte-monnaie, la pauvreté s’invite dans un tel environnement.

Voilà pourquoi des pays comme la chine, l’Allemagne, la Corée du sud…ont toujours un œil sur la planification familiale qui entraine des effets pervers ou bénéfiques sur la qualité de vie d’une nation. La RDC avec plus de 70 millions d’âmes inégalement réparties sur le territoire national, éprouve toutes les peines du monde à satisfaire aux besoins de ses enfants. 3 congolais sur 4 mangent mal, se soignent mal, étudient difficilement, se logent avec peine et n’atteignent pas l’âge de 60 ans. Qu’en sera-t-il au moment où le pays atteindra le cap de 100 à 120 millions de têtes ?

La planification familiale doit être une nécessité, pour tout gouvernement soucieux du bien-être de sa population. La procréation doit être règlementée et bien suivie de façon à ce qu’elle n’étouffe pas les progrès économiques, fruit de tant de sacrifices.

(Simon Kabamba)

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

PAS DE COMMENTAIRE

Laisser une Réponse