Journée mondiale de la liberté de presse: L’UNESCO encourage la défense des libertés indispensables à la paix et à la justice

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Comme le 03 mai de chaque année, l’humanité a célébré hier mercredi, la Journée mondiale de la liberté de la presse. « Des esprits critiques pour une période critique », c’est donc le thème international choisi pour cette édition 2017. L’UNESCO commémore en cette même date, le 20ème anniversaire du prix mondial de la liberté de la presse Unesco-Guillermo Cano.

A cette occasion, la directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova a lancé un message à l’humanité. D’entrée de jeu, elle a emprunté les mots écrits par le journaliste colombien Guillermo Cano Isaza, deux ans avant son assassinat en 1986 : « Seuls l’indépendance, la force de caractère, l’objectivité et le discernement des journalistes et des médias permettront de surmonter les terribles menaces que le monde nouveau fait peser sur la liberté de l’information aux quatre coins du globe ».

Pour Mme Bokova, la responsabilité et la crédibilité des médias sont remises en question. « Le journalisme qui fait face à une crise d’identité du public, voit se profiler un horizon où les nouvelles menaces se mêlent aux anciens défis. Le secteur des médias est bouleversé en profondeur par l’avènement des réseaux numériques et des médias sociaux. Les citoyens-journalistes redéfinissent les contours du métier », a-t-elle déclaré.

Et de poursuivre : « En ligne, la frontière est de plus en plus floue entre publicité et contenu rédactionnel, et des acteurs privés jouant le rôle d’intermédiaires-clés font leur apparition, accompagnés de nouvelles formes de « censure privée ».

La n°1 de l’UNESCO explique qu’à ces défis viennent s’adjoindre des transformations plus profondes de la société. « L’Oxford Dictionnary a élu l’expression « post-vérité » mot de l’année 2016. Ce concept, associé à celui de « fausses nouvelles », soulève bien des questions au cœur de la notion de presse libre, indépendante et professionnelle ».

Elle fait savoir que tous ces changements interviennent alors que l’existence de médias indépendants et pluralistes n’a jamais été aussi importante pour émanciper les femmes et les hommes, renforcer la bonne gouvernance et l’Etat de droit, et faire avancer le Programme de développement durable à l’horizon 2030, particulièrement l’Objectif 16, qui vise à établir des sociétés justes, pacifiques et inclusives. D’après Irina Bokova, les médias ne doivent pas se réduire à servir de sources d’information fiables ; « ils doivent permettre à de nombreuses voix de se faire entendre et mobiliser des forces nouvelles au service de la tolérance et du dialogue ».

« L’enjeu est clair. Nous avons besoin d’un journalisme original, critique et bien documenté, qui s’appuie sur des règles de déontologie professionnelle exigeantes et sur une éducation aux médias de qualité –allié à un public correctement initié aux médias et à l’information », a-t-elle martelé.

A en croire sa directrice générale, l’UNESCO joue dans ce domaine un rôle moteur à travers le monde, à commencer par son engagement en faveur de la sécurité des journalistes. « Le meurtre reste trop souvent la forme la plus tragique de censure –102 journalistes l’ont payé de leur vie en 2016. Cette situation est inacceptable et affaiblit nos sociétés dans leur ensemble », a-t-elle déploré.

C’est la raison pour laquelle, renchérit-elle, l’UNESCO est, avec ses partenaires, le fer de lance du Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité à travers le globe. « La période critique que nous traversons exige des esprits critiques. J’appelle aujourd’hui chacun d’entre vous à aiguiser vos esprits pour défendre les libertés indispensables à la paix et à la justice. Tel est le message de l’UNESCO en cette Journée mondiale de la liberté de la presse 2017 ».

(Lepetit Baende)

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